À La Rochelle, défense de banaliser

  • La joie des rochelais après l'essai d'Ihaia West.
    La joie des rochelais après l'essai d'Ihaia West. Icon Sport - Icon Sport
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Si le club maritime rallie sans trembler les quarts de finale après une double confrontation maîtrisée, la qualification a rimé avec vive émotion samedi, à Deflandre.

« Président, président, une photo ! » Presque deux heures après le coup de sifflet final, Vincent Merling, comme ses joueurs et son staff, était encore sollicité de toute part, dans les allées de Deflandre. De ce tout premier match de phase finale de Champions Cup à domicile, en présence du public jaune et noir, il en restera un paquet, de clichés souvenirs. Comme un pied de nez, au passage, à l’affiche officielle des compétitions européennes où les vice-champions en titre sont parmi les grands absents.

Là où le Racing, Toulouse, Toulon, Bordeaux-Bègles et même Clermont illustrent la campagne de communication des matchs à élimination directe menant au Vélodrome de Marseille, théâtre des finales programmées fin mai. Si le choix de l’organisateur nommé EPCR a fait tiquer, en interne, le club à la caravelle a prouvé sur le terrain qu’il faudra une nouvelle fois compter sur lui, dans la bataille finale. Mine de rien, en quatre participations à la plus prestigieuse des épreuves du Vieux continent, le Stade Rochelais se hisse pour la troisième fois dans le grand huit. Et, quand bien même la qualification semblait une formalité avant ce match retour, grâce aux 18 points d’avance glanés à Chaban (13-31), tout le peuple jaune et noir l’a savourée comme un évènement à part.

« L’arrivée au stade ? C’était énorme, rembobine Ihaia West, invité, comme ses coéquipiers - Romain Sazy et Uini Atonio en tête après leur 300e et 250e match sous le maillot maritime - à fendre la foule de possédés, fumigènes à la main. On a de grands fans. Ça nous a donné la confiance et l’envie de faire quelque chose de spécial. C’était la même arrivée que face au Leinster (mai 2021, N.D.L.R) ».

À ceci près que la saison dernière, la mobilisation générale avait attendu le stade du dernier carré pour se matérialiser. Là, il était question d’un huitième de finale. Tout sauf anodin.
 

Telle la « Red Army »

« On se l’ai répété toute la journée, ce n’est pas parce qu’on a fait une finale l’an dernier qu’on doit banaliser un huitième à la maison, insistait d’ailleurs Grégory Alldritt une fois la qualif’ en poche. Ce n’est pas souvent que le club est allé en quarts de Champions Cup donc on est très fiers. En plus, de le recevoir (lire ci-contre) et de l’offrir à notre public qui n’a pas pu vivre notre précédente épopée, ça nous tenait à cœur. Un public toujours plus surprenant. Qu’on ne le banalise pas, qu’on ne prenne pas tout ça pour acquis. Il faut vraiment se rendre compte de la chance qu’on a d’évoluer dans ce stade, avec ce public, ce groupe, ce staff, ce club ».

« L’ambiance, aujourd’hui (samedi), c’était « top-class », renchérit l’entraîneur des avants Donnacha Ryan, allant jusqu’à trouver des similarités avec la « Red Army » du Munster, qu’il a côtoyée pendant treize saisons, jusqu’en 2017. Pendant et avant le match, pendant la semaine, tous les drapeaux dehors, devant les maisons… C’est énorme. Les supporters sont très créatifs. On est tous très reconnaissants. » La réciprocité tourne à plein régime. Qui l’eut cru, pourtant, il y a un mois, au regard de la soupe à la grimace générale après la rouste à Toulon (41-11) ? Mais depuis, et c’est une première cette saison, La Rochelle a gagné quatre matchs d’affilée. Plafond de verre brisé. Le champ des possibles est ouvert.

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Romain Asselin.
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