XV de France - Bernard Laporte : « Il y a un gros travail en amont des séances »

  • Bernard Laporte revient sur la construction du staff tricolore.
    Bernard Laporte revient sur la construction du staff tricolore. Icon Sport
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Le patron fédéral Bernard Laporte raconte comment il a construit le staff du XV de France. Il partage aussi sa vision sur les séances « rugby » de son sélectionneur, Fabien Galthié.

En 2019, comment choisissez-vous l’ensemble du staff du XV de France ?

Cela s’est fait en plusieurs étapes. J’étais en contact avec Shaun Edwards, l’entraîneur de la défense, depuis le début de l’année 2019. Je voulais absolument qu’il vienne s’occuper de la défense du XV de France. Même après l’échec de la candidature Gatland, je souhaitais encore que Shaun vienne travailler avec nous. Dans le même temps, sur la fin du Tournoi, je consulte Raphaël Ibanez pour savoir s’il ne veut pas devenir manager des Bleus, après le Mondial. En discutant avec lui, l’idée de l’associer à Fabien m’est venue. J’avais aussi pris contact avec William Servat, dont on m’avait dit le plus grand bien sûr son travail à Toulouse. Quand je rencontre Fabien, je ne lui impose rien, mais je lui fais état des discussions que j’ai entamées. Il est emballé par Raphaël et William et veut rencontrer Shaun. Une seule condition pour lui : Thibault Giroud, pour s’occuper de la préparation physique. Ensuite, c’est lui qui me glisse les noms de Laurent Labit et Karim Ghezal.

Et vous lui octroyez ensuite de gros moyens humains et financiers…

Il fallait rattraper notre retard sur les Anglais et les Néo-Zélandais. Il faut des spécialistes dans chaque domaine pour pouvoir travailler avec des groupes de joueurs de trente à quarante-deux ! Un sélectionneur ne peut pas être avec tous, tout le temps. Et puis, c’est plus que positif d’amener de la compétence sur la défense, la touche, la mêlée, le jeu courant, les rucks, les skills. Et vous ne me parlez pas de la vidéo. Fabien a voulu un département vidéo très complet. Le staff du XV de France, c’est aujourd’hui un peu plus d’une douzaine de personnes.

N’y a-t-il pas le risque que le discours se disperse auprès des joueurs qui ont donc de nombreux intervenants ?

Non car la hiérarchie est bien établie. En haut, il y a Raphaël et Fabien. Raph pour l’extra-rugby et Fabien pour le terrain. Ensuite, les quatre adjoints terrains, Karim, Laurent, Shaun et William. Puis Thibault Giroud et les préparateurs physiques. Quand Fabien parle, tout le monde l’écoute.

Racontez-nous une séance, vu que cela fait partie de vos « plaisirs » de président de pouvoir les observer ?

D’abord, et je m’en suis rendu compte en Australie, il y a un gros travail en amont de la séance. Son découpage, son intensité, sa durée, le qui fait quoi, l’ordre des interventions, Fabien et son équipe ne laissent rien au hasard. Ils observent à la vidéo la séance précédente, pour préparer la suivante. Après, les rôles sont bien déterminés et les missions de chacun. Tu sens que le sélectionneur parle à l’ensemble du groupe, quand ses adjoints pendant une séance rugby, vont corriger, encourager, replacer techniquement, les joueurs de manière individuelle. Après, il arrive à Laurent Labit ou Shaun Edwards de diriger un exercice et Fabien se tient en observateur, prêt à distiller ses directives. Il n’y a pas de place au hasard. C’est aussi pour cela que j’ai tenu à prolonger Fabien rapidement dans son contrat. Mais cette fois-ci, c’est lui qui construira entièrement son staff. Mais bon, il ne devrait pas y avoir trop de surprises…

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