Accession et maintien en Top 14 : une gageure pour un promu

  • Le fait d’être champions de Pro D2 assez tard diminue le temps de préparation de la saison suivante en Top 14. C’est le cas notamment de Perpignan, sacré l’an dernier et toujours dans la zone rouge. Mais surtout de Biarritz de Barnabé Couilloud (photo), officiellement relégué et qui était monté via le barrage d’accession face à Bayonne. Photos Midi Olympique – Patrick Derewiany
    Le fait d’être champions de Pro D2 assez tard diminue le temps de préparation de la saison suivante en Top 14. C’est le cas notamment de Perpignan, sacré l’an dernier et toujours dans la zone rouge. Mais surtout de Biarritz de Barnabé Couilloud (photo), officiellement relégué et qui était monté via le barrage d’accession face à Bayonne. Photos Midi Olympique – Patrick Derewiany
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Ce week-end a acté la relégation du Biarritz olympique, tout juste promu. Globalement, Le fossé s’est creusé entre les deux divisions profesionnelles. le changement de formule, en 2018, n’a rien arrangé.

Les promus sont-ils condamnés à vivre l’enfer ? Cette saison, Biarritz et Perpignan venus du Pro D2 en 2021 ont été rapidement collés aux deux dernières places. Battu à domicile par Castres, le BO a été officiellement relégué samedi quand Perpignan, malgré sa victoire, est toujours treizième. à l’étage au-dessous, c’est la même chanson pour Narbonne (déjà relégué) et Bourg-en-Bresse, quinzième.

Dans un passé récent, peu d’équipes venues de l’échelon inférieur ont pu se stabiliser. En Top 14, la dernière à avoir réussi ce pari, c’est Lyon, promu en 2016 et qui vise désormais chaque année le top 6. Ça fait donc six ans. Pau, monté en 2015, a aussi trouvé sa place dans l’élite.

Le fossé qui sépare le sommet de la pyramide du deuxième niveau semble donc de plus en plus ardu à franchir. La course à l’armement des clubs d’élite de plus en plus difficile à suivre et les aides accordées par la LNR ne sont guère significatives. En plus, il n’y a pas en ce moment en Pro D2 "d’anomalie", c’est-à-dire une équipe reprise par un très généreux mécène prêt à payer coûte que coûte, pour se faire une place au soleil (le Racing, Lyon et Pau jouèrent, naguère, ce rôle).

On remarque aussi que la réforme récente du championnat de Pro D2 n’avantage pas ses participants. La phase finale a été calquée sur celle de l’élite depuis 2018 avec, en plus, un barrage entre le treizième du Top 14 et le finaliste malheureux. Ce qui signifie que le champion de Pro D2 est couronné très tard, son adversaire malheureux doit attendre une semaine de plus pour savoir s’il va monter. Les promus ont donc très peu de temps pour se préparer et soigner leur recrutement. C’est un réflexe classique d’autoprotection de ceux qui ont réussi et qui veulent fermer la porte derrière eux.

Un désir de championnat quasi fermé ?

La LNR cherche à "protéger" son élite. Elle ne ferme l’accès au Top 14 mais elle en sécurise le billet, pour ceux qui y sont déjà. C’est une logique d’abord économique, un message de confiance à destination des partenaires, pour minimiser les risques d’accidents industriels.

L’Angleterre a toujours œuvré en ce sens, au point de carrément supprimer les descentes pour passer en ligue fermée (mais sa deuxième division a toujours été historiquement assez faible).

Côté français, les "petits" clubs essayent de faire entendre leur voix. La semaine dernière sur RMC, (Entre les Potos), Patrick Arlettaz, manageur de l’Usap, a officiellement demandé un retour en arrière : "Ce qui me semble le plus logique, c’est que le premier de la Pro D2 monte directement en Top 14. Et l’équipe qui gagne le championnat, à savoir celle qui remporte les demi-finales et la finale sans le premier du championnat, gagne le droit de monter en Top 14 après avoir gagné la finale de Pro D2. Ça protège le Top 14 et cela donne de la visibilité au premier, qui a potentiellement écrasé tout le monde. Ça fait des phases finales qui ne sont pas faites pour désigner un champion, mais pour monter en Top 14."

Dans nos colonnes, René Bouscatel président de la LNR avait réagi sur ce dossier. Il semble favorable au statu quo : "On voudrait revenir sur ce que l’on avait décidé. C’est bien ça ? Le sujet est porté par ceux qui veulent monter et ceux qui ne veulent pas descendre. Je peux comprendre le problème sportif qui est important mais je vois aussi l’apport en termes d’intensité et de visibilité pour le Pro D2, sans parler des droits télévisuels. Le système actuel a participé à l’évolution notable de la compétition, n’en doutons pas. À titre personnel, je vois les avantages supérieurs aux inconvénients mais si l’ensemble des présidents pensent le contraire, et dans l’intérêt de tous, je peux tout entendre."

Un connaisseur des arcanes de la ligue nous a confié que pour l’instant, la majorité politique se situe clairement pour le système actuel. Un statu-quo, donc. Beaucoup de présidents de Pro D2 ne sont pas pour la montée directe du premier, ils se satisfont d’une phase finale "classique" qui, selon eux, met davantage en lumière leur championnat. Et tant pis pour les promus, tardifs, qui foncent tout droit vers une mission quasi-impossible.

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