Portrait - Baptiste Jauneau (Clermont), prodige malgré lui

  • Auteur d’une belle performance en Écosse, le demi de mêlée a encore une fois laissé une trace de son passage et se trouve naturellement dans le groupe pour préparer le pays de Galles.  Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Auteur d’une belle performance en Écosse, le demi de mêlée a encore une fois laissé une trace de son passage et se trouve naturellement dans le groupe pour préparer le pays de Galles. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le

Impressionnant avec l’équipe de France des moins de 20 ans durant le Tournoi, Baptiste Jauneau ne cesse de se faire un nom dans le paysage du rugby français. Frappé d’une humilité rare, le demi de mêlée est vu comme un futur très grand à son poste.

Si vous prenez plaisir à supporter les Bleuets durant le Tournoi des 6 Nations, son casque rouge vissé sur la tête ne vous aura pas échappé. Au style de jeu atypique pour un demi de mêlée, Baptiste Jauneau sort du lot avec l’équipe de France des moins de 20 ans. Pourtant surclassé puisque né en 2003, il ne fait pas tâche avec ses 18 ans au cœur d’un groupe talentueux. Une ascension qui ne surprend pas grand monde tant l’enfant d’Ogeu, petite commune béarnaise, était destiné à grandir avec un ballon de rugby dans les mains. « Dans ma famille, tout le monde faisait du rugby, avoue l’intéressé. Mon grand-père, mon père et même ma mère et ma sœur pratiquaient. On peut vraiment dire que je suis né dedans. » À cinq ans, le voilà comme tous ses proches sur le pré. Il va très rapidement faire ses preuves. Six ans dans le club de son village puis quatre ans à Oloron, avant de changer de dimension. Alors âgé tout juste de quinze ans, voilà que Baptiste Jauneau va enfin goûter au haut niveau. « Je devais rester à Oloron mais le BO cherchait un demi de mêlée. Mon meilleur ami, Paul Laverne, qui avait déjà signé à Biarritz, a évoqué mon nom. J’ai passé quelques tests et j’ai rejoint le club. »

La machine est lancée. Le demi de mêlée passe un cap en posant ses bagages sur les bords de l’Océan. L’actuel président biarrot, Jean-Baptiste Aldigé se rappelle : « Il ne fallait pas le regarder jouer bien longtemps pour comprendre qu’il était au-dessus. À chaque ballon qu’il touchait, il se passait quelque chose. Un vrai prodige. »

Une féroce bataille pour le recruter, remportée par Clermont

Forcément, les performances du Béarnais d’origine retiennent l’attention des plus grands clubs français. Après trois années sous les couleurs du BO, Baptiste Jauneau est convoité par de nombreuses écuries de l’élite, qui voient en lui un futur grand. L’Union Bordeaux-Bègles, Castres, Pau et Clermont se positionnent pour recruter le demi de mêlée. Des intérêts difficiles à gérer pour le jeune joueur, toujours pas majeur à l’époque : « C’était compliqué à gérer. Je recevais de nombreux coups de téléphone. à 17 ans, c’est difficile de faire la part des choses. » Après avoir visité les installations de l’UBB et de l’ASM, ce sont les Auvergnats qui raflent la mise. Le petit prodige quitte le Pays basque, au plus grand regret du BO : « Nous voulions faire de Baptiste notre demi de mêlée pour le futur, assure Jean-Baptiste Aldigé. C’est avec énormément de regrets que nous l’avons vu partir pour Clermont. » Lors de la dernière intersaison, voilà que Baptiste Jauneau arrive en Auvergne avec l’étiquette de prodige au poste dans le dos. Fort d’une humilité à souligner, il poursuit sa progression avec les espoirs clermontois avant de pointer le bout de son nez pour la première fois en Top 14, une semaine après sa majorité. Ironie du sort, il dispute ses premières minutes face à… Biarritz. « C’était forcément un match spécial. Mais j’ai retrouvé de grands amis à moi. L’entraîneur et le président biarrots ont été super et m’ont félicité. Je n’oublierai pas tout ce que Biarritz m’a apporté. »

Le successeur désigné de Parra ?

Un conseil, n’allez pas lui poser cette question en toute confiance, au risque de vous faire reprendre de volée. Effectivement, le légendaire Morgan Parra va quitter l’ASM à l’issue de la saison. Mais hors de question d’évoquer, pour le moment, une possible succession : « Je n’ai pas la prétention de dire que je vais remplacer Morgan. Il me reste encore un bon bout de chemin à faire. Pour l’instant, je me contente d’apprendre de son talent et de son expérience, c’est largement suffisant (rires) ! » Pourtant, pour Jean-Baptiste Aldigé, il n’y a pas débat : « Baptiste peut jouer où il veut en Top 14. Je n’ai aucune inquiétude quant à la grande carrière qui l’attend. » Si son style de jeu pourrait faire oublier Morgan Parra dans les années à venir, c’est son physique qui, lui aussi, l’amène sur un terrain compliqué. Robuste et vrai combattant, la comparaison avec l’actuel meilleur joueur du monde est rapidement faite. Encore une fois, des sourires mais une certaine humilité pour Baptiste Jauneau : « On me chambre souvent en évoquant une certaine ressemblance avec Antoine Dupont mais je n’aime pas trop. Autant physiquement que sportivement, j’en suis bien évidemment très loin. C’est un exemple avant-tout.  L’humilité ne fait jamais de mal dans le monde du sport. Mais le talent n’a pas d’âge. Baptiste Jauneau, qui n’en manque pas, en est le parfait exemple.

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 0,99€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 20h30 la veille
  • Les newsletters exclusives
Vincent Franco
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?