Les bons tuyaux de Dimitri Yachvili, docteur ès Angleterre aux commentaires des Bleus

  • Dimitri Yachvili, ici lors de sa masterclass de 2004 face aux Anglais, a fait très mal au XV de la Rose. Photo Icon Sport
    Dimitri Yachvili, ici lors de sa masterclass de 2004 face aux Anglais, a fait très mal au XV de la Rose. Photo Icon Sport Icon Sport
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Il était le héros des France-Angleterre des années 2000. Il sera la voix, sur France 2, d’un crunch qui a tout pour entrer lui aussi dans l’histoire. Le "Yach" nous parle de ces matchs si différents.

Ce samedi, sous les yeux d’une dizaine de millions de téléspectateurs, Dimitri Yachvili va peut-être vivre son premier grand chelem derrière un micro. L’ancien 9 attend le rendez-vous avec une vive impatience : « On sent que c’est comme une finale. Il y a plus d’excitation, le palpitant commence à monter. On a tous envie que le XV de France réécrive une ligne d’histoire. Ça fait long, depuis 2010. »

Ironie de l’histoire, le consultant France Télévisions était alors vêtu de bleu, blanc et rouge : « Au début du Tournoi 2010, j’étais remplaçant et j’ai fini dans le groupe. Je n’avais pas vraiment été partie prenante de l’aventure. Ce jour-là, ça avait été dur, les conditions étaient pluvieuses. Je me rappelle surtout de 2004. C’était un peu le même scénario que cette année, pour la victoire finale, face à une équipe d’Angleterre qui venait d’être championne du monde. » 

Ce jour-là, le "Yach" était entré dans la légende en devenant chelemard. « C’était mon premier titre en sélection, alors cette rencontre garde une saveur particulière. Personnellement, c’était encore plus fort car mon père avait fait partie de la première équipe sacrée en 1968. Je le rejoignais au palmarès. » 

En ayant été un des grands bonhommes de la soirée, avec dix-sept points, un essai plein de culot et une prestation trois étoiles. « J’étais buteur mais ce n’est pas grâce à moi que nous l’avions emporté, tempère-t-il dix-huit ans après. Tout le collectif s’était surpassé, je n’avais fait que mettre les points. » À compter de ce jour, Dimitri Yachvili allait devenir le bourreau des Anglais. 2004-2005-2006 : la trilogie du "Yach" face au XV de la Rose a marqué toute une génération.

« Comme une force qui m’habitait »

Un an après le grand chelem, ses dix-huit unités, inscrites sur des pénalités lointaines, crucifient la Perfide Albion sur ses terres. « Il y a des jours comme ça où tu es en état de grâce. La veille, j’avais eu très peu de réussite à l’entraînement du capitaine, il y avait eu un vent tourbillonnant… Et là, je ne sais pas pourquoi, le jour J, il y avait comme une force qui m’habitait. C’est comme si j’étais en mission. Quand l’arbitre sifflait les pénalités, sans vouloir paraître arrogant, j’avais la sensation que tout allait passer. C’était assez jouissif. Il y avait la fierté du travail accompli, de toutes ces heures d’entraînement. »

En 2006, rebelote, avec seize pions à son compteur personnel, à Saint-Denis, pour un nouveau succès à la clé.  « Il y avait eu cette spirale de la gagne avec ces trois victoires de suite », évoque l’intéressé. Son portrait avait fini par être placardé dans le vestiaire du XV de la Rose : l’ennemi numéro 1.

« Forcément, quand tu es buteur, tu es davantage surveillé, on te marche un peu plus sur le pied gauche… » Après une autre série, de trois revers cette fois, face à l’Angleterre, de 2007 à 2011, le demi de mêlée dispute son dernier "crunch" en quart de finale du Mondial 2011, à Auckland. Avec six unités de sa part et surtout un billet pour les demies à la fin. Les France-Angleterre auront été de formidables théâtres pour le talent du demi de mêlée. Lui qui avait justement été, en partie, éduqué à l’anglaise : « J’avais passé un an à Gloucester sans réussir à les détester. En y vivant, j’avais d’ailleurs compris pourquoi on ne les aimait pas. Ils ont ce que l’on n’a pas, cette rigueur qui vous oblige à faire 200 passes par jour sans qu’il n’y ait de raison particulière. »

Dimitri Yachvili connaît bien cet ennemi intime, ses dangers, ses spécificités. Et comment les aborder sur ces échéances couperet : « Ils vont venir pour briser notre rêve mais il faudra leur montrer dès le premier quart d’heure que ce n’est pas possible. C’est surtout l’aspect émotionnel et mental qu’il faut gérer. Mais comment pourrait-on ne pas faire confiance à cette équipe quand on voit encore sa maîtrise sur la fin de match de Cardiff ?

Il s’en dégage une telle force collective. Il y a beaucoup de talents, de joueurs capables de faire la différence à tout moment comme Dupont, Penaud, Villière, mais il y a surtout cette défense. C’est notre grand atout. Et puis, c’est tellement fort ce qu’il se passe entre cette sélection et le public. Tous les signaux sont positifs pour l’heure. » Samedi, Dimitri Yachvili devrait encore être au cœur d’un mémorable France-Angleterre. Un de plus à son compteur.

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Vincent BISSONNET
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