Assassinat d'Aramburu : les suspects interpellés

  • Federico Martin Aramburu a évolue sous les couleurs basques du Biarritz Olympique. Ici lors de la saison 2005/2006 Federico Martin Aramburu a évolue sous les couleurs basques du Biarritz Olympique. Ici lors de la saison 2005/2006
    Federico Martin Aramburu a évolue sous les couleurs basques du Biarritz Olympique. Ici lors de la saison 2005/2006 Midi Olympique - Derewiany Patrick
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Les trois principaux suspects dans l’affaire de l’assassinat de Federico Martin Aramburu, samedi dernier, ont été interpellés. Dont deux militants d’extrême droite, qui ont déjà eu affaire à la justice.

Depuis mercredi midi, les principaux suspects dans l’affaire de l’assassinat de Federico Martin Aramburu - identifiés grâce aux témoignages de personnes présentes sur les lieux et à des images de vidéosurveillance - ont tous été interpellés. La première arrestation avait eu lieu samedi dernier, le jour même du décès du rugbyman argentin : elle concernait une certaine Lison. Cette femme de 24 ans, compagne présumée du principal suspect, est soupçonnée d’avoir conduit la Jeep d’où seraient partis les premiers coups de feu ayant visé la victime. Elle a été mise en examen mardi pour « complicité d’assassinat » et placée en détention provisoire. Dans des propos rapportés par nos confrères du journal Le Parisien, elle a déclaré au juge des libertés et de la détention qui l’a auditionné avoir « agi par instinct et par amour » : « J’ai dit aux garçons de partir. Je ne voulais pas que cela se passe comme cela […] J’ai dit aux garçons de ne pas se battre. Je suis tellement en colère et triste pour la victime. »

Après plusieurs jours de recherche, les deux principaux suspects ont été retrouvés et interpellés, en début de semaine. Mardi soir, c’est Loïk Le Priol, 27 ans, qui a d’abord été arrêté en Hongrie, près de la frontière ukrainienne, comme relaté par L’Agence France-Presse. D’après Le Parisien, Le Priol, principal suspect dans ce dossier, aurait été arrêté à Zàhony, sur le chemin de l’Ukraine où il a prétendu vouloir se rendre pour prendre part à la guerre opposant Ukrainiens et Russes. « Il a été stoppé lors d’un contrôle avant la frontière », a affirmé une source proche du dossier au quotidien national. Le lendemain, Romain Bouvier, 31 ans, accusé d’être le troisième occupant de la Jeep et d’avoir usé d’une arme à feux, était interpellé à son tour à Sablé-sur-Sarthe, à 3 heures de Paris.

Un duo déjà connu défavorablement

Mediapart a déjà publié des enquêtes portant sur les agissements de ces militants d’extrême droite qui ont longtemps fréquenté une bande rassemblant des militants du Front national de la jeunesse (FNJ) et du Groupe Union Défense (GUD), organisation étudiante française d’extrême droite. Le Priol - condamné à 19 et 23 ans pour des violences - et Bouvier étaient défavorablement connus des services de police : ils faisaient partie des cinq militants du GUD renvoyés en correctionnelle dans l’affaire de l’agression d’un ancien chef du Groupe Union Défense, en octobre 2015. En attendant le procès, qui doit se tenir le 1er juin après deux renvois (pour « violences aggravées » avec ITT supérieure à 8 jours, commises en réunion, sous la menace d’une arme, avec préméditation), leur contrôle judiciaire leur interdisait d’entrer en contact et de se voir, relate Libération. Le Priol n’avait d’ailleurs pas non plus le droit de venir à Paris.

Les deux hommes sont pourtant tous deux reliés à l’affaire de l’assassinat de Federico Martin Aramburu, dans la nuit de vendredi à samedi dernier. Loïk Le Priol est notamment accusé d’être l’auteur des tirs qui ont mortellement touché l’ancien international argentin. Cet ancien militaire était passé par l’école des mousses à Brest, en 2010, avant d’intégrer les commandos marines et de réaliser des opérations extérieures au Mali et à Djibouti, entre 2013 et 2015. Il avait été rapatrié en France en juillet 2015 sur recommandation des médecins militaires en raison d’un « état de stress post-traumatique sévère », d’après Marianne. En 2017, il avait été radié de l’armée pour motifs disciplinaires. Le Priol et Bouvier s’affichaient régulièrement armés sur les réseaux sociaux.

Julien Rochedy, ancien membre de la « bande » et ex-directeur du FNJ, a réagi sur Twitter ce mardi, à l’implication de son camarade dont il dit s’être éloigné. En faisant fi de la présomption d’innocence. Celui qui est devenu essayiste affirme que « ceux qui connaissaient Loik pensaient tous qu’il s’était calmé ». « La dernière fois que je l’ai croisé à Paris, il avait une copine, des projets, semblait apaisé. On était contents « qu’il aille mieux ». Comme on est content quand on croise un vieux pote qui semble remonter la pente. Puis vient cette information horrible sortie de nulle part. Une bagarre, l’alcool, les armes à feu, Loïk qui pète un plomb ». Julien Rochedy se dit « terriblement triste », « surtout pour la victime et sa famille », « puis aussi pour Loik qui vient de gâcher sa vie ». « Je veux juste qu’il se rende au plus vite et que la justice fasse son travail », avait-il alors conclu. C’était quelques heures avant que Loïk Le Priol ne soit arrêté.

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Vincent Bissonnet
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