XV de France : le succès de tous les rugbys

  • Le succès de tous les rugbys
    Le succès de tous les rugbys
  • Du côté de La Rochelle, par exemple, l’effort est conséquent lorsque l’on compte trois joueurs chez les Bleus comme ici Jonathan Danty, Uini Atonio (au côté d’Anthony Jelonch) ou encore Gregory Alldritt.   Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
    Du côté de La Rochelle, par exemple, l’effort est conséquent lorsque l’on compte trois joueurs chez les Bleus comme ici Jonathan Danty, Uini Atonio (au côté d’Anthony Jelonch) ou encore Gregory Alldritt. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
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Le Grand Chelem du XV de France est aussi le résultat d’un effort financier substantiel de la FFR et d’un climat apaisé avec la Ligue Nationale de Rugby. Décryptage.

"Je ne vais pas pleurnicher, ni regretter quoi que ce soit, mais il y a aujourd’hui un contexte politique apaisant et apaisé dans le rugby français." Le propos, sans aigreur, ni regret, est signé de l’ancien sélectionneur Marc Lièvremont (2007-2011). Une façon de souligner combien le XV de France est redevenu la priorité de toutes les composantes du rugby tricolore. Soyons clairs : jamais les Bleus n’ont bénéficié de moyens si larges. "Tous ces nouveaux présidents de clubs, tous les jeunes entraîneurs, tous ont compris l’importance pour le rugby français d’avoir un XV de France fort, ajoute alors celui qui a mené Dusautoir et sa bande en finale de la Coupe du monde 2011. Cette équipe de France n’a jamais eu autant de moyens à sa disposition. Quand je vois aujourd’hui l’attitude de Didier Lacroix ou Ugo Mola, alors qu’ils fournissent dix joueurs aux Bleus et qu’ils en souffrent, c’est du jamais vu. Il n’y a pas de grincement de dents ou quasiment pas. À mon époque, entre ceux qui espéraient que je me plante, ceux qui me regardaient avec condescendance et mépris, notamment chez les vieux de la vieille, le climat était tout autre."

Flash back. À son arrivée à la tête de la FFR en 2016, Bernard Laporte avait érigé la réussite du XV de France comme la priorité des priorités. "Remettre l’église au centre du village", répétait alors le "Kayser". Et force est de constater qu’il n’a pas lésiné sur les moyens. L’éviction du sélectionneur de l’époque Guy Novès a coûté plus d’un million d’euros à la FFR. Ensuite, il a accédé à tous les souhaits de Fabien Galthié en constituant notamment un large staff d’experts. Autour du sélectionneur, ils sont aujourd’hui 28 à œuvrer, chacun dans leur domaine de compétence. Une véritable armée mexicaine. Du jamais vu. L’impact financier pour la Fédération n’est pas anodin, mais c’est aussi le prix du succès.

 

L’Union clubs - FFR

Surtout, la nouvelle gouvernance a rééquilibré les forces dans le combat institutionnel. D’abord, par un bras de fer avec la Ligue Nationale de Rugby. Ensuite, dans une forme d’union sacrée après l’élection de René Bouscatel à la place de Paul Goze à la tête des clubs professionnels français. Ainsi, les Bleus jouissent désormais d’un confort de travail à rendre jaloux le sélectionneur anglais Eddie Jones. En vertu d’un accord signé entre les deux instances dirigeantes, Galthié a obtenu de pouvoir travailler avec un groupe de 42 joueurs pour s’entraîner en opposition réelle et avoir un squad paré aux éventuels pépins. "Il est loin le temps où un mec débarquait le mercredi soir à Marcoussis, faisait la mise en place le jeudi et était titulaire le samedi à Cardiff", en a d’ailleurs souri l’ancien troisième ligne centre Imanol Harinordoquy, trois grands chelems (2002, 2004 et 2010) au compteur. L’effort des clubs est colossal. Aux antipodes de ce que l’on a pu connaître il n’y a encore pas si longtemps. Galthié et Ibanez en ont conscience, eux qui ont passé leur temps à remercier les présidents du Top 14. "Pour présenter un projet cohérent, il faut avoir l’appui et le soutien des clubs, a souligné le manager au lendemain du grand chelem. Nous venons de passer huit semaines de compétition très intenses, avec des échanges permanents avec les clubs. On sent que le rugby français comprend le projet dans lequel nous voulons nous inscrire."

 

Plus de temps ensemble

Par-delà le nombre de joueurs mis à disposition du staff tricolore, ce sont aussi ces périodes de stages et de préparations étendues qui ont joué un rôle dans cette réussite. La génération Dupont passe beaucoup plus de temps ensemble que les précédentes. À Marcoussis ou ailleurs. Parce que le "quoi qu’il en coûte" vaut aussi pour les stages. Si le CNR est un outil jugé exceptionnel par beaucoup, Galthié a obtenu de la Fédération la possibilité de délocaliser certaines préparations. À Nice par le passé, dans la région de Marseille cette année. Mais aujourd’hui, la victoire n’a pas de prix.

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