Gilles Belzons (Narbonne) : « On ne va pas abandonner le club s’il n’y a personne pour le reprendre »

  • Jacques Bascou, Gilles Belzons, Philippe Campos et Marc Delpoux, quatre des cinq coprésidents démissionnaires du RCN, ont tout donné pour essayer de maintenir leur club de cœur à flots.
    Jacques Bascou, Gilles Belzons, Philippe Campos et Marc Delpoux, quatre des cinq coprésidents démissionnaires du RCN, ont tout donné pour essayer de maintenir leur club de cœur à flots. Photo L’Indépendant
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Après avoir officialisé leur démission à l’issue de la saison ce mardi, Gilles Belzons, un des cinq présidents du Racing club narbonnais revient sur cette décision, sur le point de désaccord avec la municipalité ainsi que sur la situation financière du club. Bien que tous désireux de « passer la main », l’ancien deuxième ligne confirme que lui et ses coprésidents ne pourront pas laisser mourir ce club dans l’hypothèse où aucun repreneur ne se présenterait.

Vous avez annoncé votre démission ce mardi. Pourquoi cette décision ?

On a l’humilité de dire : « Si ça ne passe pas avec nous, on arrête. » On ne veut pas faire barrage à ce club. On voulait essayer de fédérer. Aujourd’hui, notre grosse déception et notre grand échec sont de ne pas avoir réussi à le faire. On s’est lancé par amour, par solidarité et pour que notre club ne disparaisse pas. Mais aujourd’hui, on n’a ni le pouvoir politique, ni le financier. On est atypique: tout ce que l’on a, c’est l’amour, le courage et le travail! On n’a pas un gros chéquier qui nous permettrait de combler, en fin d’année. Huit présidents lors des dix-huit dernières années, ça prouve une certaine instabilité qu’il y a à Narbonne, au niveau du rugby.

Êtes-vous déjà à la recherche d’un successeur ?

On a fait les choses dans l’ordre. D’abord, on a annoncé notre départ. Donc, non, nous ne sommes pas encore à la recherche d’un successeur. Nous n’avons eu aucun contact et aucun nom n’a même été évoqué. On a communiqué il y a très peu de temps, on va voir s’il y a des gens intéressés. Dans tous les cas, nous serons là pour aider et éviter au potentiel repreneur de perdre du temps sur le projet.

D’ici le mois de juin, si aucun successeur ne se présente, seriez-vous prêts à rester ?

La réponse est claire : on ne va pas abandonner le club s’il n’y a personne pour le reprendre. On continue à bosser, on ne s’arrête pas là. Cela doit être un atterrissage en douceur. Si personne ne souhaite reprendre ce club, on sera forcément obligés d’être moins ambitieux. Il ne faudra pas que les Narbonnais nous demandent d’être dans les deux premiers de Nationale. Si on arrive à se maintenir, on aura déjà fait le boulot. On va soutenir le sportif mais on ne dépensera pas l’argent que l’on n’aura pas. Et si personne ne vient nous aider, que sportivement ça se passe mal, on fera des derbys face à Gruissan ou on ira jouer en Fédérale 3 à Cassayet. Ce n’est pas grave.

Actuellement, quelle est la situation financière du club ?

Il ne faut pas que les gens pensent que l’on quitte le club car il y a des problèmes financiers. C’est faux. Quand on a repris le club sous l’ère de Jean-Louis Causinus, c’était le désert. Le club venait de subir une liquidation judiciaire. Trois ans après, on a tout de même restructuré le club. Oui, il y a du boulot pour celui ou ceux qui voudraient reprendre le RCN mais financièrement, il est sain. Il n’y a pas de cadavres dans le placard.

Si la municipalité est prête à vous apporter plus de soutien concernant les structures, seriez-vous prêt à renoncer à cette démission ?

J’ai presque envie de dire qu’aujourd’hui, il faut beaucoup de volonté avec des partenaires locaux et pas dans deux mois, mais dans les jours et les semaines à venir. Ce n’est pas un ultimatum, on ne met pas notre maire dos au mur. Mais voilà, nous n’avons pas le budget ni les structures. Nous ne sommes pas en conflit avec la municipalité de Narbonne. Le seul point où on n’arrive pas à tomber d’accord, c’est qu’aujourd’hui un club de rugby doit avoir un stade de rugby. Ici, ce n’est pas le cas. Le maire de Narbonne nous a bien dit que si nous attendions un stade de rugby, nous ne l’aurions jamais. C’est un complexe sportif que nous avons… Que l’on me trouve un club de rugby en France où quand on boit une bière à la buvette, avant le match, il y a un gars qui passe en faisant son jogging !

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Manon Moreau
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