Pro D2 - Mont-de-Marsan, l’impressionnant leader qui soulève les foules

  • Les Montois réalisent une saison exceptionnelle en Pro D2, ils peuvent viser une montée en Top 14.
    Les Montois réalisent une saison exceptionnelle en Pro D2, ils peuvent viser une montée en Top 14. Icon Sport
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Les performances montoises suscitent un engouement qui dépasse largement les frontières de la préfecture landaise, preuve en est les 10000 spectateurs réunis pour le derby face à Bayonne.

De mémoire de supporter montois, il y a bien longtemps qu’on n’avait pas vu une foule aussi dense que celle qui se pressait dans l’enceinte du stade Boniface à l’occasion de ce duel basco-landais.

Et si les averses et le vent glacial ont un peu douché l’enthousiasme au cours d’un match moins spectaculaire qu’on ne l’espérait, il n’en reste pas moins que l’avant et l’après-match auront été (très) festifs. Il fallait jouer des coudes pour accéder à son strapontin ou au comptoir, façon sortie de corrida ou apéro dans les bodegas et casetas les soirs de fêtes de la Madeleine.

Les Montois et Bayonnais réunis piaffaient d’impatience à l’idée de savourer ce genre d’ambiance, et cette rencontre leur en a donné l’occasion. D’autant plus qu’elle se situait au sommet de ce championnat, avec un énorme enjeu à la clé.

Bien sûr, la proximité des deux villes, leurs chromosomes communs autant que leur rivalité ont été des facteurs supplémentaires à cet engouement. Mais c’est d’abord et avant tout le Stade Montois qui, à l’occasion de cette rencontre, a pu mesurer le capital sympathie qu’il est en train de faire grandir autour de lui.

C’est que le club de la ville aux trois rivières, qui reste un modèle de régularité au plus haut niveau du Pro D2, se situant ainsi dans le top 20 du rugby français, ce qui n’est pas une mince performance, a toujours entretenu un modèle quelque peu atypique, basé sur des racines locales, un état d’esprit familial et un mode de fonctionnement interne un peu décalé, comme le prouvent les thèmes choisis collectivement à l’occasion de chaque bloc.

La vertu des produits locaux

Capable de faire régulièrement éclore les jeunes talents du département, il se pose aujourd’hui clairement comme le porte-drapeau du rugby landais. Cette fierté de représenter un territoire où il fait bon vivre, même les joueurs étrangers se l’approprient comme ils s’approprient l’histoire centenaire du club, qui a fourni tant de joueurs de talent au rugby français.

Willie Du Plessis, qui sera le grand absent de cette fin de saison excitante, ne disait pas autre chose il y a quelques mois lorsqu’il expliquait qu’il avait eu, dès son arrivée, l’impression d’être ici chez lui. L’argentin Carlos Muzzio, au club depuis si longtemps, pourrait dire la même chose, comme les Fidjiens, dont l’histoire d’amour avec le Stade Montois a débuté avec Waisale Serevi, il y a plus de 20 ans.

Cette culture locale, comment mieux l’incarner qu’avec un staff 100 % landais, pour ne pas dire 100 % montois ? Rémi Talès, formé au club, fils d’un ancien pilier et éducateur ; Julien Tastet, qui a effectué toute sa carrière à Mont-de-Marsan ; Stéphane Prosper, arrivé au Stade Montois en junior en provenance de Tartas ; Patrick Milhet, le manager, au club depuis 2006 en provenance de Tyrosse ; Romain Mareuil, formé à l’école de rugby du Stade Montois. Il suffit d’entendre les propos de Patrick Milhet justement après la victoire face à Bayonne, pour mieux comprendre à quel point l’identité locale a de l’importance : "Cette victoire, même si elle a été très difficile à arracher, nous rend heureux. Pour les joueurs, c’est une belle récompense. Nous leur avions dit avant le match qu’ils étaient les ambassadeurs du département et qu’on ne pouvait pas décevoir ce public. Nous sommes fiers de l’avoir emporté, aussi pour eux et pour cette identité landaise que nous partageons."

Voilà qui explique pas mal de choses, mais pas tout.

Car les résultats et le contenu des prestations montoises pèsent bien sûr d’un certain poids dans cette identification collective. Passées pour une anomalie sympathique en début de saison, les performances du groupe jaune et noir sont ensuite devenues objet de curiosité, avant de se transformer en évidence. Oui, le Stade Montois est aujourd’hui une équipe de très haut niveau dans sa catégorie. Sa réussite n’est plus un hasard mais le fruit d’un travail exigeant, d’un état d’esprit irréprochable. Autant de paramètres auxquels il est d’autant plus facile de s’identifier qu’ils se traduisent sur le terrain par un rugby ambitieux et spectaculaire. Pour toutes ces raisons, le club jaune et noir, même s’il reste un petit parmi les gros, mérite le plus grand respect du monde du rugby.

Rendez-vous à Boni

À cinq journées de la fin de la saison régulière, voici donc le Stade Montois largement en tête du championnat, avec 9 et 10 points d’avance sur ses poursuivants directs, Oyonnax et Bayonne, dotés pourtant d’un budget deux fois plus important. Plus éloquent : 26 points d’écart avec le 4e pour 80 % de victoires, à ce jour.

On mesure mieux, avec ces chiffres, l’incroyable saison du Stade Montois. Elle ne le prémunit pas de futures déconvenues, toujours possibles. Mais quoi qu’il arrive, cette saison restera dans les annales du club et devrait donner une assise encore consolidée pour les années à venir. Et si une demi-finale à domicile venait récompenser ce groupe plein de vie, d’énergie et d’ambition, il serait temps pour tous les Landais de se précipiter vers la capitale du département. Pour remplir encore une fois jusqu’à la gueule le stade des frères Boniface.

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Pierre BAYLET
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