Top 14 - Toulon, quel boulet de canon !

  • Depuis l’arrivée de Franck Azéma, les Toulonnais sont métamorphosés. Photo Icon Sport
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les Rouge et Noir sont devenus le poil à gratter du Top 14. En un mois, ils sont passés de la lutte pour le maintien à un prétendant aux phases finales. Le druide Azéma a trouvé la bonne formule. Autopsie d’un renouveau.

Comme un ouragan, le RC Toulon déferle à toute vitesse sur le Top 14. En un mois, le club estampillé au muguet est passé de la sinistrose aux rêves en prenant 28 points sur ses 8 dernières sorties. Au-delà de l’aspect comptable, comment le RCT de Franck Azéma s’est-il métamorphosé ?

Débarqué en octobre en Rade, après le départ de Collazo, l’ex-manager de l’ASMCA a réalisé un rapide audit de l’entité RCT. Il a beaucoup écouté, échangé notamment avec les clubs de supporters. L’analyse était limpide : Toulon était fracturé. Ces scissions étaient prégnantes dans le vestiaire entre les soutiens – ils étaient devenus peu nombreux – et les frondeurs. Ces derniers ont déclenché le courroux de la direction sportive. Elle a pointé un manque de loyauté envers le blason. « Dans un projet, il faut un fédérateur. Rien n’est bon dans la division, et il y en avait. C’est sa plus belle réussite », livre un habitué du Campus. « Son discours vers les autres a apaisé les relations, accentue Aubin Hueber, champion de France 1992. Il amène du calme et de la sagesse. »

Si Collazo cristallisait les tensions au sein de son staff et chez les joueurs, Azéma s’est évertué à déléguer en profitant des compétences des forces en présence : « On sent plus de partage avec le staff en place, avoue un joueur de l’effectif. Avant son arrivée, les adjoints n’avaient pas trop le droit d’exprimer leurs idées. » Sur le pré, le groupe n’a pas connu « une révolution ». Le natif d’Ambilly a bâti sur les fondamentaux (mêlée et défense) et a pointé des carences : « On a beaucoup travaillé sur nos déplacements pour nourrir le sens, nous a confié Hériteau. À mon poste, on a repris la base en axant sur le timing de mes courses. J’ai déjà beaucoup appris. » En témoigne son doublé sur des lancements cousu-main face aux Rhodaniens. « Les entraînements (vidéo et terrain) sont qualitatifs, la présentation du projet a été claire, le groupe a adhéré. » Également au planning, qui laisse la part belle à des après-midi libres, au détriment de journées interminables enfermées au Campus : « Il a su être intelligent en nous responsabilisant. On a envie de lui rendre », confie un « gros ». « Son discours et son management sont francs. Si on le déçoit, comme à Brive, il peut gueuler. Depuis, on arrête les excuses. Il crée moins de frustration dans sa gestion humaine. Les ego de côté, le bien du club est plus important que tout. »

Enfin de la continuité !

Toulon a aussi bénéficié d’un effet d’aubaine : les retours de blessés de longue date (Ollivon, Etzebeth, Paia’aua…). À force d’enchaîner les prestations, une colonne vertébrale s’est consolidée (Tolofua, Parisse ou Isa, Serin, Carbonel, Luc) et une équipe type s’est dégagée : « C’est plus facile de jouer avec des joueurs de cette classe, poursuit Hueber, qui vient de relancer l’amicale des anciens du RCT avec des comparses (Champ, Blachère) dans le but de structurer leurs actions. Ils ne se reconnaissaient pas dans le rugby de Collazo. Un entraîneur viré, des mauvais résultats, la remise en question a forcément été importante. »

Du maintien aux phases finales, la génération championne en 1992 a montré la voie. Une filiation est-elle née ? « (Rires) Je me faisais la réflexion, sourit l’ex-demi de mêlée. À l’époque, on s’est dit les choses et notre niveau de jeu s’est haussé. Franck a de l’expérience, mais sans les joueurs, un manager n’est rien. C’est le cumul des deux. S’ils veulent marcher vers ce chemin, qu’ils n’hésitent pas, il faut y aller. » Revenu de l’enfer, Toulon ne s’interdit pas de regarder les sommets.

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Mathias MERLO
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