Top 14 - Clermont, l’énergie des espoirs contre Bordeaux

  • Kotaro Matsushima face à l'Union Bordeaux Bègles
    Kotaro Matsushima face à l'Union Bordeaux Bègles Icon Sport - Icon Sport
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Dominés et au bord de la rupture durant près de cinquante minutes, les Auvergnats ont encore trouvé les ressources pour renverser la situation et rester dans la course à la qualification.

C’est Morgan Parra qui, après la victoire in extremis face à Lyon une semaine plus tôt, clamait : «Pas grand monde ne nous voit nous qualifier mais on est obligé de se conditionner pour ça. On est toujours là, et si on réussit à accrocher un exploit à l’extérieur tout en restant invaincus à la maison jusqu’au bout, on ne sera plus très loin.» Le truc, c’est que, comme l’avait bien indiqué le demi de mêlée international, il fallait demeurer souverain à Marcel-Michelin avant de penser à un quelconque coup en déplacement, pour que le fol espoir puisse encore devenir réalité. Et, ainsi qu’ils en ont l’habitude depuis le début de cette saison pour le moins sinueuse, les Clermontois n’ont pas manqué de se mettre un paquet de bâtons dans les roues sur le chemin des phases finales. Déjà qu’ils partent de loin…

Dominés et même submergés par l’Union Bordeaux-Bègles dans la première demi-heure de jeu, les Auvergnats se sont logiquement retrouvés menés de dix points. Et encore, l’écart n’était pas si lourd au vu de l’apathie assez inexplicable de l’ASMCA. C’est bien simple : il n’y avait pas un domaine, dans cette première mi-temps, où les hommes de Jono Gibbes étaient performants. Et cela se traduisait notamment par les quatorze plaquages ratés en seulement quarante minutes. Pas l’idéal quand il s’agit de remonter le temps, et surtout les points manquants pour toujours croire à l’invitation parmi les six au bout de la ligne droite.

Huitième, à deux points du sixième

Les coéquipiers de Morgan Parra savaient ne pas avoir le choix ce dimanche soir : pour ne pas s’enfoncer dans le ventre mou de ce Top 14 et risquer de vivre une fin de parcours des plus dépassionnées, il fallait absolument l’emporter. Question de survie. Et chacun se disait que ce premier acte devait servir d’électrochoc pour les Clermontois, pour leur montrer à quel point ils n’avaient pas le droit de passer à côté de ce rendez-vous capital. Bref, qu’il devait enfin favoriser l’esprit de révolte entrevu face au Lou, lequel avait été salvateur au terme d’un match pourtant pas vraiment maîtrisé. Le problème ? C’est que le retour des vestiaires ne fut pas de nature à rassurer le staff de l’ASMCA, tant ses troupes étaient encore méconnaissables. Et c’est presque par miracle qu’elles n’ont pas encaissé un troisième essai, sur deux occasions énormes des Girondins. S’ils avaient marqué, il en était fini des rêves de qualification… Oui mais voilà, il fallait alors peut-être ce don du ciel pour enfin réveiller les locaux. Lesquels n’ont eu besoin que d’une opportunité dans le camp adverse et d’un leurre d’école pour voir Camille Lopez placer Alivereti Raka dans un intervalle et inscrire le premier essai des siens. C’était à peine croyable mais les Auvergnats étaient alors revenus à hauteur des Bordelais (16-16).

Allez savoir où ces mecs vont actuellement chercher cette énergie et cette résilience. Toujours est-il que cette équipe a beau être imparfaite, inconstante et parfois inquiétante, elle n’en reste pas moins remarquable dans sa faculté à ne rien lâcher et à croire en son étoile. Contre l’UBB, ce fut de nouveau éloquent et cette foi l’a portée jusqu’à un autre succès important, malgré des dernières minutes à trembler. Peu importe finalement ce que les Clermontois méritent vraiment, puisque le rugby n’est pas qu’une question de justice, ils pointent aujourd’hui à la huitième place, à deux petits points du Graal. Et il n’y a que ça, ou presque, qui compte.

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Jérémy FADAT
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