Angleterre - Irlande : drôle de bataille !

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Le match a basculé dès la 2e minute avec une explusion . Les soixante-dix-huit minutes restantes en furent d’autant plus sublimes. Explications !

Les Irlandais restent donc les concurrents des Français pour la victoire dans le Tournoi des 6 Nations. Et les Anglais, cruellement touchés mais pas coulés, ont le pouvoir de devenir leurs alliés en venant nous défier au Stade de France. C’est le verdict de ce match hors du commun.

Si l’on fait l’effort de rester neutre, alors on a envie de remercier M. Raynal qui, dès la 2e minute, prit la décision d’expulser le deuxième ligne anglais Charlie Ewels pour un plaquage tête contre tête sur son vis-à-vis James Ryan. Ce coup du sort donna une dimension épique à cette rencontre. À quatorze contre quinze, les Anglais se sont accrochés avec bravoure et sont devenus soudain des outsiders. Et leur partie a pris un tour héroïque. Par-dessus le marché, ils ont vu Tom Curry et Kyle Sinkler sortir prématurément sur blessure.

Les Irlandais les avaient pourtant punis tout de suite par un essai limpide de Lowe, lancé dans le couloir par Van der Flier. Puis Doris récidiva en bout de ligne, mais M. Raynal le refusa pour un petit en-avant préalable. Heureusement pour la dramaturgie de la rencontre car les Anglais, pas encore largués, mirent alors l’accent sur leur supériorité en mêlée à l’image d’Ellis Genge qui mit au supplice Tadhg Furlong avant d’exulter, sourire aux lèvres. On comprit ensuite que les Anglais avaient mis au point une façon bien particulière de négocier les impacts : six fois le sifflet de M. Raynal vint les récompenser.

Les Anglais fiers

Par ce rugby de tranchées, les Anglais retrouvèrent un supplément d’âme qui fera dire à Jamie George, leur talonneur : « C’est peut-être le match dont je suis le plus fier sous le maillot anglais. » La mêlée, les chandelles de Marcus Smith (sans doute bien cadré par Eddie Jones à la pause), le travail de Maro Itoje, les chants du public de Twickenham : voilà les ingrédients qui ont permis aux Anglais de rester dans la course. On ajoutera cette provision de pénalités sifflées par M. Raynal, saluées par des gestes rageurs des avants anglais en transe, un peu comme des catcheurs payés pour chauffer l’ambiance.

15-15 à l’heure de jeu, puis à la 73e, le coup était encore jouable, l’Irlande ne menait que 18-15. Et puis, le match bascula sur une longue séquence irlandaise, toute en maîtrise, avec pour finir une remise intérieure de deux remplaçants de luxe, Connor Murray pour Jack Conan lancé dans l’intervalle via une course convergente. À 25-15, c’était fini. On doit aux Irlandais ce verdict implacable. Ils ont marqué quatre essais contre zéro à Twickenham, une première historique. On ne doit pas minorer ce fait et cette capacité à concrétiser avec sang-froid leurs séquences offensives. Jonny Sexton diagnostiqua : « Il y a deux ans, nous aurions perdu cette rencontre. Je pense qu’à 15 à 15, nous n’aurions pas fait preuve d’une semblable maîtrise. Mais le travail que nous avons fait sur notre mental depuis deux saisons a porté ses fruits. Dans la semaine, nous nous étions préparés à ce genre d’événements. ce que nous avons appris c’est à ne pas se laisser distraire par les réactions d’une équipe réduite à quatorze et rester concentrés sur nos schémas basiques. »

Triple couronne en vue pour les Irlandais

On aura aussi retenu de ce match l’expertise de James Gibson-Park, le demi de mêlée du Leinster, capable de jouer une pénalité rapide pour offrir un essai à Jack Keenan. On aura aussi apprécié la classe de James Lowe, qui vint au soutien d’un dernier ballon porté pour faciliter le dernier essai de Bealham, pilier droit remplaçant. Les Verts restent donc en course pour la victoire finale dans le Tournoi et pour une Triple Couronne s’ils battent l’écosse.

Les Anglais viendront eux à Paris gonflés contre des melons pour se rembourser de la cruauté du sort : « Ce fut un match fondateur dans la perspective du Mondial 2023, positiver Eddie Jones. Notre détermination, notre état d’esprit dans l’adversité fut tout simplement remarquable. Notre exubérance et notre inexpérience furent fantastiques mais elle nous a coûté en fin de match. En tout cas, nous avons beaucoup appris. »

On a senti les Anglais touchés émotionnellement après cette drôle de défaite. On peut compter sur leur sélectionneur pour faire monter l’ambiance dans la semaine qui vient, à coups de déclarations bouillantes. C’est de bonne guerre et l’on ne s’en plaint pas.

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Jérôme PREVOT
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