Challenge Cup - Toulon - Saracens, comme on se retrouve...

  • Toulonnais et Saracens ont dominé le rugby européen des années 2010. Ils se retrouvent ce samedi.
    Toulonnais et Saracens ont dominé le rugby européen des années 2010. Ils se retrouvent ce samedi. Alexandre Dimou / Icon Sport
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Samedi soir, à Mayol, Toulon reçoit les Saracens, en demi-finale de la Challenge Cup. Une affiche qui sent la poudre sur la pelouse, et la nostalgie en dehors.

Dimanche dernier, la pluie redoublait à l’image des sourires sur le visage des supporters toulonnais. Voilà des semaines qu’ils ont troqué la grisaille du début de saison pour les rêves d’une fin étoilée. Dans les bars jonchant l’Avenue des Légendes, jusqu’à la Place Besagne, l’analyse de la courte victoire face au London Irish (19-18) tournait court devant l’identité du futur adversaire, en travers de la route vers Marseille. Les Saracens, une vieille connaissance rappelant de très bons souvenirs, au mitan des années 2010, ont déjà été sur le chemin vers la gloire continentale.

En phase finale, le club de la Rade compte deux succès, en autant de matchs, en demi-finale (12-24, 2013) et finale (23-6, 2014) de la feu HCup. Les victoires demeurent dans la mémoire collective. « Ces rencontres font partie des plus difficiles de ma carrière, se remémore Steffon Armitage. Personne ne croyait en nous, on savait que notre équipe en était capable. Ce sont des moments spéciaux de ma carrière. Que les supporters parlent encore de ces ça… J’en suis fier et ça me touche (rires) ! »

Toulon doit maîtriser l’art de la patience « pour provoquer l’erreur » 

À l’heure d’ouvrir le livre de souvenirs, le frère cadet de Delon a le verbe vif, la flamme s’embrase. Les deux entités ont marché sur l’Europe pour broder trois étoiles, au-dessus de leur fanion (2013, 2014, 2015 ; 2016, 2017, 2019). « Il y avait de la rivalité dans ces rendez-vous, car on savait que nous étions les deux meilleures équipes. Vous verrez, ils viendront à Mayol avec un sentiment de revanche à cause de nos succès. »

Si les loups de Laporte ont tous quitté les bords de la Méditerranée, une poignée des pensionnaires de l’Allianz Park (George, B. Vunipola, Farrell, Goode…) a connu ces cruelles déconvenues.

Promu en Premiership, après avoir passé un an au purgatoire pour non-respect du salary-cap, le club de Londres a conservé l’ADN qui lui avait permis de devenir l’épouvantail continental. « L’entraîneur Mark McCall est là depuis une décennie. Son rugby se base sur une grande maîtrise des fondamentaux, une défense qui montre très vite, une occupation parfaite au pied, analyse Tillous-Borde. Serin aura une grande importance. Face aux Saracens, je n’exposais jamais Jonny Wilkinson pour éviter qu’il subisse des plaquages. »

Armitage confie à ses successeurs la recette pour contrecarrer les forces adverses. « Tout le monde est en pleine forme. Comme à l’époque, ça va être le plus patient qui va l’emporter. Il faut attendre pour provoquer l’erreur de l’adversaire. »

Et d’ajouter : « Sur ces matchs, Bernard (Laporte) nous menaçait de tout donner sinon on partirait du club. On le respectait et on avait un peu peur avant, c’est parfois bon sur ces moments. » 

Ces événements, joyeux ou malheureux, participent à cimenter la vie d’un groupe. « Le vécu des Sarries est énorme. Farrell joue ces matchs à enjeux depuis 10 ans. Ils sont habitués à gagner. Toulon est en train de créer son histoire même s’il peut y avoir un manque de fraîcheur avec l’enchaînement. Les face-à-face directs, Etzebeth – Itoje, Parisse – Vunipola… seront déterminants. Mentalement, tu dois te préparer », prévient « Titi ».

Mayol, l’atout « primordial »

Pour faire front, les Rouge et Noir de la Rade peuvent s’appuyer sur l’engouement populaire. « C’est primordial », pour le manager de Bourgoin-Jallieu. Son ex-équipier s’énamoure de Mayol. « Ces incroyables supporters prouvent au monde entier qu’ici, c’est spécial. Aux gars de s’appuyer sur eux pour montrer que c’est le meilleur endroit au monde pour jouer au rugby. »

Devant la presse, Azéma, Tolofua et Smaili ont appelé à faire rugir l’enceinte : « J’espère que les supporters vont répondre présents, appuie le jeune centre. Ça fait un moment qu’on n’a pas eu un match comme ça chez nous. » A contrario du week-end dernier, le soleil est attendu sur la Rade. Un signe ?

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Mathias MERLO
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