XV de France : Dix de chute pour les Bleues, autopsie d’un échec

  • Symbole de la puissance anglaise, la pilier Sarah Bern s’écroule dans l’en-but au terme d’un énième ballon porté que les Françaises ne sont jamais parvenues à défendre.
    Symbole de la puissance anglaise, la pilier Sarah Bern s’écroule dans l’en-but au terme d’un énième ballon porté que les Françaises ne sont jamais parvenues à défendre. Midi Olympique - Pablo ORDAS
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Dépassées dans la dimension physique et dominées en conquête, les bleues ont essuyé une dixième défaite consécutive contre les Anglaises, qui remportent de fait leur quatrième tournoi consécutif avec un nouveau grand chelem à la clé. Forcément inquiétant en vue du mondial…

Et à la fin, ce sont (encore) les Anglaises qui gagnent. L’adage qui sied à merveille aux All Blacks chez les garçons est désormais celui qui va le mieux aux Anglaises qui, samedi dernier à Jean-Dauger, ont remporté leur vingt-troisième victoire consécutive, ainsi que leur quatrième Tournoi des 6 Nations de suite, lequel est assorti d’un grand chelem, le quatrième en six ans. Avec un tel bilan, les Red Roses confirment qu’elles sont bien la meilleure équipe au monde. Les Bleues, elles, descendent à la quatrième place du classement World Rugby, derrière le Canada. Mais surtout, elles ont encaissé leur dixième défaite consécutive contre les protégées du sélectionneur Simon Middleton. Bête noire ? Vous avez dit bête noire ?

Le problème, c’est que les Bleues commencent à en avoir assez de leur parler de ces défaites : « Il faut arrêter de parler des défaites, bouillonnait la demi d’ouverture Jessy Trémoulière en conférence de presse, regardez le match d’aujourd’hui, elles ont fait zéro franchissement, en défense on les a plutôt bien maîtrisées, bien concassées. Les Anglaises, elles ont quoi de plus que nous à part le physique et les ballons portés ? Elles jouent sur leurs points forts, tant mieux pour elles. » On veut bien entendre qu’une compétitrice soit blessée par la défaite. Mais on ne peut décemment par recevoir le raisonnement de la Clermontoise. Pourquoi ? Parce qu’elle sait comme nous que dans ce jeu, la dimension physique et les ballons portés sont deux armes qui suffisent pour remporter des titres. Soulever des Coupes d’Europe (dédicaces au Leinster et à Exeter) et même des Coupes du monde (pas vrai les Springboks de 2019 ?!). Et quand on ne les a pas, il faut au moins une conquête irréprochable pour offrir un minimum de puissance de feu aux trois-quarts.

Contrées en conquête

Et c’est bien là le problème. Les Bleues ont été prises en mêlée fermée et contrées en touche, comme le reconnaissait la capitaine Gaëlle Hermet : « À chaud, il y a beaucoup de déception dans ce secteur de la touche. Devant, on a une équipe capable d’avoir une conquête propre. Aujourd’hui, on n’a pas réussi à s’adapter à ce qu’elles proposaient.»  Même écho du côté de la manager Annick Hayraud, qui constatait les dégâts : « On doit s’adapter sur notre conquête. Tous ces ballons qu’on perd on ne le joue pas et on les donne à l’Angleterre. Plus on leur donne des ballons, plus c’est compliqué. On a peu d’opportunités. C’est un axe de progression. On devra regarder aussi les ballons portés. Même si les filles ont eu beaucoup de cœur, on va devoir trouver des solutions aussi.»

La Colère de Bernard Laporte

Nos Bleues pourront toutefois se regarder dans les yeux : « Je suis très fière du groupe et de l’état d’esprit. Dans l’intensité et le fait de vouloir défendre notre ligne, nous avons montré notre visage.», appuyait Hermet. C’est vrai. Mais l’Angleterre était tout simplement trop forte. Trop puissante. Tant devant que derrière, où Emily Scarratt a encore une fois fait l’étalage de son excellence. Pour battre cette équipe, il aurait fallu trois Madoussou Fall à cette équipe de France. La Girondine fut la seule à rivaliser dans ce choc frontal avec les Cleall, Packer et autres Bern, dont le doublé illustre bien la puissance brute du pack anglais. Il aurait fallu une Jessy Trémoulière dans le XV de départ et dans un grand jour pour assister Chloé Jacquet et Laure Sansus dans leur mission d’occupation au pied du terrain. Et il aurait fallu une autre Laure Sansus pour faire des différences. Car la demi de mêlée était surveillée de près par les Red Roses, qui ne lui ont pas concédé un centimètre au ras des rucks. Et pourtant, elle s’en est sortie.

Cette équipe de France a des qualités. Elle défend très bien. Elle est tenace. Elle est endurante et mobile. Plus que son adversaire du jour d’ailleurs, car elle a mieux fini la rencontre. Mais cela ne suffit pas pour renverser la meilleure nation au monde. Et à ce que l’on en sait, cette dixième défaite n’a pas du tout été au goût du président de la FFR, Bernard Laporte, qui s’est rendu aux vestiaires une fois la rencontre terminée pour manifester sa colère auprès des joueuses et du staff, lequel semblerait fragilisé… Pas idéal à cinq mois d’une Coupe du monde en Nouvelle-Zélande, actuelle deuxième nation mondiale.

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Simon VALZER
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