Paul Willemse, un enfant de Thibault Giroud

  • Paul Willemse face au pays de Galles au Principality Stadium de Cardiff
    Paul Willemse face au pays de Galles au Principality Stadium de Cardiff Icon Sport - Icon Sport
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L’avènement de Paul Willemse, encore auteur d’une performance majuscule vendredi à Cardiff, est le fruit du travail entrepris par le directeur de la performance Thibault Giroud. Explications.

Il est peut-être, avec Romain Taofifenua, le plus beau symbole de l’ère Galthié. La plus belle réussite expliquant en grande partie l’embellie générale de cette nouvelle vague tricolore. Et pour cause. Le XV de France, sous l’emprise du directeur de la performance Thibault Giroud, a fait sa révolution. «Nous sommes vraiment sur un travail de changement de rythme», expliquait ce dernier en novembre, à l’aube de l’exploit majuscule sur les Blacks, au cours duquel les Bleus ont broyé physiquement les Néo-Zélandais. «On doit donc façonner des joueurs pour ce jeu, surtout sur le huit de devant. D’ailleurs, ce n’est pas tant la vitesse qui est prépondérante, c’est l’accélération et le changement de rythme. C’est pour ça que nous avons demandé à certains joueurs de perdre beaucoup de poids sans perdre en qualité d’explosivité, de force et de puissance. L’objectif est de trouver le bon ratio entre force absolue et poids de corps. C’est le travail qui a été réalisé avec des garçons comme Paul Willemse, Romain Taofifenua ou encore Bernard Le Roux.» Avec un franc succès.

Souvenez-vous des premières sélections de Paul Willemse. Un scepticisme général planait lorsque Jacques Brunel l’avait appelé début 2019 ; le gamin de Pretoria avait alors traversé le Tournoi comme un fantôme et, blessé lors de la préparation, avait déclaré forfait pour la Coupe du monde. Trop pataud, trop mou, trop gros… «Avant je n’étais pas capable de faire ce que je fais maintenant, confirmait-il avant le début de ce Tournoi des 6 Nations 2022. Aujourd’hui, je me sens très bien. Encore fort et très mobile.» Il disait aussi en 2020 : «Après la dernière préparation physique avec les Bleus, j’ai vu qu’il n’y avait pas beaucoup de deuxième ligne à plus de 130 kg. Pour moi et mon futur avec le XV de France, il fallait que je fasse tomber mon poids. Pour mes premières sélections, il y a un an, je pesais 135 kg. Aujourd’hui, je suis à 126 kg.» Et d’ajouter avec une touche d’humour : «La dernière fois que j’ai pesé 126 kg, j’avais 15 ans, et j’étais moins grand.»

Deuxième meilleur plaqueur français

Grand, il est en passe de le devenir, à force de performances majuscules comme celle aperçue vendredi soir au Millennium Stadium de Cardiff. Le deuxième ligne de Montpellier, Paul Willemse, a montré la voie dès l’entame du match, avec un superbe relais à hauteur de Dupont qui a provoqué une pénalité (2e) et une charge tonitruante un peu plus tard (19e). Et que dire de ce tampon triple XL sur Liam Williams (42e), bien aidé par Jonathan Danty ! Clairement, il a montré l’exemple en défense à ses coéquipiers, avec 13 plaquages à son actif (plus gros total, derrière François Cros à 14). Déjà une semaine plus tôt à Murrayfield, il avait impressionné. Il avait inscrit son premier essai en bleu. Et quel essai. Une relance et une percée du capitaine Antoine Dupont, un gros relais des avants et, au bout du bout, Paul Willemse… Comme pour mieux souligner cette capacité de déplacement devenue un atout majeur dans le rugby prôné par le sélectionneur Fabien Galthié.

D’aucuns diront que Paul Willemse s’est essoufflé en fin de rencontre face aux Gallois. Certes. Lui-même l’a reconnu dans les colonnes de L’équipe : «Les dix, quinze dernières minutes, j’étais en mode réserve. Je puisais dans le fond d’énergie qu’il me restait en disant qu’il fallait bien tenir.» Mais, l’absence de Romain Taofifenua, covidé et absent à Cardiff, n’est pas étrangère à ce constat. Le staff ne disposait pas d’un joueur de même profil, contraignant le Montpelliérain à disputer l’intégralité de la rencontre. Parce que l’avantage de "Tao", c’est qu’il évolue aujourd’hui sur la même tonalité, conjuguant puissance et mobilité. Lui aussi a profité du travail entrepris par Thibault Giroud. Et ces deux-là font la paire, l’un prenant le relais de l’autre pour un même rendement durant 80 minutes. Une quasi-gémellité dont Thibault Giroud est en droit de revendiquer la paternité.

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Arnaud Beurdeley
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