Le retour de Teddy Thomas, à Toulon la vie est belle... Les opinions du Midol

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Teddy Thomas faisait son grand retour sous les couleurs du Racing 92, la prestation XXL de Barlot avec le CO, le talent de la charnière du côté de La Rochelle, au RCT la vie est belle tandis qu'Aguilera est passé par toutes les émotions... Retour sur le week-end de Top 14 avec les opinions du Midol !

Aguilera est passé par toutes les émotions

Les amoureux du Biarritz Olympique s’étaient donné rendez-vous, samedi, pour ce qui devait être une belle journée, une « fête » entre voisins mais aussi un moment fort en émotion, deux semaines après la disparition tragique de Federico Martin Aramburu, sauvagement assassiné à Paris. L’après-midi commença donc par un vibrant hommage rendu à l’ancien centre argentin. Pendant la percussion corporelle du chœur des Colibris, l’Aurresku (une danse basque, N.D.L.R.), « la Mano de Dios » ou encore le discours poignant de Nicolas Brusque, Aguilera se rappela de « Fede », de son élégance sur le terrain et de son sourire communicatif.

Et puis, on sentit, dans les rangs des supporters basques, une sorte de dépit. Celui de voir le BO mené 20 à 0 très tôt dans la partie, après un début de match catastrophique. Peut-être de l’agacement, aussi, puisque les Biarrots avaient annoncé avoir coché cette rencontre « plus à notre portée que d’autres », pour finalement rendre une telle copie. Sous un soleil printanier, l’espoir fit ensuite son retour, lorsque Lucas Peyresblanques marqua deux essais en quatre minutes (49e, 53e), pour ramener son équipe à onzepoints (12-23, 53e).
L’espoir, cependant, fut de courte durée et avant de quitter l’enceinte biarrote, on aperçut un brin de fatalisme dans le regard de certains supporters. Ce Top 14 était finalement trop grand pour le Biarritz olympique. Même s’il n’a pas démérité et qu’il a, par moments, montré des choses intéressantes, le club basque n’avait définitivement pas les armes nécessaires pour batailler, sur la durée, dans la cour des grands et au sein de ce championnat qui est sans pitié, avec les promus. Pablo ORDAS.

Clermont - Brive, un jeu de massacre

Une des images les plus marquantes et effrayantes de ce Clermont-Brive restera évidemment l’impressionnant K.-O. de Guillaume Galletier, électrocuté après un choc avec le genou et le coude de Judicaël Cancoriet, la faute à une technique imprécise de plaquage qui le vit engager la mauvaise épaule, dans le feu de l’action… « Quand je le vois se baisser, j’engage mon appui pour bien impacter avec l’épaule, mais sa tête vient heurter mon genou, se souvenait le flanker clermontois. Je dis tout de suite à l’arbitre qu’il faut arrêter la rencontre. Quand on voit son adversaire tomber comme ça, ça fait bizarre… Heureusement, des amis Brivistes m’ont dit qu’il était conscient et se portait plutôt bien. » Après une nuit d’observation à l’hôpital de Clermont, Galletier a pu rejoindre la Corrèze dès le lendemain.

Mais, grands dieux, que cette image fit froid dans le dos, les yeux exorbités du centre briviste puis sa longue inertie au sol faisant parcourir sur le stade Marcel-Michelin un long frisson d’effroi, au point de pratiquement occulter la blessure du pur-sang local Damian Penaud, dont la cheville était restée quelques secondes plus tôt méchamment plantée dans le gazon, sous le poids de Stuart Olding… Si bien que c’est sous les applaudissements nourris de tout le stade que Guillaume Galletier quitta la pelouse clermontoise, saucissonné dans sa couverture de survie, le pouce levé comme pour rassurer tout son monde, à commencer par lui-même. Peut-être la plus belle image de fraternité d’un derby (trop) rapidement privé de tout suspense d’un strict point de vue sportif, la faute à une domination sans partage des Auvergnats au rayon de l’impact physique sur la ligne d’avantage. Cette même domination qui causa la commotion de Galletier, mais aussi celle de Giorgadze quelques minutes plus tard, ainsi que les blessures aux épaules de Laranjeira et Douglas. Jeu de massacre, vous avez dit? Et le pire, pourtant, c’est que les Auvergnats n’ont peut-être jamais autant recherché les intervalles que ce samedi… Nicolas ZANARDI.

Guirado, what else ?

Samedi, Aimé-Giral a assisté à un scénario vu et revu : un match dans lequel, malgré toute sa bonne volonté et des atouts indubitables, l’outsider a fini par craquer devant un leader au réalisme implacable. Le plus remarquable, dans l’après-midi catalane, aura été ailleurs. On ne parle pas là, de l’arbitrage du Gallois Craig Evans ayant « permis» à la première période de durer une heure montre en main mais de l’hommage de tout un stade à un adversaire pas comme les autres.

Pour sa première dans l’arène catalane depuis son départ à l’été 2014, Guilhem Guirado a reçu une ovation rare à son entrée sur le terrain. Une marque d’affection rare pour l’ancien capitaine des Bleus : « Ça représente beaucoup d’émotions. J’ai pris énormément de plaisir à refouler cette pelouse. J’avais beaucoup d’appréhension. Ça a été délicat à l’arrivée au stade mais j’ai eu un très bel accueil. Je ne m’y attendais pas forcément, je ne savais pas à quelle sauce j’allais être mangé. » Le talonneur aurait même pu avoir une deuxième salve d’applaudissements s’il n’avait pas été remplacé dans l’anonymat de la mi-temps. Son manager, Philippe Saint-André, en a décidé autrement. Sans le vouloir : « J’ai fait une faute de management. Guilhem Guirado aurait mérité cinq minutes de plus pour avoir une ovation. Mais à la mi-temps, Mohamed Haouas n’était pas bien. Il était malade. Je n’ai pas réfléchi, je me suis dit : « On va changer toute la première ligne. » J’avais fait exprès d’avoir deux grosses premières lignes pour ce match. J’ai réfléchi stratégie d’équipe et pas management. Je m’en suis excusé auprès de Guilhem devant tout le groupe. Il aurait dû pouvoir se faire applaudir une dernière fois dans ce fabuleux chaudron. Heureusement qu’il était entré en premier. »

La troisième mi-temps aura ajouté un joli point final à l’hommage de celui qui fait encore l’unanimité à Aimé-Giral, huit ans après son départ : ils étaient une vingtaine de ses anciens partenaires à avoir effectué le déplacement pour célébrer sa dernière à la maison. Aux grands joueurs les grands hommages. Vincent BISSONNET.

Avec Barlot aussi, c’est du banc XXL

Rappelez-vous tous les superlatifs employés pour qualifier le banc de touche XXL du Stade toulousain, une semaine plus tôt, face à Lyon. À juste titre, vu le nombre de titulaires actuels du XV de France qui s’y trouvaient : Baille, Marchand, Cros, Dupont et Ntamack. Ajoutez à cela Faumuina et Tekori et comprenez que cela n’avait pas de quoi faire rire l’adversaire.Ce fut d’ailleurs payant pour Ugo Mola puisque, sur l’essai décisif aplati par le chelemard Thomas Ramos, tous les autres Bleus ou presque avaient touché le ballon et fait des différences.
Samedi, du côté de Castres, c’est Pierre-Henry Broncan qui avait décidé de miser sur la même recette.Beaucoup (mais alors beaucoup) moins de sélections parmi les remplaçants mais la présence – pas anodine- de Gaëtan Barlot, le représentant du CO en équipe nationale actuellement. Et si le talonneur et habituel capitaine – qui avait débuté les trois tests en Australie l’été dernier et était entré en jeu lors du succès face aux All Blacks en novembre- avait été gardé en réserve, cela ne devait rien au hasard.Avec des ressources moins importantes que son visiteur, Broncan voulait justement contrer la puissance toulousaine dans le deuxième acte.Et il avait choisi pour cela de parier sur son principal homme fort. Ce fut un coup de maître.
Sur l’un de ses premiers ballons, Barlot s’était déjà offert une chevauchée dans la défense adverse. C’est surtout lui qui a inscrit le seul essai des siens au terme d’un exploit personnel qu’il avait débuté en cassant le plaquage de Peato Mauvaka. En une seule mi-temps, il s’est proposé dix fois pour attaquer la ligne et a réalisé dix plaquages. En clair, il a totalement changé le visage du CO et fait basculer le match. Et ça aussi, c’est vraiment XXL. Jérémy FADAT.

Le talent d’une charnière

Un vrai rendez-vous rugueux de Top 14, avec une échauffourée précoce pour faire monter la pression. Ce match Bordeaux-Bègles-La Rochelle avait des allures de phase finale. Avec quelques degrés de plus dans l’atmosphère, ce duel très serré aurait pu passer pour un barrage de fin de saison, entre un troisième et un sixième par exemple. Ce fut la grande vertu de ce match: un rugby de force, de tension, de tactique, un feuilleton qui a tenu tout le monde en haleine jusqu’au bout.
La Rochelle s’est finalement imposée in extremis pour se replacer franchement dans la bataille du top 6. Et pour tirer les conclusions de cette soirée, mieux vaut s’en tenir à des constats simples : les Maritimes ont su marquer deux essais contre zéro.
Celui de l’ailier Raymond Rhule nous a marqués par sa limpidité. Il était beau comme l’antique, intemporel même dans sa conception. Une mêlée à 5 mètres sur l’aile gauche, un pack rochelais qui avance légèrement, juste ce qu’il faut. Mais un ballon qui sort vite, peut-être un peu trop. C’est alors que s’est exprimé le talent d’une charnière : Tawera Kerr-Barlow réussit une passe instantanée avec ce ballon qui traînait au sol pour servir son ouvreur et compatriote, Ihaia West, auteur d’un appel côté fermé.
Ce simple acte de complicité suffit à ouvrir une brèche dans le couloir, pourtant étroit, de l’aile droite bordelaise. Les Girondins n’avaient laissé qu’une sentinelle à cet endroit : Federico Mori.
Un petit saut de cabri de West, une fixation impeccable sur le défenseur et une conclusion comme à la parade de Rhule. Il y a des moments où le rugby, ça semble presque facile. Comme dans un mirage. Jérome PREVOT.

À Toulon, la vie est belle

Tout a sûrement déjà été dit et écrit sur Gabin Villière et Cheslin Kolbe, sur l’omniprésence du premier aux quatre coins du terrain – à tel point qu’on devrait demander une dérogation pour ajouter entre parenthèses les numéros 2, 6, 9 dans son dos – et les appuis de dingue et le talent du second. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas saluer leur numéro de duettistes samedi soir à Gerland, bien servi par un collectif varois enfin au point.
Pour leur deuxième association seulement cette saison, on a eu l’impression de ne voir qu’eux, pas seulement parce qu’ils arborent tous deux un casque rouge. Sur la pelouse synthétique, ils ont cumulé deux essais, cent soixante-dix mètres parcourus et neuf défenseurs battus, auxquels le chelemard a ajouté trois turnovers gagnés. Ils ont complètement éclipsé leurs homologues lyonnais, Josua Tuisova et Noa Nakaitaci, maîtres des statistiques du poste la saison dernière (nombre d’essais marqués, défenseurs battus, nombre de passes après contact).
Le premier, pourtant imposant, a été invisible. Mais encore faut-il avoir des ballons pour être vu… Le second a tenté d’aller les chercher justement, les ballons. Sans succès, sauf pour l’ailier sud-africain. Au niveau de ses 22 mètres, l’ancien Clermontois sauva une pénaltouche, expédiée de l’extérieur du pied par Louis Carbonel. Mais Cheslin Kolbe avait suivi, ramassa le ballon et mystifia Nakaitaci et Arnold pour mettre le Lou K.-O. debout.
En toute fin de match, Gabin Villière réparait une drôle d’anomalie en inscrivant son premier essai en Top14 cette saison. Le duo n’a sûrement pas fini de donner des maux de tête aux adversaires des Toulonnais… Sébastien FIATTE.

Teddy Thomas, ombres et lumières

Ce match fut finalement un condensé de tout Teddy Thomas.Ce que chacun aime et trouve irrésistible chez ce joueur.Mais aussi ce qui frustre, voire horripile, certains par instants.Au bout de trente-cinq minutes, il est aisé d’en tirer la conclusion que l’ailier international vivait une soirée en enfer.Du moins, qu’il n’était clairement pas dans son assiette.Il n’y avait d’ailleurs qu’à jeter un œil sur ses statistiques individuelles.Deux pénalités concédées, dont une pour une gifle vraiment inutile sur la tête d’un adversaire.Aussi deux ballons perdus, dont un arraché sans qu’on ne sache comment. Et la réussite n’était pas de son côté puisque c’est lui qui avait malheureusement contré le ballon qui avait atterri dans les mains de Lester Etien pour l’essai de ce dernier.Bref, un sale bilan quoi...

Oui mais voilà, Teddy Thomas ne ressemble à aucun autre joueur et c’est certainement ce qui fait tout son charme. Le Racingman est un talent brut, capable de vous sortir un exploit n‘importe où, n’importe quand. Et c’est ainsi qu’en moins de dix minutes (avec la pause entretemps tout de même !), il s’est offert un doublé. ça, c’est Thomas ! Sur son premier essai, l’ancien Biarrot a une nouvelle fois montré qu’il possédait une vitesse de course qui n’a que peu d’égal dans le championnat, ce qui lui a permis de devancer tous les Parisiens dans l’en-but pour être à la réception du coup de pied à suivre de Tanga.Sur sa deuxième réalisation, il a profité de l’inspiration de Le Garrec, lequel a choisi de partir petit côté, pour planter un vrai essai d’ailier.Sans oublier son déboulé qui a mené à celui de Lauret. Teddy Thomas, on l’aime ou pas et ce n’est certainement pas ce match qui va récconcilier ses plus grands fans et ses pires détracteurs. Mais Thomas, on le prend comme il est.Définitivement. Jérémy FADAT.

 

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