Champions Cup - L’Union Bordeaux-Bègles garde la tête froide

  • Sur le terrain, Bordeaux-Bègles a quelque peu relevé la tête, une semaine après avoir plongé le regard dans le vide.
    Sur le terrain, Bordeaux-Bègles a quelque peu relevé la tête, une semaine après avoir plongé le regard dans le vide. Icon Sport
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Marqués par le scénario de l’aller, les hommes d’Urios n’ont pas implosé à Deflandre, même réduits à 14 pendant presque une heure. Un premier pas vers la digestion.

Les attitudes, à chaud, donnent souvent des indicateurs précieux sur l’état de santé d’une équipe. À ce titre, le contraste est saisissant, d’une semaine à l’autre. Sur le terrain comme en conférence de presse d’après match, Bordeaux-Bègles a relevé la tête, une semaine après avoir plongé le regard dans le vide. « Il n’y a pas photo, c’est flagrant, ne manque pas de souligner Mahamadou Diaby, capitaine reconverti philosophe. Après la difficulté viendra peut-être la facilité. C’est paradoxal ce que je vais dire mais il faut savoir apprécier ces moments. C’est dans ces moments qu’on peut resserrer et forger un groupe. Si on avait pris 60 points, vous imaginez la semaine pour préparer un déplacement à Montpellier ».

Une perspective écartée et une petite victoire en soi, déjà. Car affirmer que les Girondins ne l’ont pas redoutée, après l’expulsion définitive de Vaipulu (27e) pour une charge à l’épaule, serait mentir. Le carton rouge que Christophe Urios juge « très sévère […] pour un jeu déloyal absolument pas dangereux » aurait pu préfigurer un naufrage. « Mais on a montré du caractère, on n’a rien lâché, on voulait clairement faire un acte fondateur car on était passé à côté la semaine dernière. Il faut s’en servir pour rebasculer sur Top 14 », positive Nans Ducuing, complété par son manager : « Il ne s’agissait pas de balancer le match et d’attendre le championnat. L’acte fondateur faisait partie du score, surtout qu’on l’a fait à 14 en ratant à la fin au moins trois situations très favorables. J’aurai tellement aimé qu’on se retrouve à 31-30 à dix minutes de la fin… La prochaine fois, peut-être (sourire) ».

« Vous voulez que je chiale ? »

Le sous-entendu n’est pas dénué de sens. La trilogie perdue 3-0 face à La Rochelle – le public maritime s’est d’ailleurs fait une joie d’en faire écho au coup de sifflet final – Christophe Urios donnait l’impression samedi soir de l’avoir déjà digérée avant de potentielles retrouvailles en phase finale du championnat domestique. « Vous dites que n’avez pas l’impression que le déficit de victoires (huit défaites sur les neuf dernières sorties, N.D.L.R) m’inquiète ? Je suis très concentré. Quatre matchs arrivent contre des concurrents, il ne faut pas déconner. Mais vous voulez que je pleure, que je chiale ? Je ne fonctionne pas comme ça ! Je n’arrive pas le lundi matin, la gueule enfarinée en disant : « Bon, les gars, qu’est-ce qu’on fait ? ». Je ne suis pas inquiet, je suis préoccupé. Ce qui me rassure, c’est qu’on va rentrer des joueurs pour avoir une équipe plus solide. J’ai la faiblesse de penser qu’en rentrant nos meilleurs joueurs, des choses vont s’améliorer. »

Ou comment manier l’ironie. « Enlève Alldritt, Atonio et Skelton (à La Rochelle), et on en parlera », avait-il lancé un peu plus tôt à un confrère soulignant les retours positifs de Seuteni et Moefana, deux cadres importants du XV girondin. Dans le sprint final, il faut avoir les meilleurs joueurs. » Et le boss de l’UBB de rappeler qu’il ne faudrait pas enterrer son équipe trop vite : « C’est dur pour nous en ce moment mais quand tu as perdu six matchs sur sept en championnat, que tu te retrouves toujours second, avec 5 points d’avance, ça veut dire que c’est très dur pour les autres, aussi. Donc on s’accroche à ça ». 

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Romain Asselin
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