Tournoi des 6 Nations - Les Bleues tiennent leur finale

  • À l’image de la puissante Anaëlle Deshayes, ici balle en main, les joueuses du pack tricolore ont dominé les Galloises.
    À l’image de la puissante Anaëlle Deshayes, ici balle en main, les joueuses du pack tricolore ont dominé les Galloises. Julien Poupart
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En s’imposant au pays de Galles au terme d’un match qu’elles avaient identifié comme une demi-finale, les Tricolores ont gagné le droit de disputer la finale contre l’Angleterre. Bien aidée par la domination de leur pack et leur défense, elles n’ont en revanche pas signé le match référence tant attendu.

Quatre matchs, quatre victoires bonifiées. Le bilan comptable des Bleues est impeccable. Comme le rappelait la manageuse Annick Hayraud en conférence de presse, "Nous n’avons pas toujours réussi à gagner contre le pays de Galles. Ce qui nous tenait à cœur aujourd’hui, c’était de faire une bonne prestation pour remporter la victoire." C’est chose faite. Ça y est, les Tricolores tiennent enfin leur finale. Samedi prochain, à Bayonne contre leurs éternelles rivales anglaises, contre qui elles restent sur neuf matchs sans victoire. Elles vont enfin pouvoir basculer à 100 % sur ce rendez-vous majeur qu’elles avaient, malgré leurs efforts pour préparer chaque échéance, dans un coin de la tête : "On pense à cette finale depuis un petit moment déjà mais chaque semaine, on a travaillé en fonction de notre adversaire et sur notre plan de jeu. On doit comprendre pourquoi on a été plus fébriles en deuxième mi-temps, pourquoi on n’a pas concrétisé nos actions. L’objectif est atteint. On a remporté la demi-finale, on va en finale."

Une conquête encore une fois irréprochable

Cette finale est méritée. À l’image de l’Angleterre, les Bleues sont supérieures aux autres équipes. On avait écrit dans ces colonnes que les Galloises avaient largement progressé, du fait de leur passage (partiel) au professionnalisme depuis janvier. Mais vendredi soir, il n’y avait pas vraiment photo : engoncées dans un jeu physico-physique, mal conduites par leur charnière et avec des centres trop friables en défense, les Galloises n’avaient pas les armes pour rivaliser. En première mi-temps du moins, où la partie a viré au jeu de massacre. Dans le sillage de Deshayes, Joyeux, Fall et Ménager, les Bleues ont marqué physiquement leurs adversaires. Laure Sansus, comme à son habitude, a transformé cette domination en points, tandis que Caroline Boujard et Chloé Jacquet ont profité de la moindre erreur galloise pour creuser l’écart au score. Les Galloises ont fait leur première incursion dans les vingt-deux mètres adverses à la… 36e minute. Pour une combinaison en touche aux allures de gag, avec un lancer de la talonneuse Carys Philips qui heurta la tête de la numéro 8 Siwan Lilicrap, venue jouer dans le couloir. À la mi-temps, les Tricolores comptaient déjà dix-huit plaquages cassés, et les Galloises sortaient les unes après les autres pour subir des protocoles commotions. En fin de rencontre, les chiffres du XV de France étaient sans appel : 94 % de réussite au plaquage, six franchissements, six pénalités gagnées en mêlée fermée, quatorze lancers assurés, deux volés… Bref. On aurait pu croire que le triomphe était total.

Les fautes de main ont gâché le jeu de ligne

Seulement, ce n’est pas exactement le cas. Comme en Ecosse, les Bleues ont livré une deuxième mi-temps décevante. Contre le vent, elles ont commis beaucoup trop de fautes et ont rendu trop de ballons à leurs adversaires : "Le match est devenu très hâché, ce qui n’est pas à notre avantage, expliquait Agathe Sochat. On a eu du mal à remettre du rythme, la deuxième mi-temps a été moins jouée, moins à notre image." "En deuxième mi-temps, on a laissé les Galloises revenir chez nous par nos fautes, on a beaucoup défendu. C’est comme la discipline : c’est une des fragilités que l’on doit corriger", prolongeait Laure Sansus.

La Toulousaine n’a pas tort : de six pénalités concédées à la pause, les Tricolores sont passées à quinze (dont huit pour le seul jeu au sol) à la fin du match. Mais surtout, elles ont commis dix-neuf fautes de main et onze en-avant ! Autant de possessions rendues qui ont permis aux Galloises, même laborieusement, de marquer un essai sur la sirène. Encore une fois, les Françaises ont montré deux visages en remportant la première mi-temps 26 à 0 et la seconde seulement 7 à 5 contre un adversaire pourtant largement inférieur. Les Bleues sont donc prévenues. Contre l’Angleterre, elles ne pourront se permettre un nouveau dédoublement de personnalité.

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