Tournoi des 6 Nations 2022 - Tout ce qui peut encore priver le XV de France du grand chelem

  • Tout ce qui peut priver les Bleus du grand chelem
    Tout ce qui peut priver les Bleus du grand chelem Icon Sport - Icon Sport
Publié le

Après trois victoires convaincantes dans la compétition, les hommes de Fabien Galthié ne peuvent décemment plus se cacher : le grand chelem leur tend les bras... à condition toutefois de déjouer un certain nombre pièges.

Des retours chez les Gallois

Les Gallois, champions en titre, étaient très handicapés pour débuter cette édition 2022 en raison d’une cascade de blessures. Sans de nombreux cadres, la défense de leur titre paraissait bien difficile pour ne pas dire utopique. Un sentiment confirmé par la déroute de Dublin (29-7) lors de la première journée. Depuis, les Gallois ont rapidement progressé, avec une victoire face à l’écosse (20-17) et un court revers en Angleterre (23-19). Il faut dire que le sélectionneur Wayne Pivac a enregistré de précieux retours dans son groupe au fil de la compétition avec Ross Moriarty (52 sélections) et Taulupe Faletau (87 sélections) en troisième ligne, Alex Cuthbert (50 sélections) à une aile mais aussi Gareth Anscombe (30 sélections) et Jonathan Davies (95 sélections) sur le banc. Le nombre de sélections est monté en flèche alors que le capitaine Alun Wyn Jones (149 sélections) a rejoint la sélection cette semaine pour, officiellement, poursuivre sa rééducation. Wayne Pivac devrait aussi suivre avec attention la performance de son troisième ligne Josh Navidi (28 sélections), de retour à la compétition avec Cardiff, lui qui était blessé depuis fin octobre. Il pourrait aussi revenir en sélection pour finir le Tournoi.

Le talent de Marcus Smith

Eddie Jones aurait-il démarré le Tournoi avec Marcus Smith à l’ouverture si Owen Farrell, le leader naturel des Anglais, avait été opérationnel ? Aurait-il osé associer ces deux hommes ou en aurait-il sacrifié un ? Ici, on pencherait plutôt pour la deuxième option et de ce que l’on croit, elle n’aurait pas fait le bonheur de l’ouvreur des Harlequins. Quoi qu’ait pu un jour penser Jones de Marcus Smith (22 ans), celui-ci est en train de lui démontrer qu’il a les épaules pour mener le jeu de l’équipe et sauver ce qui peut encore l’être au royaume d’Angleterre. De l’avis de tous, le XV de la Rose joue mal, a du mal à se faire trois passes, pleure la puissance de Tuilagi au centre du terrain mais au milieu de ce marasme, la nouvelle star brille de mille feux. Auteur de 18 points contre Galles la semaine dernière, il a permis à son équipe de vaincre face aux Diables Rouges et, si les Bleus ne parviennent pas à le soumettre à une pression digne de ce nom, il pourrait devenir, le 19 mars à Saint-Denis, le caillou dans la chaussure d’un XV de France en quête de grandeur. Smith ? Vif et rapide, le natif de Manille sait attaquer la ligne avec envie et ouvrir des intervalles, grâce à cette évidente justesse technique. Laurent Labit, l’entraîneur des trois-quarts du XV de France, le sait d’ailleurs mieux que quiconque : il y a quelques années, le Racing avait ainsi tout fait pour attirer à lui le jeune prodige du rugby anglais…

Tout ce qui peut priver les Bleus du grand chelem
Tout ce qui peut priver les Bleus du grand chelem PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport

Le péché d’orgueil

Les coéquipiers d’Antoine Dupont - six succès consécutifs à leur actif - débarqueront à Cardiff habités d’une confiance évidente et, naturellement, le péché d’orgueil propre aux Latins peut constituer une menace. Vous voulez un exemple ? En écosse, les Bleus ont démarré le match à toute vitesse puis relâché leur emprise sur l’adversaire, le laissant revenir dans la course et redonnant l’espoir aux 60 000 spectateurs de Murrayfield. À la mi-temps de cette rencontre, Fabien Galthié avait d’ailleurs mis en garde ses joueurs contre un éventuel excès de confiance : « On est un peu suffisant, les gars. On lâche un peu, on est moins nombreux et moins virulents dans le jeu au sol. On est aussi moins agressif au plaquage. Il faut monter en intensité, maintenant ! » Dès lors ? La confiance, l’incroyable sérénité que dégagent les minots français est une force, ne nous faites pas dire le contraire. Mais si elle se transforme comme à Murrayfield en facilité ou en désinvolture, elle peut aussi devenir la pire ennemi de cette équipe. Au bout du bout, n’oublions pas non plus que les Bleus, largement en tête de la compétition, avancent désormais avec une cible dans le dos : le pays de Galles et l’Angleterre ne prépareront rien d’autre que leur grande finale, le match qui peut sauver leur Tournoi jusqu’ici poussif, lorsqu’ils affronteront le XV de France…

Les bombes de Biggar

Pour l’arrière des Bleus, ce Tournoi devait être celui de la confirmation après une année 2021 riche de premières sélections convaincantes et d’un titre de champion de France de Pro D2 obtenu sous le maillot de Perpignan. Alors ? Il semble que Melvyn Jaminet, déjà secoué sous les ballons hauts contre l’Irlande (on a tous en mémoire l’essai marqué au Stade de France par Mack Hansen…), ait une nouvelle fois connu quelques absences dans les duels aériens en écosse. « Contre l’Irlande, confiait récemment Jaminet, c’était une erreur de placement. J’ai vu au dernier moment que les Irlandais avaient changé d’endroit où ils allaient effectuer le renvoi. Ce n’était pas à moi de me retrouver là et, forcément, j’ai été un peu déstabilisé sur le moment. » Selon lui, la réception des ballons hauts est avant tout une œuvre collective et, comme nous le soufflait il y a peu notre chroniqueur Richard Dourthe, un dernier rempart doit évidemment être protégé par ses partenaires sous les chandelles. Malgré tout, les Gallois ont nécessairement constaté avec nous les récentes carences tricolores dans le jeu aérien et il va de soi que Dan Biggar, l’ouvreur des Diables Rouges, soumettra le jeune arrière à une pression colossale, à Cardiff. Le pire ? C’est que ledit Biggar et son coéquipier Liam Williams sont aussi connus pour exceller dans la récupération de leurs propres chandelles. Aux abris…

Tout ce qui peut priver les Bleus du grand chelem
Tout ce qui peut priver les Bleus du grand chelem PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport

Une défense qui concède des essais

La France n’a pas la meilleure défense de la compétition. Si le XV de France donne l’impression de bien résister aux assauts adverses, il a tout de même encaissé six essais (soit deux par match). L’Irlande et l’Angleterre font mieux alors que le pays de Galles se trouve au même niveau que les Tricolores. La défense des Bleus apparaît aussi souvent sur la brèche, proche du point de rupture, mais arrive à rattraper les coups in extremis. Ce qui peut être dangereux dans un mauvais soir.

La fièvre du vendredi soir

Enfin, la France a joué deux fois un vendredi soir à Cardiff pour deux défaites (19-10 en 2016, et 27-6 en 2014).

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
0,99€ le premier mois
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?