La joie sans l’ivresse à Nevers

  • L’Uson a fait le plus dur pour obtenir sa qualification mais ne doit pas relâcher la pression, surtout pas face à Bourg !
    L’Uson a fait le plus dur pour obtenir sa qualification mais ne doit pas relâcher la pression, surtout pas face à Bourg ! Stéphanie Biscaye
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Quatrièmes, les Neversois savourent leur parcours en se gardant d’une euphorie que des Rouennais décomplexés et pratiquement maintenus pourraient dégriser.

On peut être quatrième avec huit points d’avance sur la septième place du convive coincé devant la porte du Top 6, et sentir encore un filet de sueur froide dégouliner de la nuque à trois journées de la fin du championnat. L’Uson Nevers Rugby n’a besoin "que" d’une victoire pour valider l’extra-balle des phases finales, au soir du 12 mai, et n’envisage pas la venue de Rouen comme une formalité libératrice.

Dans la bouche de Sébastien Fouassier, entraîneur des avants, le scénario catastrophe d’une triple gamelle finale n’a rien d’une précaution oratoire en chêne nivernais : "Rouen a gagné lors de son déplacement à Vannes, et on peut avoir des surprises, même à domicile. Après Rouen, on va à Agen, puis on reçoit Montauban. Alors on peut très bien se retrouver à perdre ces derniers matchs."

La victoire arrachée sur le fil face à Carcassonne il y a deux semaines, puis la traversée toute en maîtrise du guêpier de Bourg-en-Bresse ont donné aux joueurs la juste dose de confiance pour aborder ces trois ultimes étapes de la saison régulière avec la chance d’avoir leur destin entre les pognes. "On a la sensation que les joueurs ont un objectif, qu’ils ont cette quatrième place entre les mains et qu’ils veulent tout faire pour la préserver", précise Sébastien Fouassier. "Il y a une forme de bien-être mais sans en rajouter, on voit des mecs qui sont bien ensemble mais qui savent que le travail n’est pas fini."

Un groupe sage

Charpenté par une ossature de jeunes anciens, à peine trentenaires, qui partagent l’histoire de l’Uson en Pro D2 depuis 2017, le groupe a appris la sagesse en lisant ses cicatrices : "Chaque saison, on a connu des moments où on avait quelque chose de bien entre les mains et où on le laissait échapper. Les joueurs le savent, ils ont accumulé une forme d’expérience de ces parcours, mais avec l’ensemble du staff, on continue à anticiper, pour éviter les pièges." À Nevers depuis 2014, le centre Rudy Derrieux incarne cette mémoire d’un club qui s’est tanné dans la douleur aux rigueurs de la Pro D2. Tomber de haut, se relever, l’Uson l’a fait à de multiples reprises en cinq saisons, et cette année encore après la cruelle septième place finale de l’an passé ou la claque retentissante assénée par Bayonne au Pré-Fleuri fin janvier (41-13). "On s’est fixé un objectif et on veut le tenir", assure Rudy Derrieux, conforté par l’état d’esprit affiché lors des deux dernières rencontres : "L’année dernière, dans un match comme celui contre Carcassonne, on se serait effondré. Là, mentalement on n’a pas plié, et l’apport du banc a été décisif, ce qui montre que tout le monde est concerné, et c’est de bon augure. À Bourg-en-Bresse, on était prévenus, on avait vu leurs sorties médiatiques, et on savait que la victoire passerait par une bonne entame." Même les sorties précoces du demi de mêlée Guillaume Manevy puis de son remplaçant Yoan Cottin n’ont pas fait "paniquer" les joueurs : "On est resté dans le match, et cela a payé à la fin."

Dernière date d’un bloc ouvert dans la neige aurillacoise, la confrontation avec les Normands n’est pas envapée par l’euphorie : " On sait qu’on doit presque faire un sans-faute pour garder notre quatrième place. L’équipe de Rouen viendra sans pression car elle est presque sauvée, et ça la rend d’autant plus dangereuse. On doit être encore plus vigilant. Ce serait dommage de gâcher tout ce travail qu’on vient de faire. Il y a de la joie à l‘entraînement, mais on sait qu’une défaite peut nous plomber."

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Sébastien CHABARD
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