Les adieux à Federico Martin Aramburu : « C’est toujours l’amour qui gagne »

  • Plus d’un millier de personnes ont assisté aux obsèques Federico Martin Aramburu.
    Plus d’un millier de personnes ont assisté aux obsèques Federico Martin Aramburu. - Pablo ORDAS
  • Les adieux à Aramburu "C’est toujours l’amour qui gagne"
    Les adieux à Aramburu "C’est toujours l’amour qui gagne" - Pablo ORDAS
  • Les adieux à Aramburu "C’est toujours l’amour qui gagne"
    Les adieux à Aramburu "C’est toujours l’amour qui gagne" - Pablo ORDAS
  • Les adieux à Aramburu "C’est toujours l’amour qui gagne"
    Les adieux à Aramburu "C’est toujours l’amour qui gagne" - Pablo ORDAS
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Les obsèques de Federico Martin Aramburu, assassiné le week-end dernier à Paris, ont eu lieu samedi après-midi à Biarritz. Plus de 1 000 personnes ont rendu un vibrant hommage à "Fede", qu’ils aimaient tant.

L’église Sainte-Eugénie de Biarritz était trop petite pour accueillir la foule immense qui s’était réunie, samedi après-midi, pour rendre hommage à Federico Martin Aramburu, sauvagement assassiné par balles le week-end dernier à Paris. Ils étaient plus d’un millier sous un doux soleil printanier à avoir répondu présent pour "Fede". Il y avait là le président de la Fédération française de rugby Bernard Laporte, celui de la Ligue nationale de rugby René Bouscatel, l’ancien patron du BOPB et de la Ligue Serge Blanco, l’associé d’Aramburu Shaun Hegarty, présent au moment du drame, ou encore le manager du Stade français Gonzalo Quesada, son ami.

Ses frères "Galactiques", avec qui il avait remporté deux boucliers de Brennus (2005, 2006), étaient aussi là, de Dimitri Yachvili à Thierry Dusautoir, en passant par Imanol Harinordoquy, Petru Balan, Benoit August, Thomas Lievremont ou Jérôme Thion, pour ne citer qu’eux. « Aujourd’hui, tu parviens encore à faire ce que tu aimais le plus. Réunir au dernier moment les gens que tu aimes et qui t’aiment. Sauf que ce moment, Fede, jamais on ne l’avait imaginé ainsi », a souligné son ami, Roger Aguerre.

Don Arnaud : « Un homme soucieux de la paix et révolté par l’injustice »

Le cercueil du trois-quarts centre argentin, porté par son capitaine de l’époque Thomas Lièvremont, Nicolas Brusque, Manuel Carizza ou encore Shaun Hegarty est entré dans l’église au son d’un puissant et vibrant "Agur Jaunak" (Adieu monsieur, N.D.L.R.), puis la cérémonie a été dirigée en français et en espagnol par le prêtre bilingue Don Arnaud, un proche de la famille. « Fede était et restera le soleil de beaucoup d’entre nous. Il était un homme soucieux de la paix et révolté par l’injustice », a rappelé ce dernier.

Pendant une heure et demie, un message de paix a été délivré par le prêtre et l’entourage de l’ancien international argentin (22 sélections). « Nous-mêmes, nous nous engagerons avec foi à vivre de l’amour de Dieu, en renonçant à toute idée de haine et de vengeance, en recherchant uniquement la justice, a affirmé Don Arnaud. Tous, nous sommes venus te rendre hommage et te dire de tout notre cœur, merci. Merci pour ton énergie et ta bonté. Merci pour ton amitié et ta combativité. Merci pour ton attention envers chacun. Merci pour ta joie et ton souci de tous. Ton départ réunit autour des tiens une famille qui semble aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Maintenant, tu es parti. Nous choisissons nous-mêmes de mettre notre énergie dans le cœur de Jésus, pour qu’avec toi, nous recevions toujours la force brûlante et douce de l’amour, pour établir ici-bas et pour toujours, un règne de justice et de paix. »

« Ne soyez pas en colère »

D’une dignité remarquable, sa femme, Maria, a aussi pris la parole, malgré sa douleur immense. « S’il y a quelque chose que Fede aurait voulu nous dire, actuellement, cela aurait été : la mort, ce n’est rien. Je suis juste passé dans la pièce d’à côté. Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours. Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait. Ne changez rien au ton. Ne prenez pas un air solennel ou triste. Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble », a-t-elle dit, soutenue par sa fille aînée.

Dans la foulée, sa maman, Cécilia Martin Aramburu, accompagnée de Thomas Lièvremont, a lu "Invictus", le poème de l’écrivain anglais William Ernest Henley. Elle a ensuite déclaré : « La solution face à tout ça, ce n’est pas la justice, les états ou la politique. C’est de cultiver des âmes invincibles, pour que nos enfants ne connaissent pas la haine. Une âme invincible, c’est ne pas laisser entrer la haine, c’est ne pas dénigrer celui qui est différent, celui qui est moins bon. C’est être tolérant avec celui qui est différent. »

Roger Aguerre, ancien entraîneur des équipes jeunes du Biarritz olympique et proche de la famille, a rappelé : « Tu prônais toujours la justice sociale, l’égalité entre les hommes et tu l’as défendu avec convictions ce soir-là. »

Il a ensuite raconté ces quelques "mots magnifiques" tenus par la maman d’Aramburu et celle de Maria, mardi. Après que Roger Aguerre leur ait confié être "triste et en colère contre ceux qui ont fait ça", les deux mamans répondirent : « Ne sois pas en colère. C’est toujours l’amour qui gagne." Fort face à ce drame, Aguerre a poursuivi : "Depuis mardi, ces mots résonnent en moi et m’aident à accepter l’inacceptable. Et elles ont raison, "Fede". C’est toujours l’amour qui gagne et qui guide nos vies. Tu aimais la vie, Fede, et tu aimais ce qui faisait vie. Nombreux sont ceux qui ont eu la chance d’être ton ami. Au milieu de la "bandera argentina" (le drapeau argentin, N.D.L.R.), dont tu as brillamment porté les couleurs, il y a un soleil. Je crois que je ne vais pas me tromper en disant, ici, que tu es le soleil de nous tous, tant tu illuminais de ta présence chaque moment passé avec toi. »

Une pluie d’applaudissements

Dans l’église Sainte-Eugénie, où le maillot rouge et blanc du club de football de La Plata "Los Estudiantes" était posé à côté du cercueil, les chœurs basques ont rythmé la messe. "Gurekin egon" (Reste avec nous, N.D.L.R.), bercé par la douce voix de la chanteuse Anne Etchegoyen, a retenti. La chanson "Y dale alegría a mi corazón" (Et donne de la joie à mon cœur, N.D.L.R.) du chanteur argentin Fito Páez, jouée à la guitare, est venue rappeler sa terre natale. Puis, en fin de cérémonie, l’ancien pilier droit argentin Omar Hassan a chanté, a cappella, un puissant "Ave Maria". Le cercueil est ensuite sorti sous une pluie d’applaudissements qui a duré de très longues minutes. Un hommage à la hauteur du personnage.

De la Côte basque à La Plata, sa ville natale, du CASI (Club Atlético de San Isidro, sa première équipe) au BO, en passant par Perpignan, Dax ou les Glasgow Warriors, les différents clubs pour lesquels il a joué, tous ceux qui ont eu la chance de croiser le grand homme qu’il était n’oublieront jamais sa gentillesse, sa joie de vivre communicative et son immense sourire. "Abrazo", Fede.

Pablo ORDAS
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