Transferts - Le Premiership va aussi avoir ses « Jiff »

  • Entre la sortie de l’Union européenne et les résultats en berne du XV de la Rose, la RFU planche sur un durcissement des quotas de joueurs étrangers dans l’élite. Avec de nombreuses conséquences.
    Entre la sortie de l’Union européenne et les résultats en berne du XV de la Rose, la RFU planche sur un durcissement des quotas de joueurs étrangers dans l’élite. Avec de nombreuses conséquences. ActionPlus / Icon Sport - ActionPlus / Icon Sport
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Entre la sortie de l’Union européenne et les résultats en berne du XV de la Rose, la RFU planche sur un durcissement des quotas de joueurs étrangers dans l’élite. Avec de nombreuses conséquences.

La progression constante du XV de France, en partie liée à l’instauration des quotas « Jiff », semble donner des idées aux dirigeants outre-Manche. À compter de 2024, les responsables du rugby anglais envisagent de restreindre plus durement le nombre de joueurs étrangers sur les feuilles de match de championnat. Une orientation aussi guidée par la sortie de l’Union d’Européenne de la Grande-Bretagne.

Selon les règles actuelles, les clubs de Premiership sont en principe autorisés à aligner deux joueurs étrangers sur les feuilles de match. Mais, détail de taille : ce quota n’inclut pas les joueurs sud-africains, fidjiens, tongiens et samoans, en raison d’une mesure adoptée par l’Union européenne datant de 2003. La Grande-Bretagne n’étant plus membre de l’UE, le Premiership va être amené à repenser ce point de règlement. Selon The Guardian, la RFU a choisi de maintenir la comptabilité actuelle jusqu’à la fin de la saison 2023-2024. Pour la suite, elle envisage un dispositif plus contraignant et protecteur. « La décision de savoir qui peut travailler au Royaume-Uni relève du gouvernement, a déclaré la RFU dans un communiqué. Les règles d’enregistrement et de classification des joueurs, cependant, relèvent de la RFU et, dans les limites de la loi anglaise, c’est la décision de la RFU de déterminer qui est classé comme joueur étranger ou non-étranger. » L’année dernière, la RFU avait fait part de son intention d’obliger, à terme, les clubs de Premiership à aligner au moins quinze « English-qualified players » (EQP) par rencontre. En Top 14, ce quota de joueurs locaux basé sur le procédé des « Jiff », est actuellement de 16 sur 23.

Le marché des transferts impacté

L’idée a visiblement fait son chemin : « À partir de l’été 2024, il y aura un nouveau système d’EQP et de nouvelles règles pour les joueurs étrangers, confirme la RFU. Il y a encore du travail à faire pour convenir des détails de ce sujet. […] L’intention est de passer à un système en vertu duquel les clubs de Premiership devront avoir un minimum de quinze « EQP» dans chaque équipe du jour de match […] afin d’offrir de meilleures opportunités de développement aux joueurs anglais tout en donnant une plus grande flexibilité aux clubs pour sélectionner des joueurs « non-EQP » de n’importe quelle nationalité.» Il ne devrait donc plus y avoir d’exception. La perspective de cette réforme aura des impacts directs sur les débouchés offerts aux jeunes Anglais mais aussi sur la présence des joueurs étrangers en Premiership. Les répercussions devraient être fortes sur le marché des transferts à l’échelle internationale. Et tout particulièrement sur le contingent d’éléments sud-africains présents outre-Manche : la saison passée, ils étaient quarante-cinq à évoluer dans l’élite. Dernièrement interrogé à ce sujet dans le Daily Mail, le directeur général de la Saru Rassie Erasmus a fait valoir son point de vue tranché : « Les gens disent que l’Afrique du Sud est stupide d’avoir permis à nos joueurs de partir. Est-ce stupide ? Regardez l’Angleterre : il y a six ou sept joueurs sud-africains qui remplacent les jeunes joueurs anglais dans les clubs de Premiership, a expliqué l’ancien boss des Boks. Pour nous, c’est merveilleux. Sur les trente-deux joueurs que nous suivons pour la sélection, ce sont 400 millions de rands qui n’ont pas à sortir de nos comptes. […] Est-ce bon pour l’Angleterre que Faf de Klerk soit devant Raffi Quirke à Sale ? Non. Est-ce bon pour l’Afrique du Sud ? Oui, ça nous va. » Tout cela risque donc de changer, d’ici deux ans.

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