Champions Cup - Clermont : Jauneau, tranquille comme Baptiste

  • Le jeune demi de mêlée Baptiste Jauneau s’est affirmé comme un grand sur la pelouse de Leicester.
    Le jeune demi de mêlée Baptiste Jauneau s’est affirmé comme un grand sur la pelouse de Leicester. PA Images / Icon Sport
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Titularisé pour la première fois à tout juste 18 ans, le demi de mêlée clermontois Baptiste Jauneau s’est affirmé comme un grand.

C’est l’histoire d’un môme dont le talent le dispute à l’humilité. L’histoire d’une succession, aussi, finalement bien dans la tradition profonde du rugby. Car, ne vous y trompez pas : si c’est bien le vétéran Morgan Parra qui a symboliquement remplacé Baptiste Jauneau juste avant la 50e, le sens de l’histoire va évidemment dans l’autre sens.

Au vrai, sur la pelouse de Welford Road, les supporters de l’ASM ont probablement découvert celui qui se trouve appelé à porter la tunique jaune et bleue pendant de longues années. Sensation du dernier Tournoi U20 pour lequel il avait déjà été doublement surclassé, le môme d’Ogeu est ainsi entré par la grande porte dans l’arène. Sous le regard d’un remplaçant de luxe mais aussi, pendant trois minutes, dans le blanc des yeux d’une légende nommée Ben Youngs, joueur le plus capé de l’histoire du XV d’Angleterre. Rien que ça…

Et pourtant, c’est peu dire que Baptiste Jauneau ne s’est pas avéré plus impressionné que ça. Même derrière un pack globalement battu sur les impacts, le Béarnais a tenté d’accélérer le jeu de sa passe vive et précise, agrémentant même ses interventions d’un départ tonitruant au ras, qui justifia bien malgré lui la comparaison déjà établie entre Jauneau et son glorieux aîné Antoine Dupont. « On me chambre souvent en évoquant une certaine ressemblance avec lui mais je n’aime pas trop, nous expliquait-il en marge du Tournoi des Bleuets. Autant physiquement que sportivement, j’en suis bien évidemment très loin. C’est un exemple pour moi, mais c’est tout ».

Un modèle dont Jauneau a effectivement encore à apprendre, notamment à la lumière de cette situation après franchissement qui vit le jeune demi de mêlée manquer d’un peu de lucidité juste avant la mi-temps face au retour intelligent de Ford, d’abord tenté de finir le coup tout seul avant de se raviser un peu trop tard (37e). Un déficit d’expérience également palpable sur ce retour qui le vit manquer d’un peu de vice pour s’imposer devant le vétéran Chris Ashton (34e), à la poursuite d’un coup de pied à suivre qu’il avait pourtant parfaitement lu. Petites erreurs évidemment sans conséquences, au vrai, qui pèsent bien peu à côté des promesses entrevues…

Maîtrise et lucidité dans l’action

Car à l’évidence, au-delà de sa qualité technique et de la précision déjà bluffante de son pied gauche (qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Parra), Baptiste Jauneau a a surtout fait preuve d’une maîtrise assez bluffante pour un gosse de 18 piges. Maîtrise de ses émotions, d’abord. Mais surtout un sang-froid dans l’urgence qui est la marque des plus grands.

À ce titre, le meilleur exemple réside peut-être dans son occasion d’essai après le contre de Raka sur Ford à la 27e, où l’on vit Jauneau avoir la lucidité dans l’action de ne pas conserver son regard fixé sur le ballon, jetant en une fraction de seconde un coup d’œil au sol pour se situer par rapport à la ligne de ballon mort, avant de tenter d’aplatir…

Une réalisation sévèrement refusée par M. Brace parce qu’une couture du ballon avait mordu sur quelques brins d’herbe peints en blanc, qui aurait été la plus belle des récompenses. Mais qu’importe, après tout. Car au vu de sa prestation, nul doute que Baptiste Jauneau en marquera beaucoup d’autres… 

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