Willemse-Taofifenua, la force des mâles

  • Paul Willemse, de même que Romain Taofifenua quand il le remplace, apporte une puissance précieuse dans le coeur du combat.
    Paul Willemse, de même que Romain Taofifenua quand il le remplace, apporte une puissance précieuse dans le coeur du combat. Icon Sport - Hugo Pfeiffer
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Les deux numéros 5 des Bleus amènent sur 80 minutes une rudesse, un impact décisif et bien plus. Un vrai cauchemar pour les rivaux du XV de France.

Très cher à Fabien Galthié, le concept de "starters" et de finisseurs peut prêter à sourire. Mais quand il s’agit des deuxième ligne du XV de France, plus personne ne rigole. Sur le côté droit de la cage, Paul Willemse (29 ans, 2,01 m, 129 kg) et Romain Taofifenua (31 ans, 2 m, 120 kg) se relaient avec une même efficacité, pour le plus grand malheur de leurs opposants.

Au-delà de la puissance pure et dure, ces poids lourds possèdent des talents multiples. Le Montpelliérain, rugueux au possible, n’a pas son pareil pour casser les groupés pénétrants et pour remporter les impacts sur la ligne d’avantage. Au fil du temps et des efforts, le gaillard a étoffé son volume de jeu. "Je suis descendu à 128 kilos. C’est toujours lourd mais je me sens beaucoup plus à l’aise", nous racontait-il, en décembre, dans ces colonnes. Avec 58 mètres gagnés depuis le début du Tournoi en quatorze charges, le Sud-africain d’origine est devenu un fer de lance percutant et généreux. Son deuxième essai en sélection, inscrit au terme de la folle contre-attaque initiée par Antoine Dupont à Murrayfield, samedi dernier, illustre à merveille ses nouvelles dispositions offensives. Cette capacité de déplacement lui permet aussi d’abattre un travail défensif conséquent avec une moyenne de près de quatorze plaquages par match - pour deux échecs. Alors, certes, on le voit peu manier le ballon - seulement trois passes - mais, sur les attendus du poste, l’ancien Baby Bok se montre d’une régularité et d’une efficacité diaboliques.

"Romain est réveillé"

Quand Paul Willemse cède sa place après la 50e minute - à la 53e contre l’Irlande et l’écosse, à la 56e face à l’Italie, les adversaires voient alors débarquer un autre spécimen de colosse : "Grand" Tao, un joueur unique pour son poste. Le Lyonnais est capable de tous les éclats techniques : sa passe sur le pas amenant au deuxième essai de Damian Penaud à Murrayfield est digne d’un centre. "Romain, quand il est énervé, personne ne peut l’arrêter, nous racontait, avec les yeux de l’amour, Willy Taofifenua, son père, l’an passé. Techniquement, c’est incroyable ce qu’il fait. Dans les duels, il est capable d’emporter n’importe qui avec son physique. Et puis, il peut jouer devant la défense ou au cœur. Il est capable de réaliser tout ça." Quand tant de numéros 5 n’aiment rien d’autre que charger, ses mains d’or le rendent imprévisible pour les défenses. Avec sept passes et deux défenseurs battus, l’ancien Perpignanais et Toulonnais amène de la variété et de la continuité au jeu tricolore. S’il avait incontestablement le talent d’un titulaire en puissance, Romain Taofifenua a finalement trouvé sa place dans ce costume de finisseur. Avec lequel il apporte beaucoup en peu de temps : "Je connais son potentiel mais il ne l’exprime pas toujours. […] Il a conscience de ce qu’il s’est passé avant. Il savait qu’il devait faire plus et se secouer. Je pense que ça y est, Romain est réveillé, il arrive à maturité."

Ce que Willy Taofifenua dit de son fils vaut aussi pour Paul Willemse, en un sens. Les deux géants donnent leur pleine mesure. Leur ascension conjointe est une bénédiction pour le XV de France. Leur association sur un même match est un cauchemar pour toutes les autres nations.

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