L'édito : Ciao BO

  • Brett HERRON (Biarritz).
    Brett HERRON (Biarritz). Icon Sport - Icon Sport
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L'édito du lundi par Léo Faure... Biarritz, c’est désormais officiel, retrouvera le Pro D2 la saison prochaine. Ce qui ne fait plus office de surprise, depuis la large défaite à domicile face à Toulon, début mars. La relégation est désormais mathématique.

Sans vraiment le dire, dans le secret qu’impose notre devoir de réserve, on avait déploré la relégation de l’Aviron bayonnais, la saison dernière. De la même manière, on contient mal notre déception au moment de voir repartir le BO, aussi vite qu’il était venu au Top 14. Les deux clubs peuvent bien aimer se détester, on les met sur un pied d’égalité au moment de cette confidence de profane : en rugby, une carte de l’élite française sans club du Pays basque est incomplète. Comme amputée d’un lobe de son cœur.

Le BO n’aura pas réussi le pari de se hisser sportivement au niveau de l’élite française. Il n’y a rien de honteux à cela. La marche est diablement haute. Et on remarque, ici, la constance de cette mesure. Elle est également haute pour l’Usap, qui avait pourtant écrasé de tout son poids le dernier Pro D2 mais qui, malgré la belle victoire de ce week-end, stagne à la treizième et avant-dernière place. Avant eux, elle fut élevée pour Mont-de-Marsan, Agen, Montauban, Oyonnax et tant d’autres.

Pour autant, et aussi cruel qu’il puisse être pour ceux qui le subissent, le jeu des relégations nous paraît essentiel. Même nécessaire au spectacle et la vie d’un championnat. Il en est le péril, donc le sel au fond du classement. Celui sans quoi on ne viendrait plus au stade, ou sans la même ferveur dès lors que son club serait décroché.

À titre de comparaison, on a vu ce week-end la fournaise d’Aimé-Giral s’embraser de mille couleurs et autant de parfums. Entre Perpignan et Brive, on jouait un match pour la survie, ce qui exalte autant de sens qu’un match pour un sacre. Dans le même temps, dans le championnat d’Angleterre qui a décrété une ligue fermée (donc sans relégation), on a vu l’historique club de Bath, déjà bon dernier, prendre 60 points (64-0) dans l’indifférence générale. Façon Super rugby. Quand il n’y a rien à jouer, il n’y a rien à célébrer. Et rien à pleurer.

Le BO ne connaîtra pas ce sort d’un maintien sans saveur que, en réalité, on ne lui souhaite pas. Il devra bien au contraire se réconforter de ces souvenirs : au long des huit derniers mois, il a logé au cœur de ses supporters quelques moments d’exception. La victoire inaugurale face à l’UBB, celle rocambolesque face au Stade rochelais. Le Racing, Brive et Paris sont aussi tombés à Aguilera. Les émotions, alors, furent immenses. Exagérément intenses, comme seul le sport sait en offrir. En ce sens, le BO aura bien rempli sa mission.

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