À Trévise, Parisse est devenu homme

  • Sergio PARISSE (Toulon).
    Sergio PARISSE (Toulon). Icon Sport - Icon Sport
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Samedi, le géant du rugby italien retrouve Benetton, place de son premier amour dans le rugby professionnel. Un match forcément particulier pour le Toulonnais.

Du Benjamin Button du rugby, on connaît presque tout. Ses deux Boucliers de Brennus soulevés avec le Stade Français, ses innombrables batailles avec la Nazionale ou son regain de forme avec le RCT. Avant de régner sur la sphère de l’ovalie, le natif de la Plata (Argentine), ville où travaillaient ses parents, s’est forgé à Benetton (2001-2005). Un bon en arrière de 20 ans. C’était le temps du salaire à « 350€/mois, de l’appartement de 20m2, et de la petite Fiat Panda », rigole Sergio Parisse, au moment d’ouvrir le livre à souvenirs. « Benetton, c’est une page importante de ma vie ».

Le manque de la « Mamma » et la rencontre
de frères d’armes
À l’orée du XXIe siècle, Parisse traverse l’Atlantique vers la Botte. Un coup du destin : « En 2001, l’équipe d’Italie U19 vient en Argentine faire deux matchs de préparation avant la CDM au Chili. Le sélectionneur connaissait mon père et il entraînait à Trévise. Je suis parti à la coupe du Monde puis à Trévise ».

À 18 ans, le petit Sergio tourne le dos à ses parents, et sa sœur, pour rejoindre la mère-patrie. « Je n’ai jamais hésité. C’était de la fierté pour ma famille. Trévise, c’était le professionnalisme ! L’Italie, je ne partais pas dans l’inconnu ! » L’adaptation est express. Au quotidien dans le pays de Maradona, la famille Parisse garde les coutumes transalpines, s’exprime au sein du logis dans la langue de Dante. « On mangeait à 19 h, des pâtes à l’entrée, quand mes amis dînaient à 22h cet aliment en plat principal ».

Seul hic, le manque de la « Mamma » Carmela. « J’étais habitué à ce qu’elle me fasse le linge, à manger… J’ai appris à gérer ma vie. Je suis devenu un homme responsable ». Et quand il y a un coup de mou, au moment d’arrêter les études de STAPS à Padoue ou lors des fêtes de fin d’année, l’ex-élément du Club Universitario s’appuie sur ses mentors.

« Il y avait Allan, Troncon. Ongaro m’a pris sous son aile. Il m’a fait découvrir la vie nocturne de Trévise (sourire) ». En Vénétie, ils gagneront deux championnats (2003, 2005) et la coupe d’Italie (2005).
 

« Trévise, c’est la référence en Italie »

Les conseillers d’alors ont vieilli, raccroché les crampons, et laissé ce rôle à l’ex-capitaine de la Nazionale. Les Frères d’Italie se croiseront, ce samedi, en huitièmes de finale de Challenge Cup à Mayol. « Bortolami (manager), Masi (entraîneur des 3/4), Ongaro (entraîneur des avants), au-delà d’être ex-partenaires, ce sont des amis ». Les messages ont-ils fusé d’un côté et de l’autre des Alpes ? « Je leur ai dit qu’ils étaient nuls de ne pas être encore sur le terrain. Je ne suis pas vieux, c’est eux qui sont nuls de ne pas pouvoir jouer à mon âge. Ils voulaient connaître des restaurants pour bien manger (rires). Toulon, ça sera un immense défi pour eux ».
Pour le RC Toulon, à quoi faut-il s’attendre ? « Trévise, c’est la référence en Italie. Ils ont un jeu complet, avec un paquet mobile composé d’internationaux qui ont gagné au Pays de Galle. En URC, ils ont battu Glasgow, Édimbourg… Ils mettent beaucoup de rythme et d’intensité. On ne doit pas se relâcher. » Paroles de sages.

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