« Certains étaient terrifiés » : Shaun Edwards présenté par ses anciens joueurs

  • Shaun Edwards, entraîneur de la défense dans le staff du XV de France
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Avant le choc au Principality Stadium ce vendredi entre le pays de Galles et la France, le site WalesOnline a compilé plusieurs commentaires d'anciens joueurs de Shaun Edwards, de Sam Warburton à Shane Williams en passant par Adam Jones ou Lawrence Dallaglio. De quoi dresser le portrait d'un entraîneur pas comme les autres.

Avant de rejoindre le XV de France, Shaun Edwards a fait parler son savoir-faire au sein de la sélection galloise pendant onze ans. Il a contribué aux succès du XV du Poireau, qui a remporté quatre fois le Tournoi des 6 Nations (2008, 2012, 2013, 2019), dont trois grands chelems (2008, 2012, 2019). L'occasion pour les médias gallois de se pencher sur le sujet du spécialiste de la défense. WalesOnline a rassemblé des témoignages d'anciens joueurs l'ayant côtoyé en sélection.


 

Adam Jones (ancien pilier, 95 sélections) :

Certains étaient terrifiés

"Nous sommes une équipe qui foudroie ses adversaires. Et si ça ne te plaît pas, tu peux te casser !", nous avait-il lancés lors de sa présentation. Il était une légende du rugby à XIII et la plupart des garçons étaient excités à l'idée de travailler avec lui. Les autres étaient terrifiés. Il faisait peur.

Pendant qu'il était assis là, nous étions tous consentants. Il ne pouvait y avoir aucune contestation sous Shaun Edwards.

Lawrence Dallaglio (ancien deuxième ligne des Wasps) :

Un jour il s'est introduit chez moi

Un jour il s'est introduit chez moi et a attendu que j'arrive pour discuter de ma performance le samedi d'avant avec les Wasps. On a discuté pendant dix minutes puis il s'est levé et s'en est allé. Comme si de rien n'était... C'était une relation unique comme je n'en ai jamais connu. Il est comme mon frère. C'est un serial winner !

Jamie Roberts (ancien centre, 94 sélections) :

Il débriefait les prestations de chacun devant tout le monde

Il débriefait les matchs sur un projecteur devant tout le monde avec un mot pour chaque joueur. Tous tes coéquipiers savaient ce qu'il pensait de toi. Et c'était assez efficace.

Taulupe Faletau (numéro 8, 86 sélections) :

Je le trouvais effrayant

Je me souviens de sa première séance d'entraînement. Je le trouvais effrayant et je ne voulais pas rater quoi que ce soit !

Alun Wyn Jones (capitaine, 149 sélections) :

Ses deux premiers mots étaient "violence légalisée"

Son aura était incroyable. Ses deux premiers mots étaient "violence légalisée". Puis l'explication : "La défense n'est pas de la technique, c'est de la violence légalisée". Ça nous a touchés directement. Pas de sourire, pas de réaction, et moi qui me disais : "M**de, il est sérieux".

Andrew Coombs (ancien deuxième ligne, 10 sélections) :

Il m'a plaqué sur une table au petit-déjeuner

Il est le seul entraîneur à m'avoir plaqué violemment, plusieurs fois, sur une table au petit-déjeuner, un lundi matin. Tout ça parce que j'avais raté un plaquage !

Le reste de l'équipe, qui petit-déjeunait, a éclaté de rire.

Shane Williams (ancien ailier, 87 sélections) :

Je devais plaquer Jamie Roberts ou Tom Shanklin pendant une demi-heure

Après ses sessions extrêmement intenses, parfois il me prenait à part et m'envoyait des gars comme Jamie Roberts ou Tom Shanklin pour me foncer dessus pendant une demi-heure. Et quand personne ne pouvait le faire, c'est lui qui me fonçait dessus à fond !

Sam Warburton (ancien flanker et capitaine, 74 sélections) :

Il avait sa propre technique de plaquage

Il avait sa propre technique de plaquage. Il nous encourageait beaucoup à garder les mains hautes et serrées avant d'envoyer l'épaule au dernier moment sur le porteur de balle.

Jonathan Thomas (ancien troisième ligne aile, 67 sélections) :

Tu dois être impitoyable

Il y a une certaine part de mystère autour de Shaun et cela fascine les gens. Parfois on croit qu'il n'est que source de coups de colère et de coups de sangs. Mais en réalité, il est bien plus intelligent qu'il ne semble. Derrière son visage très fermé, et même mécontent, il est un fin connaisseur de ce jeu. Tout le monde pense que Shaun représente la menace et l'intimidation mais il y a bien plus que cela. Quand tu as une conversation avec lui, tu te rends compte qu'il détient un savoir remarquable sur le rugby, que ce soit les règles, l'histoire ou l'aspect coaching.

Sa première qualité est la simplicité. En tant qu'entraîneur, la capacité à transmettre un message aussi simple que possible est bien plus difficile qu'on ne le croit. Et Shaun maîtrise ce point-là.

Pour bien défendre, on n'a pas besoin de milliards de choses auxquelles il faut penser. Sinon ça te handicape. Les entraîneurs peuvent parfois compliquer les choses en défense en analysant trop. La façon dont Shaun entraîne est incroyablement simple. Et c'est un exploit en soi.

Il a des messages et des exercices très simples. Ses attentes sont connues par les joueurs. Et s'ils n'y adhèrent pas, ils savent les conséquences. Il insuffle en quelque sorte la mentalité qui lui a permis d'être un grand joueur avec un palmarès. Les joueurs doivent adopter un état d'esprit avec une grande dépense d'énergie et une envie de défendre pendant quatre-vingts minutes. C'est non négociable. Tu dois être impitoyable.

Ce n'est pas juste un entraîneur, c'est plutôt un mentor qui use de plus de leadership que de technique.

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