Pro D2 - Proche de la quatrième place, Colomiers veut rendre sa saison ordinaire exceptionnelle

  • Pro D2 - Le capitaine columérin Anthony Coletta, lors du match aller contre Bourg-en-Bresse
    Pro D2 - Le capitaine columérin Anthony Coletta, lors du match aller contre Bourg-en-Bresse Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

Après un départ canon, Colomiers a traversé un hiver passable, lors duquel ses résultats et son jeu n’étaient pas au niveau attendu. Malgré tout, les deux derniers matchs peuvent permettre à la Colombe de recevoir un barrage. Une éventualité inespérée qui confirmerait les avancées du club en coulisses.

Et si Colomiers rugby réalisait l’impossible ? Du moins, ce qui était considéré comme impensable au cœur d’un hiver difficile… À deux matchs du terme de la phase régulière, la Colombe a l’USON Nevers rugby à portée de tir. La cible ? Sa quatrième place, un objectif exprimé en interne en début de saison. « On ne l’a jamais crié haut et fort mais c’est clairement notre objectif d’être dans les quatre, reconnaît le capitaine Anthony Coletta. Et on est content d’avoir cette opportunité. » Finalement, les Columérins, qui n’ont pas gagné à l’extérieur entre le 19 novembre et le 15 avril, ont surfé sur leur avance acquise en début de saison grâce aux cinq succès obtenus. « On fait un gros début de saison puis on connaît un trou car il y a énormément de blessés devant », poursuit le troisième ligne. Jamais on n’aurait pu imaginer qu’un tel scénario se produise deux saisons consécutives. Comme l’an passé, Colomiers rugby a vu son infirmerie se remplir de façon démesurée, montant jusqu’à 19 blessés dans le groupe professionnel. « Notre groupe a de la qualité mais il est un peu jeune, évalue l’ancien Dacquois. Et on a manqué d’expérience au moment où il en faut le plus, soit en hiver. » Surtout, l’indisponibilité de Romain Bézian, victime d’une complication lors d’une opération de nettoyage du genou, aura sans doute fragilisé le système de jeu columérin tant il est important sur le terrain et dans le vestiaire. « Pour moi, c’est un élément essentiel de notre huit de devant. De plus, on l’a perdu pour un truc anodin », regrette le président Alain Carré.

Plusieurs jeunes ont pris les devants

Pour pallier ces nombreux blessés, les dirigeants columérins ont notamment fait appel à Karl Chateau. S’il ne reste pas à l’issue de la saison (le troisième ligne rejoindra Vannes), celui-ci a pu faire part de son expérience et de son savoir-faire en Pro D2. Aussi, cela a été l’occasion pour d’autres joueurs de prendre du galon. Alexandre Ricard (24 ans) s’est ainsi imposé comme un spécialiste de la touche. Yann Peysson (21 ans) a pu enchaîner pour la première fois à ce niveau, montrant les qualités requises dans le franchissement et le jeu de main.

Julien Sarraute, entraîneur en chef, fait preuve de mesure : « On a toujours été capable de faire de bonnes choses. Ces derniers temps, nous avons juste été plus efficaces sur nos temps forts. Et cela a mis en évidence nos qualités. » Le retour en grâce de Michele Campagnaro (lire notre édition du 25 avril) symbolise à merveille la progression que connaît le groupe du duo Berneau-Sarraute.

Aussi, il est nécessaire d’évoquer le caractère dont il a fait preuve tout au long de la saison. Est-ce la conséquence des pépins physiques rencontrés ? Toujours est-il que la Colombe a systématiquement su revenir dans les matchs où elle était larguée. Si les défaites à Nevers, à Béziers et contre Carcassonne dans les derniers instants ont servi d’exemples et sont encore aujourd’hui fraîches dans les mémoires, les récents matchs montrent toute l’abnégation des Columérins. Sans compter qu’ils sont parvenus à battre Bayonne, Mont-de-Marsan, Oyonnax par deux fois et Nevers. De quoi rassurer à quelques encablures de la phase finale.

Un nouvel actionnaire majoritaire

Il est raisonnable de statuer que la qualification est actée. D’une part parce que sept points séparent les Haut-Garonnais de Provence rugby, septième, qui doit encore affronter Oyonnax et Mont-de-Marsan. Et surtout, parce que même les joueurs, d’ordinaire très prudents, le confessent. Désormais, il est question de quatrième place, synonyme de barrage à domicile. Cela permettrait à l’équipe administrative de consolider le travail accompli. Parce que les avancées en coulisse ont été nombreuses et conséquentes.

Premièrement, l’actionnariat majoritaire a été transféré d’Alain Carré à Alain Montean. « Je suis dépassé », sourit le président. Alain Montean était déjà un partenaire de longue date du club par le biais de son entreprise Lagarrigue.

D’ailleurs, le conseil d’administration voit entrer cinq nouveaux membres : le nouveau patron de Lagarrigue Jean-Pierre Mahé, Frédéric Lutz (BTPMP) et les « fils de » Pierre Gatimel, Frédéric Carré et Damien Cathala. L’augmentation du capital est de l’ordre de 450 000 €. « On est dans la continuité de ce qui se fait à Colomiers, mais en apportant un regard plus jeune », témoignait Alain Carré. Le président de l’UPCR a d’ailleurs officialisé le lancement des terrasses, financées par la SASP et destinées aux partenaires, qui prendront dès le 1er janvier 2023 toute la partie haute de la tribune présidentielle plus une nouvelle structure sur sa façade nord. Aussi, les infrastructures d’entraînement seront rénovées, tout comme l’entrée du stade.

La montée envisagée

Forcément, quand un club se fixe comme objectif d’être dans les quatre premiers, il n’est pas excessif d’évoquer une montée. Et ce même si ce n’est pas l’idée à court terme. « Si une montée sportive arrivait, on l’assurerait, pose Alain Carré. En intégrant un pool d’actionnariat important, on assumerait cette montée. » Mais le chemin à parcourir est encore long.

Après cette saison, il faudra aussi se pencher sur la vingtaine de joueurs dont le contrat expire en 2023. Après les départs de Florian Nicot, Mihai Macovei, Clément Chartier, Victor Delmas et Kane Palma-Newport, il n’est pas impossible que l’on assiste aux fins de carrières d’Alexis Palisson, Grégoire Maurino, Hikawera Elliot et Beka Sheklashvili… Face à ce changement de cycle, le défi à relever sera grand pour ce club qui n’hésite pas à lancer ses jeunes dans le grand bain. D’autant que le cas des entraîneurs, qui ont de grandes chances de prolonger, doit être aussi réglé à l’intersaison. Les chantiers ne manquent pas à Colomiers…

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