Tournoi des 6 Nations féminin - Céline Ferer, la "Grande" entraînante

  • Céline Ferer, ici au centre de la photo, s’attend à un dur combat face aux Anglaises. Le supplément d’âme d’un public bayonnais qu’elle connaît bien ne sera pas de trop pour leur tenir tête.
    Céline Ferer, ici au centre de la photo, s’attend à un dur combat face aux Anglaises. Le supplément d’âme d’un public bayonnais qu’elle connaît bien ne sera pas de trop pour leur tenir tête. Midi Olympique
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Joueuse importante du groupe France, la Toulousaine Céline Ferer, qui a débuté le rugby à l’AS Bayonne, va forcément vivre un moment à part, samedi après-midi. Devant ses amis et sa famille, elle essayera de porter les Bleues vers un sixième Grand Chelem.

C’est peu dire que Céline Ferer va vivre, samedi, un match particulier. Car si la deuxième ligne fait le bonheur du Stade toulousain depuis maintenant trois saisons, c’est sur la Côte basque, et plus précisément à l’AS Bayonne que tout a commencé, en 2010. La jeune Céline n’avait alors que 19 ans et c’est par hasard, sur conseil d’une amie, qu’elle avait décidé de chausser les crampons. "Je cherchais à faire du sport. Je connaissais à peine les règles, mais j’ai essayé", racontait-elle, il y a quelques années. Jusqu’en 2019, elle fit le bonheur des Neskak (les filles en basque, NDLR) bayonnaises. Au moment d’évoquer son ancienne joueuse, Gilles Peynoche, président du club basque, explique : "Céline, c’est une double leader, à la fois sur le terrain et dans la vie de groupe."

Polyvalence deuxième et troisième ligne

Sur le pré, puisqu’il est avant tout question de rugby, Ferer est une joueuse de devoir, qui plaque à tout-va, enchaîne les tâches ingrates sans rechigner, ni fatiguer. "C’est un poison pour l’équipe adverse, car elle sait tout faire", note Jean-Matthieu Alcalde, son ancien entraîneur à l’ASB. "Elle fait l’unanimité avec son engagement sur le terrain", loue Gilles Peynoche. "Céline montre l’exemple dans le combat ou les rucks. Elle ne s’échappe jamais", complète la demi de mêlée du Stade toulousain, Pauline Bourdon. Précieuse en touche, où son mètre quatre-vingt lui permet de capter de nombreux ballons, Ferer s’est imposée, au fil des années, comme une fille importante du XV de France, avec qui elle a déjà remporté un grand chelem (2018).

Samedi, dans la quête d’un second titre avec l’équipe nationale, la joueuse de 30 ans devrait vraisemblablement démarrer la rencontre en troisième ligne, le staff tricolore ayant la volonté d’avoir un pack plutôt dense pour contrer les Anglaises. Si elle reste une seconde ligne de formation, Ferer a l’avantage d’être polyvalente. "Elle sait vite s’adapter. C’est une plus-value pour une équipe. Peu importe son poste, elle ferraille toujours autant", souligne Jean-Matthieu Alcalde. "Dans un groupe, cette polyvalence est hyper importante", ajoute Pauline Bourdon, qui a joué avec elle à Bayonne, avant de la suivre chez les Rouge et Noir. Là où elle a franchi un nouveau cap.

Pièce importante de l’équipe basque pendant les neuf saisons passées du côté du stade Pierre Cacareigt, Céline Ferer a, en effet, donné un coup d’accélérateur à sa carrière sportive en rejoignant Toulouse (2019), quelques mois après avoir signé un contrat fédéral à mi-temps. "Au Stade, Céline bénéficie de plus de structures pour s’entraîner, rappelle Bourdon. Forcément, ça lui a permis d’évoluer, même si la personne et la joueuse qu’elle est n’ont pas changé."

Bourdon : "Elle arrive à emmener un collectif"

En dehors du terrain, "Grande", puisque c’est ainsi que l’appellent ses coéquipières, fait partie des personnes qui comptent dans la vie de groupe. "Je suis toujours attaché à l’état d’esprit. Quand tu as quelqu’un de ce niveau-là et que tu es président, tu t’appuies sur elle", glisse Peynoche. "Elle peut être très sérieuse, mais quand elle lâche les chevaux… Elle est capable de mettre l’ambiance dans une équipe", rigole Alcalde.

Les jours de matchs, celle qui honorera, samedi, sa 52e sélection rassure dans le vestiaire, avant, donc, de l’animer en cas de victoire. "C’est une joueuse qui parle beaucoup, décrit Bourdon. Elle nous apporte beaucoup de sérénité, on a vraiment envie de la suivre. Elle arrive à emmener un collectif. C’est formidable d’avoir une joueuse comme ça, sur et en dehors du terrain, pour les troisièmes mi-temps."

Celle de samedi pourrait être mémorable, en cas de grand chelem, puisque la locale de l’étape guiderait alors ses partenaires dans les bars de Bayonne ou des alentours. "Ne vous inquiétez pas pour ça, je pense qu’elle a déjà tout préparé", se marre Bourdon. Mais avant ça, les Bleues doivent faire tomber une équipe d’Angleterre, contre qui elles n’ont plus gagné depuis le 10 mars 2018.

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Pablo ORDAS
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