Il était deux fois dans l’Ouest

  • Cameron WOKI (Bordeaux-Begles) and Gregory ALLDRITT (La Rochelle).
    Cameron WOKI (Bordeaux-Begles) and Gregory ALLDRITT (La Rochelle). Icon Sport - Icon Sport
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Bordelais et Rochelais vont se retrouver au meme endroit une semaine après une premièr emanche pleine de tension. les Rochelais ont pris un avantage psychologique, mais le manager a tout fait pour inverser la tendance.

En piste pour l’acte 2 de ce rugby français à la sauce play-off de NBA. Ou au drame shakespearien en trois actes. Fait très rare dans le rugby français, nous allons donc assister à deux affiches identiques à une semaine d’intervalle. En attendant une troisième étape une semaine plus tard.

Le lieu sera le même, le Stade Chaban-Delmas et non le Matmut Atlantique, ce qui aurait pu pimenter l’événement selon Christophe Urios. La température aussi promet d’être plus clémente, puisqu’a priori l’épisode sibérien sera terminé.

Pas la peine de se cacher, les Rochelais ont pris un avantage psychologique samedi dernier. Ils se sont imposés, certes de peu et à la dernière minute, mais en marquant deux essais contre zéro et en faisant une démonstration physique et athlétique. Un coup de maître articulé autour deux atouts maîtres, Will Skelton et Uini Atonio.

Et puis, les deux clubs s’affrontent désormais dans le cadre de la Coupe d’Europe, une compétition censée être primordiale pour les Rochelais. Peut-être un peu moins pour les Bordelais, réputés plus concentrés sur le Top 14. On sent notamment Ronan O’Gara très investi sur cette scène continentale. La Rochelle a réussi une belle campagne jusque-là : trois victoires et un match annulé, avec un match référence à l’extérieur, cette victoire 38-30 à Glasgow en janvier, sans Skelton en plus. Et les Rochelais souffrent encore de leur défaite en finale 2021, 22-17 face à Toulouse, avec ce carton rouge de Botia qui avait plombé leurs chances de l’emporter et ces trois tentatives de West sur les poteaux. Tous les clignotants sont au vert pour les Maritimes et leur série de cinq victoires en six matchs dont ce 19-0 face au Racing. Seule la suspicion de commotion de Dany Priso peut jeter une ombre au tableau, car les piliers gauches patentés peuplent l’infirmerie (Wardi et Aouf y sont déjà).

Malgré l’avantage du terrain, les Bordelais se sentiraient presque en position d’outsiders. Pour eux, la séquence internationale a clairement tourné à la soupe à la grimace. Les blessures et les suspensions ont coûté trop cher aux Bordelais, obligés de jouer sans deuxième ligne de métier samedi dernier et toujours privés de leur créateur offensif numéro un, Matthieu Jalibert.

"Le rugby, c’est le combat des villages"

Christophe Urios n’a pas caché qu’il avait son groupe touché samedi soir après cette ultime pénalité assassine. On a vraiment senti que le manager bordelais jouait sur la corde de l’orgueil de son groupe. L’appellation "derby", ne lui fait pas peur et il compte bien la cultiver. Lui qui s’est asticoté avec Ronan O’Gara sur le bord du terrain n’a pas du tout renié le caractère électrique de la première confrontation.. Mardi, le manager de l’UBB est revenu sur cette tension, sans la regretter. Si l’épisode doit être chaud et intense, ça ne lui posera aucun problème : "Oui, j’ai envie de ça. Ça me plaît, c’est un match de phase finale contre un adversaire qu’on n’apprécie pas forcément. J’aime ces chapelles, ça m’excite. J’aime quand, on est différent, quand parfois on ne se respecte pas. Oui, ça me plaît. Pour moi le rugby c’est le combat des villages, même si maintenant, on parle de grandes villes. Oui, la semaine dernière il y avait de la tension. Pas de la pression, de la tension ! C’est pour ça que je suis entraîneur… Vous me parlez de rivalité ? C’est un derby, non ? La semaine dernière, nous avons joué comme un derby. Ça faisait trois fois qu’on ne se comportait pas comme dans un derby. Là j’étais content. Oui, c’est un vrai test de caractère pour les joueurs. Les matchs aller-retour inédits mettent du piment. Oui, avec un peu de tension. Si on jouait contre Copenhague, ça serait différent. Là nous sommes tombés contre un rival. Le match de la semaine dernière était un match de phase finale. Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vécu ça en termes d’intensité. Cette confrontation sera un révélateur de la fin de la saison. Ce n’est pas le moment de mollir. Il ne faut pas perdre le cap. Tout le monde était déçu samedi. Ça sentait même la mort dans le vestiaire, comme si nous avions fini la saison. Mais nous n’avons pas fini la saison, nous sommes toujours seconds en Top 14, nous avons une marge d’une victoire bonifiée en championnat. Le calendrier ne nous est pas forcément favorable, mais il ne sera pas forcément pour nos concurrents surtouts s’ils jouent contre nous."

Retour d’une vraie deuxième ligne à l’UBB

Ce sentiment de revanche, transparaissait dans les propos des joueurs croisés mardi, lors de l’entraînement délocalisé à Lormont. "Je répète que le match de samedi était un match de phase finale, je suis convaincu que les deux prochains seront du même genre. Il ne faut pas perdre le cap. Tout le monde était déçu samedi, ça sentait même la mort dans le vestiaire, comme si nous avions fini la saison. Mais nous n’avons pas fini la saison, nous sommes toujours deuxièmes en Top 14, nous avons une marge d’une victoire bonifiée en championnat. Le calendrier n’est pas forcément favorable mais il ne le sera pas non plus pour nos concurrents qui joueront contre nous. Les deux matchs qui arrivent participeront à ça", reprit Urios très en verve.

Il y aura aussi des éléments objectifs qui pèseront dans la balance. D’abord le retour de Jefferson Poirot, pilier et capitaine, combattant et gratteur hors pair. Puis enfin du sang neuf en deuxième ligne Kane Douglas a purgé sa suspension et Jandre Marais, qui a joué la fin du premier match, sera davantage compétitif après sa longue blessure. "Face à La Rochelle, équipe dense, il faut des joueurs denses en deuxième ligne. Cameron (Woki) et Louis (Picamoles), n’avaient pas ce profil. Même si Louis a été bon, alors que j’ai trouvé Cameron un peu émoussé. Face au Stade français, il avait été à son aise mais contre La Rochelle, ce fut plus dur avec tous ces rucks à faire face à des adversaires si forts. Avec des spécialistes, je pense quand même que nous aurons plus d’épaisseur. Certains étaient touchés samedi c’est vrai. Mais ils ont bien rebondi finalement, nous sommes en train de remonter la pente. Je l’ai vu aujourd’hui à l’entraînement."

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