Toulouse : un défi pour un champion

  • Antoine DUPONT  (Toulouse) face à Luke MARSHALL (Ulster).
    Antoine DUPONT (Toulouse) face à Luke MARSHALL (Ulster). Icon Sport - Icon Sport
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Pourtant séduisants dans le jeu et révoltés dans les ultimes minutes pour réduire l’écart au score, les Toulousains - réduits à quatorze pendant presque tout le match aller - ont quitté le Stadium avec six points de retard sur l’Ulster samedi dernier. Un débours qu’il faudra combler dans l’enfer de Belfast, au risque d’abandonner leur titre européen.

Dans la campagne de 2018-2019, qui avait vu Toulouse ramener le Brennus après sept ans de disette, il y eut ce sauvetage impensable de Maxime Médard à Bath en octobre, sur un essai tout fait de Freddie Burns qui aurait anéanti les espoirs des Rouge et Noir. Derrière, ils n’avaient perdu qu’un match en six mois. Dans celle de 2020-2021, accouchant d’un doublé historique Top 14-Champions Cup, il y eut cet exploit à Thomond Park où, mené de sept points à la pause, Toulouse avait ensuite livré un récital pour s’imposer pour la première fois au Munster (voir ci-contre).

Derrière, il avait déroulé jusqu’au bout d’une saison pourtant interminable. Le rugby n’est souvent rien d’autre qu’une aventure humaine qui, pour les plus belles, se veulent hors du commun. Et, la plupart du temps, c’est dans la difficulté qu’elles basculent vers une autre dimension. Celle des (futurs) champions. Si ce Stade toulousain rafle quoi que ce soit dans les deux prochains mois, nul doute qu’il faudra creuser dans ces ultimes minutes, samedi dernier au Stadium. En infériorité numérique depuis la 10e minute et avec treize points de débours, les partenaires d’Antoine Dupont - séduisants mais qui ont dû affronter tous les vents contraires - ont fait souffler le vent de la révolte. Jusqu’à inscrire un essai à la 79e minute, par Romain Ntamack, venu relancer tous les espoirs.

« Il nous a fait beaucoup de bien », répète Antoine Jelonch. À tel point que lui et les siens furent à deux doigts de l’emporter dans les arrêts de jeu, au terme d’une relance folle de près de cent mètres. Si bien que, même battus, les Stadistes étaient plus que jamais convaincus, en quittant la pelouse, que leur destin était de rattraper ce retard à Belfast. « On le pense tous depuis la fin du match et on se prépare en conséquence, ajoute le troisième ligne. On a hâte d’être à samedi soir. »
 

Ntamack : « Notre rugby, on ne l’a pas perdu »

En ballottage défavorable, le champion veut croire en son étoile. En cette sixième, en tout cas, à accrocher sur le maillot. Et se dit que le Munster, l’an passé, c’était déjà en huitième de finale.

« On cherche tous les petits signes pour nous rappeler des choses positives, admet Ugo Mola. Si on est mesure de mettre la même énergie, on l’emportera sûrement. Mais de plus de six points ? De toute façon, il ne faut pas rester scotché à ce qu’on a vécu. C’était exceptionnel mais on a besoin de se projeter. »

Et d’avancer. Comme ses joueurs l’ont fait à l’aller, même s’ils ont été trop souvent punis en contre. « Avec six points de retard, si on joue petit bras, j’ai peur que ça bénéficie à notre adversaire, reprend le manager. Le niveau de notre rugby sera prépondérant. Mais des jeux de transitions et les turnovers subis ont coûté cher. Il faut garder l’intensité mais réduire la marge d’erreurs. »

Même si son effectif est touché par plusieurs blessures ou incertitudes, Mola l’assure : « Cela va mettre en évidence le caractère du groupe. » Car il n’est plus temps de revenir sur les reports ou doublons qui ont plombé le rythme des Toulousains. Il ne reste que deux mois pour transformer un exercice mitigé en une nouvelle saison d’anthologie. Samedi, premier rendez-vous couperet. « On joue au rugby pour ces matchs-là », promet Jelonch. « On y va sans complexe, complète Ntamack. Notre rugby, on ne l’a pas perdu. » Et Mola d’insister : « Jusque-là, il nous manque souvent cette petite flamme, cette capacité à aller puiser dans notre rugby et dans l’aspect psychologique. Nous sommes moins costauds mentalement sur les bras de fer. Il faut retrouver cette dureté pour gagner ce genre d’échéance. »

Bref, se comporter en champions. Ce que ses joueurs sont sur la scène européenne, au moins jusqu’à samedi soir.

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