L’interview de Marine Ménager : « Il ne faudra rien donner aux Galloises »

  • Marine Ménager devrait enchaîner dans le Tournoi.
    Marine Ménager devrait enchaîner dans le Tournoi. SUSA / Icon Sport
Publié le , mis à jour

Centre du XV de France féminin la Montpelliéraine dresse un bilan avant les deux derniers matchs et évoque ce déplacement au pays de Galles, véritable test pour les bleues.

Vous avez retrouvé Marcoussis vendredi, mais quel bilan dressez-vous des trois premiers matchs du Tournoi ?
Nous avons tout de même trois victoires bonifiées. Sur le plan comptable, nous sommes donc satisfaites. En revanche, nous ne le sommes pas sur le jeu. On sait qu’on est capable de proposer davantage de jeu si l’on peaufine les détails qui ne vont pas sur les deux derniers matchs. Le discours à la reprise était donc de retravailler fort, pour soigner les détails et se lâcher pour proposer du jeu et se faire plaisir.

Vous avez pourtant davantage joué dans la défense en Écosse…
Un peu… disons qu’on a réussi ce qu’on voulait faire stratégiquement en première mi-temps, soit de jouer chez elles. Mais en deuxième mi-temps, on a déjoué. On ne met plus notre jeu en place parce qu’on fait des erreurs de circulation, de main, ou parce qu’on joue mal les espaces libres. Cela va se corriger avec notre travail à l’entraînement.

Pourquoi avez-vous du mal à « vous lâcher » comme vous dites ?
On ne sait pas trop, il y a des périodes où l’on n’arrive pas à faire les choses comme on le veut. Il faut travailler encore plus fort et ça va venir. On a une base solide, mais on doit devenir plus précises.

Sur quels secteurs pouvez-vous vous appuyer justement ?
On a un très bon jeu au pied avec nos joueuses de la charnière comme Jess (Trémoulière), Caro (Drouin), Laure (Sansus) et Alex (Chambon), et les avants sont performantes en conquête, que ce soit en touche ou en mêlée.

Vous avez fait 202 plaquages en Écosse. Comment expliquez-vous une si faible possession de balle ?
C’est surtout sur la deuxième mi-temps, et notre indiscipline nous a coûté cher. On prend 17 ou 18 pénalités je crois, c’est beaucoup trop sur un match international. Derrière ça, on charbonne pour défendre notre ligne car on rend beaucoup trop de ballons à l’adversaire à cause de l’indiscipline.

Marine Ménager dispose de Megan Jones lors du tournoi des six nations l'an dernier.
Marine Ménager dispose de Megan Jones lors du tournoi des six nations l'an dernier. Icon Sport - Romain Biard

Passons au pays de Galles. Il semblerait que ce soit l’équipe qui ait le plus progressé par rapport à l’année dernière, partagez-vous ce sentiment ?
Complètement. Elles ont certes perdu contre l’Angleterre, mais ont battu l’Écosse et l’Irlande. Il faudra être précises et se préparer à un sacré combat car affronter le pays de Galles à l’extérieur, ce n’est jamais une balade de santé. C’est une équipe puissante devant avec de gros gabarits. Elle sait aussi jouer dans le dos quand le jeu le demande et elle possède un triangle arrière qui relance beaucoup les ballons, à l’image de leur arrière. Il faudra resserrer la défense et taper fort.

Ce sera donc l’adversaire le plus fort rencontré jusqu’alors ?
Oui. On ne veut pas galvauder ce match car elles ne nous donneront rien. On devra aussi être précises et pleines d’envie car elles ne lâcheront rien. Et surtout ne rien leur donner, contrairement à ce que l’on a fait en Écosse.

L’erreur serait donc de trop penser à l’Angleterre ?
Clairement. On en parle entre nous : c’est un match après l’autre. Avant de jouer une finale contre l’Angleterre, on doit gagner notre billet pour cette finale. Et pour l’instant on ne l’a pas. Il ne faut surtout pas penser à l’Angleterre.

On peut tout de même en parler, l’Angleterre impressionne depuis le début de la compétition…
C’est une équipe en forme. Mais comme chaque équipe, elles ont leurs faiblesses et nous avons l’équipe pour les battre. Avec des joueuses d’expérience et de talent. Bien sûr qu’elles jouent bien et tant mieux, car cela veut dire qu’on va se régaler, mais on ne devra pas être timides ou faire de complexes d’infériorité. On a toutes hâte de jouer ces matchs.

Vous revenez de blessure. De quoi souffriez-vous ?
Je faisais des entorses de la cheville à répétition. L’année dernière, à Vannes, pour le premier match du Tournoi, je me refais une entorse de plus. J’ai été opérée en juillet, et j’ai repris sept mois après, en janvier. Je n’avais plus de ligament sur le côté de la cheville, il a fallu tout refaire.

Sept mois, c’est long…
C’est long mais cette blessure est la chose qui m’a fait le plus grandir dans ma carrière. Mentalement, physiquement et sur mon rugby, j’ai appris plein de choses. Ce fut dur à gérer au début, mais avec le recul c’est peut-être un plus…

Comment avez-vous développé votre rugby ?
Déjà parce que j’ai regardé beaucoup de matchs, puisque j’étais à la maison ! J’ai aussi pris le temps de travailler sur des choses que je ne travaillais pas assez. Comme je ne pouvais pas marcher je ne faisais que des passes, de la technique individuelle, des offloads…

Avoir votre sœur en club et en sélection est un plus pour traverser cette longue indisponibilité ?
C’est vraiment un plus, et ça me tire vers le haut même si parfois c’est plus compliqué quand je la vois partir avec l’équipe de France et que je ne suis pas du voyage. Mais cela m’aide à rattraper le wagon car j’ai envie de revenir en équipe de France et de rejouer avec elle.

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