XV de France - Ce que change le grand chelem

  • Cameron Woki, Romain Ntamack et Damian Penaud (de gauche à droite) peuvent savourer leur triomphe en soulevant le trophée du Tournoi des 6 Nations. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Cameron Woki, Romain Ntamack et Damian Penaud (de gauche à droite) peuvent savourer leur triomphe en soulevant le trophée du Tournoi des 6 Nations. Photos Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Vainqueurs du Tournoi au bout d’un sans-faute pour la première fois depuis 2010, les Bleus ont définitivement changé de dimension. Deuxième nation mondiale, désormais favoris au titre pour la Coupe du monde à Domicile en 2023, les hommes de Fabien Galthié vont devoir assumer.

C’est le sélectionneur Fabien Galthié qui a donné rendez-vous en balançant cette phrase en conférence de presse samedi soir : "C’était notre vingt-cinquième match ensemble, la finale de la Coupe du monde sera le quarante-sixième." Son XV de France avait déjà franchi un cap décisif en novembre dernier en battant les All Blacks mais il a définitivement changé de dimension en ce week-end. Auteurs du premier grand chelem depuis 2010, les Bleus ont frappé fort. Très fort même. Et, pour s’en assurer, il n’y avait qu’à écouter Eddie Jones et son capitaine Courtney Lawes répéter que "les Français méritent de gagner ce Tournoi parce que ce sont les meilleurs", avec une impuissance et une résignation qui leur ressemblent pourtant si peu. Et cette domination va encore se matérialiser durant la semaine puisque les partenaires d’Antoine Dupont vont officiellement atteindre la place de deuxième nation mondiale. Ce qui était évidemment impensable il y a quelques années quand la France était reléguée en "deuxième division"… Le plus fort, c’est que les Bleus - outre le record de victoires consécutives qu’ils pourraient s’offrir dans les mois à venir (voir ci-dessous) - devraient même disputer la première place mondiale contre les champions du monde sud-africains, à l’automne à Marseille, pour un rendez-vous au sommet.

Oui, ce grand chelem a tout changé, ou presque, pour ce XV de France. "Quoi qu’il arrive samedi, je pense que nous serons de toute façon très attendus pour la suite", nous disait Romain Ntamack dans ces colonnes vendredi, avant le duel contre l’Angleterre. Certes. Mais l’excellence de la compétition française a bien sûr renforcé encore les espoirs autour de cette génération dorée en vue du Mondial 2023 à domicile. Jusque-là, les hommes de Fabien Galthié avaient le talent, le potentiel et les ressources pour s’avancer en candidats légitimes. Depuis samedi soir, c‘est tellement plus que ça. Cette équipe a grandi ces deux dernières années, en terminant à deux reprises à la deuxième place du Tournoi. Aujourd’hui, dans le sillage du noyau de joueurs toulousains qui ont tout gagné en club, elle est devenue une machine à l’emporter.

Apprentissage du statut de favori

Surtout, le XV de France va désormais officiellement s’avancer avec l’étiquette de favori. Et c’est peut-être ça qui va le plus évoluer pour elle. Avant le Tournoi, elle était déjà le chouchou des pronostics britanniques mais, dans un jeu du chat et de la souris, les Bleus refusaient cet attribut. Rappelez-vous les déclarations de Fabien Galthié, dans l’entretien qu’il nous avait accordé le 21 janvier, lorsqu’on lui faisait remarquer : "Les Irlandais, invaincus depuis la défaite contre nous (en février 2021, N.D.L.R.), qui ont gagné tous leurs matchs de novembre, dont celui face aux All Blacks. Des Anglais invaincus en novembre aussi, en ayant vaincu toutes les nations du Sud. Les Écossais, les Gallois… Je pense que, hormis l’Italie, toutes les équipes peuvent envisager de gagner."

Dorénavant, ses joueurs auront la pancarte dans le dos. Lui le sait et c’est sûrement la raison pour laquelle il a décidé de prendre date en évoquant la finale du Mondial, dans ce même Stade de France, où les Bleus ont programmé d’être présents. Maintenant, c’est la marge de progression de ce groupe qui devra apprendre à assumer ce statut inévitable de favori à chaque fois qu’il va se présenter sur un terrain. "On se détache de ça et, qu’on soit favori ou outsider, cela ne change pour nous", promet Romain Ntamack. Le pire, c’est qu’il a très certainement raison… Mais il va falloir le prouver sur l’année et demie à venir.

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