Michalak : « Le XV de France fait partie des favoris pour le titre suprême »

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Frédéric Michalak - Ancien ouvreur de l’équipe de France et ambassadeur France 2023 Frédéric Michalak (39 ans et 77 sélections), a passé deux semaines avec le XV de France, l’été dernier lors de la tournée en Australie. Il en mesure aujourd’hui la progression des Bleus… Qu’il place parmi les favoris.

À 500 jours du début de la Coupe du monde, sentez-vous déjà l’excitation monter ?

Pour tous les fans de rugby, cette excitation est réelle. On s’apprête à vivre la dixième Coupe du monde de rugby de l’histoire, le XV de France sort d’un grand chelem magnifique et on célèbrera l’an prochain le bicentenaire de ce sport. La conjecture est, je trouve, assez merveilleuse. En ce sens, je ne vois pas comment la prochaine Coupe du monde ne sera pas inoubliable.

À quoi vous attendez-vous, au juste ?

La dernière fois que la France a accueilli la Coupe du monde de rugby, je n’en ai finalement pas vu grand chose et je le regrette un peu, oui (il était alors joueur). En 2007, le XV de France avait, pour être prêt à l’instant T, passé de longues semaines enfermé dans sa bulle à Marcoussis et nous, joueurs, n’étions donc sortis que pour nous rendre d’un stade à l’autre. Maintenant que je suis de l’autre côté de la barrière, j’ai un tout autre regard sur l’événement et je me rends compte quel impact phénoménal aura ce tournoi planétaire sur notre pays, sa population, ses territoires et son économie.

Vous êtes aussi responsable d’une action sociale d’importance, pour France 2023. Pouvez-vous nous en parler ?

Les organisateurs ont lancé une initiative me tenant particulièrement à cœur et se nommant le "Campus 2023" (www.campus2023.fr ; lire en page 9). Cette opération de grande ampleur consiste à recruter 2023 apprentis, tous destinés à devenir les dirigeants, les éducateurs et les administrateurs du sport de demain. Les équipes de Claude Atcher réalisent en ce sens un travail fantastique. L’idée ? On recrute, en collaboration avec Pole Emploi, des passionnés de sport, âgés de 18 à 30 ans, de niveau Bac, Bac + 3 ou Bac + 5, on leur offre une formation adéquate et ils auront, une fois la Coupe du monde terminée, la possibilité de poursuivre leur aventure dans les clubs et le monde du sport : ces milliers d’emplois font aussi partie de l’héritage que laissera, en France, la Coupe du monde de rugby 2023.

Dans quels secteurs les emplois sont-ils recensés ?

Principalement le sport, le tourisme et la sécurité. On a déjà beaucoup d’apprentis dans les clubs amateurs. Ceux-ci seront d’ailleurs au cœur du dispositif de la Coupe du monde. Et je souligne enfin que la parité chez les apprentis sera totalement respectée ; c’était un axe fort de notre engagement.

Vous avez vécu trois Coupes du monde dans votre carrière : 2003, 2007 et 2015. Laquelle fut-elle la plus belle ?

Ma première Coupe du monde, en 2003 (Australie), m’a vraiment marqué. J’avais 20 ans, la compétition était qualitative sur le terrain et très chaleureuse, autour. En termes de stress et d’émotions, la plus dure fut à n’en pas douter celle de 2007, en France. L’environnement était très présent, cette année-là. Enfin, je ne vous apprendrai rien en vous disant que la moins accomplie fut celle de 2015, où l’on a pris une belle tannée face aux All Blacks, en quarts-de-finale (62-13) à Cardiff.

Selon vous, le XV de France est-il le grand favori pour le Mondial 2023 ?

Aujourd’hui, la France est la deuxième nation mondiale et fait partie des favoris pour le titre suprême. Mais attention : avant une Coupe du monde, tout est remis à zéro et les deux mois de préparation physique qui précèdent le coup d’envoi du Mondial changent le visage de nombreuses équipes. Je pense, néanmoins, que l’équipe de France poursuivra sa montée en puissance.

Y a-t-il encore des places à prendre chez les Bleus ? Quels joueurs souhaiteriez-vous voir par exemple évoluer en équipe nationale, cet été lors de la tournée au Japon ?

Quelques-uns sont dans les petits papiers. L’été dernier, j’ai eu la chance de vivre quinze jours en Australie avec cette équipe de France : j’ai constaté que des joueurs qui ne faisaient pas forcément partie de la première liste de Fabien Galthié étaient néanmoins très performants. Les résultats, là-bas, ont d’ailleurs été encourageants. [..] En équipe nationale, la concurrence est féroce et il peut encore se passer mille choses avant le début de la compétition : il y aura des méformes, des blessés, des révélations… Tout le monde doit se tenir prêt.

Selon vous, qu’a amené Fabien Galthié à cette équipe de France ?

Fabien, c’est quelqu’un s’étant enrichi de multiples expériences en club, que ce soit à Paris, Toulon ou Montpellier, en équipe nationale, avec l’Argentine ou en tant que joueur, sous le maillot tricolore. Au fil de sa vie d’entraîneur, il a amassé une somme folle de connaissances et les a réadaptées à la sauce française. Aujourd’hui, le jeu qu’il a créé ressemble à la France.

Vous avez connu, à 20 ans, la médiatisation à l’extrême et une forme de célébrité, comme c’est le cas par exemple pour Antoine Dupont ou Romain Ntamack aujourd’hui. Quels sont les risques d’une telle exposition ?

Ils sont mieux entourés que je ne l’étais à l’époque. Ils ont des agents, des conseils, des gens qui drainent et filtrent les sollicitations. En clair, Antoine Dupont et Romain Ntamack ne consultent pas tout ce qui leur est proposé tous les jours. Et puis, ces deux-là ont la tête sur les épaules ; ce sont des mecs bonnards, qui aiment partager des choses. Il ne faut surtout pas qu’ils changent.

Les pensiez-vous aussi hermétiques à toute forme de pression ?

Ils sont habitués à gagner, ont connu quelques beaux succès dans certains des stades les plus hostiles de la planète. Mais attention : ils connaîtront un jour des moments difficiles, comme tous les grands sportifs. Un champion, ce n’est pas un robot. Au fil de sa carrière, il passe par différentes étapes et le rugby français en a semble-t-il pris conscience, ces dernières années. L’accompagnement est bien meilleur qu’il ne l’était.

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