Toulouse, si t’es champion, appuie sur le champignon

  • François Cros et les Toulousains le savent, ils doivent monter le curseur pour vivre une belle fin de saison. Photos Icon Sport
    François Cros et les Toulousains le savent, ils doivent monter le curseur pour vivre une belle fin de saison. Photos Icon Sport
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Malgré le retour des Bleus, le champion en titre fut poussif le week-end passé, dans la lignée d’une saison mitigée. Mais il est l’heure de basculer dans une autre dimension.

Avant le déplacement à Castres, l’entraîneur des avants Jean Bouilhou avait annoncé la couleur : "Ce qu’on veut, c’est bien figurer dans le top 6 en championnat. Mais notre challenge, c’est aussi de bien figurer en Coupe d’Europe. On a trois semaines charnières et, à partir de là, on aura peut-être plus de visibilité pour savoir quels sont nos objectifs. On a la chance de pouvoir défendre nos deux titres." En ce sens, la défaite du champion de France et d’Europe à Pierre-Fabre samedi dernier n’a pas vraiment changé la donne, même si elle a encore aminci la marge des Rouge et Noir à l’instant de gérer cette fin de saison.

"Le calendrier va être chargé jusqu’à la fin et cela dépendra aussi de notre parcours en Coupe d’Europe, ne cache pas Antoine Dupont. Mais il est certain qu’on n’aura pas de confort." Puis d’ajouter, en guise d’alerte : "On espère que tout le groupe sera en forme et concerné jusqu’au bout." Parce que, le week-end passé, son équipe n’a pas rendu une copie digne de son rang. Empruntée dans le jeu, où elle n’a pas réussi à se libérer pour déployer son rugby, elle a aussi cruellement manqué d’efficacité sur ses temps forts. Inquiétant avant de basculer sur ces huitièmes de finale de Champions Cup ? "On doit montrer une meilleure image", se contente François Cros. Lui sait effectivement que les Stadistes sont dans l’obligation de "tous augmenter le curseur", comme l’a réclamé ouvertement Dupont, s’ils veulent conserver une opportunité d’accrocher une sixième étoile sur leur maillot.

Après un départ canon, Toulouse n’est jamais vraiment parvenu à retrouver son rythme de croisière derrière l’épisode fatal de décembre et janvier, quand il a enchaîné les reports (dont certains se sont transformés en doublons supplémentaires) avant de voir ses Bleus partir à l’assaut du grand chelem.

"Arriver à rejouer ensemble"

Désormais, hormis quelques blessures ou incertitudes de coutume, l’effectif est presque au complet. Sur le papier, avec ses internationaux auréolés d’un titre dont le rugby français avait grandement besoin, la troupe d’Ugo Mola a de quoi effrayer ses adversaires. Mais, dans ce sport, la donne est souvent bien plus complexe, comme la sortie de route castraise est venue le rappeler.

"Les internationaux sont revenus depuis une quinzaine de jours, explique Bouilhou. Il y a de l’allant à l’entraînement et des choses très positives. Mais, comme pour toute équipe dans laquelle les joueurs s’éloignent pendant deux ou trois mois, il faut retrouver des automatismes. Je ne m’inquiète pas car leur retour est évidemment une bonne nouvelle mais on doit maintenant arriver à rejouer ensemble, comme par le passé." Les fameux repères communs. Le problème ? C’est que le temps presse et que, si le Stade toulousain veut vivre un sprint final des plus haletants, il n’a dorénavant d’autre choix que de franchir un cap décisif dans sa saison. Celle-ci est évidemment plus chaotique, ou en tout cas moins linéaire que la dernière, mais le club a su préserver l’essentiel, à savoir la possibilité de vivre des moments de gloire et de rafler de nouveaux trophées. Pour cela, il doit tout simplement redevenir le champion qu’il est dans les palmarès actuels.

Voilà qui tombe bien, à l’heure de recevoir un Ulster qui n’est peut-être pas la formation la plus reconnue de la compétition mais qui est pourtant un rival redoutable, tant les coéquipiers d’Antoine Dupont sont des compétiteurs hors normes – comme beaucoup l’ont prouvé durant le Tournoi des 6 Nations – et tant cette Coupe d’Europe possède toujours une saveur singulière dans la ville rose. Les ingrédients sont là, reste à resservir la bonne recette

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