Challenge Cup - Face aux Wasps, les Lyonnais vont devoir forcer leur nature

  • Les Lyonnais de Baptiste Couilloud affrontent les Wasps ce samedi.
    Les Lyonnais de Baptiste Couilloud affrontent les Wasps ce samedi. Icon Sport
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Entre un public, parfois timide, appelé à venir soutenir en masse le Lou, et une équipe, capable du meilleur comme du moins bon, qui n’a pas encore donné sa pleine mesure, les Lyonnais dans leur ensemble vont devoir forcer leur nature pour s’ouvrir les portes de la finale.

Le frémissement ressenti depuis quelques semaines va-t-il devenir un bouillonnement et déborder d’énergie ? Contre Glasgow samedi dernier, les tribunes du Matmut Stadium Gerland étaient loin d’être remplies. Mais beaucoup de présents ont compensé les espaces vides et fait du bruit pour deux, voire pour trois ou quatre.

« Nous avons senti les dix mille personnes derrière nous et je les remercie, soufflait Pierre Mignoni. Mais si nous sommes vingt mille, cela peut être encore mieux ! Je lance un appel à toute la région lyonnaise. Nous avons besoin de tout le monde pour aller à Marseille et gagner cette Coupe d’Europe ! »

Le soutien espéré sera-t-il au rendez-vous ? Tout le Lou l’espère. Et le mérite, à l’image de son manager, Pierre Mignoni, arrivé en 2015, après une nouvelle relégation en Pro D2. Sans préjuger du futur destin du Lou en Top 14, pousser les portes d’une finale sera déjà un premier accomplissement avant de retourner sur la rade.

Les Lyonnais vont devoir éviter plusieurs écueils. Le premier, peu probable sera de se satisfaire d’être arrivé là. Il a pour lui l’expérience de deux demi-finales de Top 14, en 2018 et 2019, battu respectivement par Montpellier et Clermont, sur des scores à chaque fois sans appel (14-40, 13-33). « Nous savons que cela avait été des réussites à l’époque d’atteindre les demi-finales, rappelle Baptiste Couilloud. Mais cela reste des blessures au fond de nous. Nous nous étions fixés comme objectif le droit de jouer ce genre de match. C’est chose faite pour le moment. À domicile, il faudra gagner. » 

Ne rien laisser de facile à l’adversaire

Pour y parvenir, ils devront se méfier de leur meilleur ennemi : eux-mêmes. Capables du meilleur et du pire, les Lyonnais devront cette fois donner le meilleur d’eux-mêmes, puiser au fin fond d’eux-mêmes pour se transcender et battre une formation qui ne leur donnera rien de facile. Le défi est au moins aussi rugbystique que psychologique. « Cette équipe a besoin de comprendre qu’elle n’a pas atteint ses limites et qu’elle se met des barrières toutes seules, explique l’ancien demi de mêlée. Attention, je ne dis pas que l’équipe en face n’est pas bonne. Nos limites doivent être franchies. Les joueurs doivent sortir un peu du cadre, croire vraiment en eux. Ils ont le potentiel pour faire des choses incroyables. Mais entre le chaud et le froid, il y a parfois une trop grosse différence. Les joueurs se créent de l’inconfort. Nous ne sommes pas précis sur des bases, sur notre rugby, sur des choses simples, sur lesquelles nous nous mettons en danger. » 

Si certains défauts ont pu être cachés, certaines erreurs être compensées, l’élévation du niveau d’adversité, avec par exemple un adversaire excellent en touche, ne seront plus acceptables. La question n’est pas tant de savoir si le Lou va gagner demain – nous n’avons pas de boule de cristal – que de faire en sorte de ne pas donner les ballons pour se faire battre, son pire défaut.

« Je ne vais pas présenter les Wasps, les Saracens ou Toulon, poursuit le coach. Nous sommes capables d’être à ce niveau-là, mais nous sommes aussi capables de nous tirer des balles dans le pied. » Ce fut le cas samedi dernier contre Glasgow, contre qui il a frôlé la correctionnelle. Saura-t-il, une semaine plus tard, gommer certaines imperfections, serrer les rangs et ne rien laisser de facile à son adversaire ? Il reste à espérer qu’il saura apprendre, et vite. « Nous affrontons une équipe habituée du haut niveau européen, qui a l’habitude jouer le haut du tableau, rappelle Baptiste Couilloud. Historiquement, les Wasps sont très bons en Coupe d’Europe. »

Mais l’histoire du Lou, comme l’aiment à le répéter les Lyonnais depuis le début de l’aventure européenne, s’écrit à chaque match. Il reste à faire en sorte que le mot fin ne soit pas écrit demain après-midi.

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Sébastien FIATTE
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