Poite, Garcès, Ruiz... « Coachs-arbitres », cette nouvelle mode

  • Romain Poite intègrera le staff du RCT à la fin de la saison.
    Romain Poite intègrera le staff du RCT à la fin de la saison. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Entre les départs des retraités Jérôme Garcès et Romain Poite en direction de staffs du XV de France et de Toulon, ou celui plus particulier d’Alexandre Ruiz vers Montpellier, c’est bien une tendance lourde qui est en train de s’installer, bien qu’elle ne concerne (pour l’heure) que le rugby français.

La tendance est beaucoup trop lourde pour qu’on n’y prenne pas garde. Ainsi, après Jérôme Garcès débauché par le staff du XV de France pour prodiguer ses précieux conseils aux joueurs, c’est Alexandre Ruiz qui a emboîté le pas en rejoignant le staff du MHR, et désormais Romain Poite qui officiera du côté de Toulon. En attendant que d’autres, bientôt atteints par la limite d’âge, profitent de ce qu’on hésite encore à qualifier de grosse tendance… Car si convoquer des arbitres pour intervenir lors des séances d’entraînement demeure évidemment une pratique vieille comme le rugby, le fait d’embaucher d’anciens arbitres professionnels est presque devenu depuis quelques mois monnaie courante.

Au point que l’on en oublierait presque que sur la planète ovale, seul le rugby français se soumet pour l’instant à cet effet de mode, comme inspiré par les bons résultats des Bleus ou du MHR, équipes notoirement indisciplinées par le passé, dont les arrivées au sein des staffs de Jérôme Garcès et Alexandre Ruiz ont permis de redresser la barre. Effet de lobbying auprès de leur ancienne corporation, ou fruit d’un lourd et véritable travail de fond ? On ne se permettra évidemment pas de trancher ce débat qui agite en sourdine le rugby hexagonal.

Une indiscipline corrigée efficacement

« Ce qui est certain, c’est que les équipes qui se sont dotées d’un ancien arbitre au sein de leur staff sont moins sanctionnées qu’elles ne l’étaient, nous confiait sous le sceau de l’anonymat un actuel entraîneur de Top 14. Ça, c’est un fait. Après, est-ce parce que les conseils des arbitres sont très pertinents par rapport au règlement et aux « marottes » de leurs anciens collègues, ou parce que les arbitres actuels marchent beaucoup plus sur des œufs pour sanctionner les équipes dirigées par leurs anciens collègues ? Je préfère ne pas me poser la question… Je ne peux pas croire que des joueurs et des entraîneurs professionnels connaissent si mal le règlement de leur sport pour avoir besoin d’un arbitre à temps plein, on serait quand même le seul sport au monde dans ce cas… Mais bon, c’est comme ça. Je veux bien admettre que cela a son utilité au niveau international, où l’on sait que le lobbying d’avant-match est très important. Mais sur l’ensemble d’une saison de club, honnêtement, je ne vois pas trop l’intérêt sur le papier. Hormis le plus important : c’est que cela marche… »

Et qu’en conséquence, toutes les équipes désireuses d’être moins sanctionnées recherchent à corps perdu l’homme providentiel par qui les pénalités et autres cartons jaunes tomberont moins rapidement…

Du pain béni pour les arbitres, donc, et notamment pour les anciens pros atteints par la limite d’âge, qui voient ici l’occasion de continuer à baigner dans le milieu tout en conservant un niveau de rétribution à peu près équivalent à celui perçu durant leur carrière. En revanche, on se trouve plus mesuré quant aux possibilités de départ d’arbitres encore dans la force de l’âge, dont les éventuels départs nécessiteraient un remplacement anticipé par de jeunes arbitres qui n’auraient pas encore eu le temps de se former. De quoi redouter un affaiblissement de tout l’arbitrage français, qui peine d’ores et déjà à remplacer ses cadres qui ont rayonné pendant des années sur l’arbitrage mondial ? La question est posée…

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