L'édito : Marseille, horizon rugby

  • Toulon recevait Montpellier au Stade Velodrome en 2018.
    Toulon recevait Montpellier au Stade Velodrome en 2018. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

L'édito du vendredi par Léo Faure... Marseille. Son vieux port qui trône, Notre-Dame qui veille, la Canebière qui fourmille, le parc des calanques qui émerveille, la gouaille locale qui séduit. C’est bon, tous les clichés y sont ? Pas encore. Marseille ne serait pas totale sans l’OM. Son Olympique. Une religion, où l’on aime comme on dispute : avec tous les excès de la passion.

Toute religion a son temple et le Vélodrome, qui accueillera samedi l’Everest en rouge et noir, Toulon-Toulouse, prête d’abord sa dévotion au bleu azur. Quand l’OM déçoit, ils sont 30 000 ou 40 000 à se masser au stade. Pour adorer encore un peu, ou châtier ceux qu’ils aiment trop pour en accepter les défaillances. Quand l’OM carbure au super - c’est le cas cette année - ils sont rarement moins de 50 000 à garnir les tribunes Ganay, Jean-Bouin ou les deux virages de furieux.

Le football sera ici comme les diamants : éternel. Et le rugby, qui s’invite ponctuellement en ce lieu de culte, n’aura jamais l’emprise sur la ville qu’exerce le seul club de foot français, à ce jour, à avoir remporté la sacro-sainte Ligue des champions.

Pour autant, au fil du temps, le Vélodrome est devenu un rendez-vous de première gâterie pour les choses ovales. Et le rugby, sans se pousser du col, se fait une place dans l’horizon marseillais.

Quelques fragrances reviennent aux narines : c’est ici que les Bleus, en 2000, avaient terrassé les All Blacks de Cullen, Umaga, Mehrtens, Randell et Blackadder (42-33). Ici qu’ils ont remporté neuf de leurs onze matchs et qu’ils pourraient accueillir, en novembre prochain, les champions du monde springboks.

C’est aussi ici que Montpellier et Toulon aiment à délocaliser. Ici encore que la Ligue apprécie plus qu’ailleurs de poser ses valises, pour le désormais traditionnel week-end des demi-finales. La véritable grand-messe du rugby français de clubs.

L’histoire d’amour entre le rugby et la plus « footeuse » des villes se poursuit. Samedi, pour acter la renaissance du RCT face à ce qui se fait toujours de mieux en Europe, ils seront presque 60 000 à prendre la direction du « Vél ». Comme aux plus grandes heures. Bientôt, la cité phocéenne accueillera les finales européennes pour la première fois de son histoire, après deux années de report sanitaire.

Début juillet, à Marseille toujours (et Aix), c’est la première date officielle de la Coupe du monde 2023 en France qui se jouera : la Rugby Africa Cup, autrement appelée « Tournoi de qualification Afrique » (TQA), qui délivrera un billet pour le mondial, un an plus tard.

Ces marqueurs scelleront un peu plus profondément le pacte entre Marseille et le rugby. Il ne manque plus qu’un club, un grand, un professionnel, à la dimension de la ville, pour sceller définitivement l’histoire d’amour. Un serpent de mer. Un jour ? Sait-on jamais…

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