PRO D2 - Oyonnax, cap ou pas cap ?

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    Oyonnax, cap ou pas cap ? - Stéphanie Biscaye
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    Oyonnax, cap ou pas cap ?
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Pour atteindre un objectif de montée pleinement assumé, les Oyomen savent qu’ils vont devoir hausser leur niveau de performance.

Depuis le début de saison, Oyonnax s’est fixé un cap, orienté sans la moindre équivoque vers le Top 14. "Nous avons cette ambition de retrouver l’étage supérieur", confirme le président Thierry Emin en dressant un bilan, à six longueurs de la première échéance, celle de la fin de la phase qualificative : "Nous sommes sur le podium, donc en conformité avec nos ambitions. L’objectif désormais, dans cette ultime ligne droite, sera d’aller chercher l’une des deux premières places pour nous assurer une demi-finale à domicile. Il nous reste à disputer trois matchs à domicile, trois autres en déplacement. On nous dit que nous avons un calendrier plus facile que nos rivaux, je n’en suis pas convaincu. Les équipes que nous allons rencontrer ont toutes quelque chose à jouer. Il faudra gagner ces matchs qui auront un avant-goût de phase finale… et le premier sera celui qui va nous opposer ce vendredi à notre plus proche voisin, Bourg-en-Bresse."

Ce derby, attendu avec passion dans le Haut-Bugey, doit marquer un tournant pour projeter Oyonnax vers la phase finale, mais aussi pour lui permettre de se remettre dans le bon sens après avoir montré quelques faiblesses. Thierry Emin n’occulte pas cette réalité : "Si l’on se contente de regarder le classement, nous sommes en conformité avec nos ambitions, sur le podium, à deux points de la deuxième place que nous pouvons aller chercher en battant les Bressans." Mais il y a un "mais" dans cette analyse objective : "Nos dernières sorties ont été décevantes. À domicile nous sommes au rendez-vous, mais en déplacement nous n’avons pas été en mesure de réaliser des performances à la hauteur de nos ambitions."

Pieds d’argile ?

Thierry Emin, sans la moindre concession, va au bout de son constat : "Face aux six autres équipes qui constituent le groupe de tête, nous ne comptons qu’une victoire en déplacement, celle obtenue à Carcassonne. Toutes les autres équipes nous ont battus. Ces résultats doivent forcément nous interpeller sur notre capacité à gérer nos matchs loin de Mathon. Ils n’entament ni notre confiance, ni notre détermination, mais ils doivent impérativement nous pousser à trouver des solutions et à réagir."

Malgré la série de dix victoires consécutives réalisée au cœur du championnat, malgré la maîtrise affichée lors de certains matchs, malgré des statistiques qui tendent à plaider en sa faveur, le club de l’Ain ne se laisse pas griser. Réalisme et pragmatisme sont de longue date inscrits dans ses gènes. Thierry Emin n’hésite d’ailleurs pas à pointer du doigt l’un des défauts de la cuirasse : "Nous avons toujours la meilleure défense… mais ce n’est pas l’image qui a été renvoyée lors de nos trois derniers matchs en déplacement." Les chiffres sont en effet là, implacables, pour valider le propos du président oyonnaxien. En vingt-quatre rencontres son équipe n’a certes encaissé que dix-neuf essais, mais cette solidité défensive semble s’être sérieusement effritée lors des trois dernières sorties à Mont-de-Marsan, Montauban et Bayonne. Elles ont vu les Oyomen encaisser onze essais, dont sept lors du seul voyage sur les bords de la Nive, soit beaucoup plus que le cumul des vingt et une autres rencontres. "Il y a une remise en question à mener dans ce secteur dont nous avions fait l’une des bases essentielles de notre jeu en début de saison. Il faudra retrouver notre solidité défensive lors des prochains matchs", convient le manager Joe El Abd.

L’analyse portée par Thierry Emin pousse à une interrogation, le colosse oyonnaxien aurait-il des pieds d’argile ? La question n’offusque pas le président oyonnaxien. Il la formule lui aussi, en d’autres termes, en s’appuyant sur de récentes références comme pour mieux anticiper l’avenir : "Dans un passé récent nous avons perdu le match d’accession face à Grenoble en 2018, mais aussi les demi-finales des deux dernières saisons de pro D2 qui ont pu aller à leur terme, à Mathon face à Bayonne en 2019, puis à Perpignan l’an passé. Aujourd’hui nous devons passer un cap."

Un travail sur un plan Top 14

À bien y regarder le cap à franchir et celui à tenir tendent vers la même finalité, celle d’un retour dans l’élite. Dans ce contexte, face à de telles attentes, la confrontation avec Bourg-en-Bresse, pimentée de l’incomparable parfum d’un derby passionné, sonne comme le coup d’envoi d’un ultime round décisif, celui qui doit conduire Oyonnax vers son objectif tout en affûtant ses armes dans la perspective de la phase finale. "Pour nous cette phase finale débute face à Bourg-en-Bresse", n’hésite pas à affirmer Thierry Emin. Sans tirer de plan sur la comète, le président oyonnaxien a déjà réfléchi à la possibilité de voir son équipe franchir ce fameux cap qui peut la ramener en Top 14 : "Nous avons confiance dans un groupe qui a toutes les qualités pour réussir. En l’état on ne peut pas s’engager formellement, mais nous travaillons pour nous préparer à une montée. Nous avons pour nous l’expérience et si les portes du Top 14 s’ouvrent à nous, nous ne changerons pas notre modèle économique. Nous avons déjà engagé notre recrutement en nous attachant à remplacer les départs. Notre staff pour la prochaine saison est établi. S’il faut compléter le groupe pour faire face aux exigences du Top14, nous le ferons. Le club a toujours eu cette capacité à s’adapter".

Le club de l’Ain est plus que jamais résolu à franchir ce palier sur lequel il a buté lors de ses trois dernières tentatives. Alors, cap ou pas cap ?

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Jean-Pierre DUNAND
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