Ces Bleus ne sont plus des Bleus !

  • Les Bleus à l'entraînement avant de se rendre en Écosse
    Les Bleus à l'entraînement avant de se rendre en Écosse Icon Sport - Icon Sport
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La défaite en Écosse, en 2020, le seul match raté des bLeus de l’ère Galthié permet aussi de mesurer la progression de cette équipe.

Revoilà les Bleus à Murrayfield. Un rendez-vous qu’ils attendent depuis deux ans, depuis leur défaite (28-17) alors qu’ils rêvaient d’un grand chelem après trois victoires, dont une contre l’Angleterre et une autre au pays de Galles, laissant penser que cette équipe avait tout pour écraser l’écosse à Édimbourg et ainsi s’offrir une finale face à l’Irlande au Stade de France. Mais rien ne s’était passé comme prévu et les Bleus bien trop bleus de Fabien Galthié s’étaient pris les pieds dans le gazon de Murrayfield, écrasés par un costume de favori bien trop grand pour leurs jeunes épaules, déboussolés par le carton jaune contre François Cros dès la 4e minute de jeu et la sortie sur commotion de Romain Ntamack trois minutes plus tard. La confiance naissante s’était ainsi effritée jusqu’au coup de grâce du carton rouge contre Mohamed Haouas.

Un accident de parcours qui a marqué les Tricolores et qui permet aussi de mieux mesurer la progression de cette équipe depuis deux ans.

Elle a tout d’abord gagné en expérience et de manière significative si on compare les 23 joueurs présents sur la feuille de match ce jour-là et ceux présents face à l’Irlande il y a quinze jours. C’est surtout le cas au niveau du paquet d’avants tricolore qui affichait seulement une moyenne de 12,9 sélections au moment d’entrer à Murrayfield le 8 mars 2020 et cela malgré les 36 sélections de Jefferson Poirot et les 41 capes de Bernard Le Roux à ce moment-là. Les Bleus manquaient notamment cruellement d’expérience en première ligne avec Julien Marchand qui fêtait alors sa 6e sélection et Mohamed Haouas sa 4e. Les remplaçants étaient aussi peu aguerris avec Jean-Baptiste Gros (2e sélection), Peato Mauvaka (4e sélection) et Demba Bamba qui faisait presque figure d’ancien avec ses onze sélections.

Un banc plus fiable

D’ailleurs, lors de ce premier Tournoi de l’ère Galthié, les remplaçants ne s’étaient pas encore transformés en "finisseurs", malgré le vœu du sélectionneur. Le staff avait un quinze de départ mais semblait toujours en recherche du banc gagnant, puisque les Français avaient perdu toutes leurs secondes mi-temps avant ce déplacement en Écosse, laissant penser que la France souffrait alors d’un manque de profondeur à certains postes. L’obligation de mettre au repos des cadres lors de la Coupe d’Automne des Nations fin 2020 puis la tournée en Australie ont permis de découvrir de nouveaux talents. Le staff s’appuie aujourd’hui sur un réservoir de joueurs bien plus important.

L’expérience est plus grande, l’émulation plus forte et la confiance n’est plus naissante mais bien ancrée. La série de victoires en cours en atteste puisque le XV de France n’avait plus remporté cinq matchs de suite depuis l’été 2015, bien aidé par un premier tour à la Coupe du monde très accessible avec l’Italie, la Roumanie et le Canada au programme. Cette fois, les Bleus ont réussi à épingler les Blacks, les Argentins et les Irlandais à leur tableau de chasse, démontrant, lors de ces grands rendez-vous, leur capacité à gérer leurs temps faibles. Une confiance bien plus solide qui doit aussi à l’apport des Toulousains de l’équipe qui ont depuis remporté un Brennus supplémentaire et une Coupe d’Europe. Ils ont su faire preuve d’une grande régularité sur plusieurs saisons successives tout en assumant leur statut de favori. Et c’est cela qui avait cruellement manqué aux Bleus à Édimbourg en 2020.

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Nicolas AUGOT
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