L'édito : Vous avez vu le printemps ?

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L'édito du lundi 4 avril par Emmanuel Massicard.

Une hirondelle ne fait pas le printemps. Ou rarement. La vague de froid qui vient de nous filer la "grelote" générale ne dit pas autre chose des considérations météorologiques de ces premiers jours d’avril. Surtout, ne pas se découvrir trop vite. Et, surtout, n’oubliez pas de rapporter la chose au rugby. En ces lendemains d’après grand chelem, de liesse et d’allégresse, il ne sera pas vain de se souvenir des fondamentaux. Certes les "chelemards" sont là pour attirer le chaland et rendre la monnaie de sa pièce au Top 14. Certes, il convient de surfer le plus longtemps possible sur la vague, mais n’oublions pas l’essentiel à l’approche des phases finales, ce moment où le plus grand monde a les yeux rivés vers notre discipline.

Leçon n° 1 : si les "chelemards" sont nos meilleurs ambassadeurs, des produits 5 étoiles sur l’étalage du marketing sportif, ils ne sont pas inusables et deviendront certainement de plus en plus fragiles à force d’enchaîner les matchs. Il faudra donc les ménager. Un comble pour les clubs qui n’ont pu compter sur eux cet automne ou lors du Tournoi et qui doivent désormais tenter de rattraper le temps perdu. L’absence de Jalibert pèse toujours plus lourd sur les épaules de l’UBB ; Penaud est désormais blessé et Marchand également touché ; nous n’en resterons pas là avec les matchs "couperet", qui vont faire monter le degré d’intensité. Une vérité : à bientôt 500 jours du Mondial, les blessures des internationaux fileront des sueurs froides à Fabien Galthié.

Leçon n° 2 : les belles promesses du Tournoi et son fandango bleu-blanc-rouge ne gommeront pas la réalité. À l’approche de la phase finale du Top 14, avec dix candidats pour six places et chaque point qui vaut de l’or, ne vous attendez pas au grand spectacle, à la cavalcade et aux relances depuis les tribunes. Cette saison, le rugby du printemps sera costaud, viril, dense, direct et sans concession au niveau des rucks. Castres-Toulouse, Lyon-Toulon ou Bordeaux-La Rochelle ont donné le ton. Vous vous attendiez à de la légèreté et du style ? Allez-vous rhabiller et préférez donc le casque à pointe.

Leçon n° 3, et certainement la plus importante : les paillettes du monde pro ne doivent pas occulter le rugby des amateurs. Ce dimanche à Lavaur, qui accueillait Graulhet dans un vrai derby de Fédérale 1, ils étaient des dizaines à s’employer depuis le matin, ici pour préparer le repas officiel, là-bas autour des buvettes, ailleurs pour accueillir le public. Évidemment rien de différent de tout ce qui se vit ailleurs, dans les Pyrénées, en Bourgogne, dans le Nord ou en Bretagne. Mais assez pour nous dire combien ce rugby de l’ombre, celui des territoires et des troisièmes mi-temps, est essentiel pour maintenir le lien, de Terrasson au Havre en passant par Argelès-Gazost, Puteaux, Alban ou Saint-Laurent-du-Pont.

Qu’importe le niveau de compétition, le rugby français doit tirer sa force des territoires et de ses compétitions de proximité. À l’heure des phases finales et de la réforme des compétitions qui va pointer son nez, espérons ainsi que les clubs ne soient pas tous aspirés par des délires de puissance souvent mégalomaniaques. Persuadés que l’herbe est forcément plus verte à l’étage au-dessus. C’est pourtant le printemps.

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Emmanuel MASSICARD
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