6 Nations - Le grand chelem, les Bleus en rêvent

  • Les Bleus de France courrent après un titre dans le Tournoi depuis 2010.L’occasion leur est offerte face à l’Angleterre, samedi.
    Les Bleus de France courrent après un titre dans le Tournoi depuis 2010.L’occasion leur est offerte face à l’Angleterre, samedi. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany - Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Après avoir pesé leur communication au trébuchet au point de n’avoir jamais prononcé les mots « grand chelem » depuis le début de la compétition, les Bleus d’Antoine Dupont ont enfin brisé ce tabou dans les travées du Principality stadium de cardiff. À eux de l’assumer, désormais...

Entendons-nous bien : à force de l’avoir dit, répété, martelé durant les mois précédents quant à la nécessité de « remporter très vite un titre », il était évident que l’objectif naturel du XV de france à l’entame de ce Tournoi consistait à viser le dixième grand chelem de l’histoire du rugby français, douze ans après ceux que Marc Lièvremont n’avait pas encore surnommé "les sales gosses". Reste que pour aller au bout de ce rêve, les Bleus avaient décidé de tourner sept fois leur langue dans la bouche avant de parler, et plus encore... L’idée était en effet de retenir les leçons de 2020 ou 2021 où, face aux questions de journalistes enthousiasmés, les Tricolores s’étaient laissés griser, prononçant bien malgré eux les mots « grand chelem » un peu trop tôt, avant de se vautrer sur les écueils écossais puis anglais. Voilà pourquoi, cette année, les hommes de Fabien Galthié ont porté une attention énorme sur le poids de leurs mots, en se contentant micro ouvert de viser « la première place du Tournoi ». Manière de ménager les superstitions des uns, de mieux se « couvrir » en cas d’échec, et tout simplement de ne pas chatouiller les susceptibilités des adversaires, comme cela avait été le cas des Ecossais pour la dernière manche du Tournoi la saison dernière.

Des susceptibilités à ménager

Reste que tous les tabous sont faits pour être brisés, même les plus légitimes, et que cet objectif dont-il-ne-fallait-pas-prononcer-le-nom est enfin sorti des lèvres du marmoréen Antoine Dupont, admettant après la victoire de Cardiff que « désormais, on pouvait parler de grand chelem ». Un challenge devenu naturel après ce quatrième succès en autant de rencontres, sans lequel une victoire finale n’aurait évidemment pas le même goût. Imagine-t-on un instant Antoine Dupont soulever le trophée des Six Nations sourire aux lèvre après un match nul, ou pire, une défaite, en fonction du résultat des irlandais face à l’Ecosse ?

A vrai dire, pas une seconde en ce qui nous concerne. Et c’est bien pour cela que, sans vouloir rajouter de la pression sur les épaules des Bleus, tout autre résultat qu’un grand chelem samedi prochain au Stade de France ne pourrait être vécu que comme un échec, qui verrait entretenir cette image de « Poulidors » qui leur colle à la peau depuis le début du mandat de Galthié.

Fabien Galthié et « le scenario rêvé »

Une perspective qu’on ne souhaite évidemment pas développer. Et les Bleus non plus, qui se réjouissaient dans le sillage de leur sélectionneur de ce « scenario rêvé » à l’heure de toucher leur Graal. « On va aborder ce match après quatre succès dans le Tournoi, l’objectif qui arrive est naturel, assurait Galthié. On a appris et on ne laisse rien au hasard, c’est pourquoi à partir de lundi, on va commencer la préparation de ce match avec notre méthode. »

Laquelle intègre pleinement ce jeu médiatique, puisqu’une revue de presse détaillée susceptible de soulever des clés dans la préparation psychologique est délivrée chaque début de semaine aux joueurs. Une perspective qu’Antoine Dupont anticipait d’ailleurs ainsi vendredi soir : « il ne faudra surtout pas se laisser endormir par ce qui sera écrit à notre sujet dans les médias et rester concentrés sur nous. Parce qu’il nous faut encore battre l’Angleterre avant de pouvoir vraiment se réjouir. » Ou quand la sacro-sainte langue de bois incitant à « prendre les matchs les uns après les autres » et la perspective d’évoquer un grand chelem se rejoignent enfin face à l’évidence. C’est dit, malgré une prudence bien compréhensible…

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Nicolas ZANARDI
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