Nevers dans le grand champ des possibles

  • Les Neversois de Rudy Derrieux réussissent une saison très convaincante. Seront-ils capables de se transcender encore ? Photo Icon Sport
    Les Neversois de Rudy Derrieux réussissent une saison très convaincante. Seront-ils capables de se transcender encore ? Photo Icon Sport Icon Sport - Baptiste Fernandez
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Arrivée en phases finales pour la deuxième fois en cinq ans, l’USON Nevers Rugby entend jouer sa carte jusqu’au bout, sans s’interdire de regarder plus haut.

Vendredi 13 mai, l’Uson Nevers Rugby fêtait le cinquième anniversaire de son accession en Pro D2, décrochée à l’issue d’un match retour à sens unique face à Chambéry, dans un Pré-Fleuri rempli jusqu’aux cintres et déferlant en vagues sur la pelouse. Jeudi 19 mai, le stade aux 7 500 places sera probablement à guichets fermés pour une autre pierre blanche dans l’histoire du club, le premier match de barrage à domicile, face à Carcassonne.

Trois ans après avoir goûté aux phases finales, sur la pelouse de Bayonne, le groupe vit cette deuxième qualification avec un état d’esprit différent : "Les joueurs n’ont pas débordé de joie alors que cette quatrième place est notre meilleur résultat depuis cinq ans", constate le président Régis Dumange. Le contexte du 30e et dernier match de la saison régulière, face à une équipe de Montauban pétrifiée par la disparition de Kelly Meafua, n’a pas incité à une euphorie déplacée, mais ne suffit pas à expliquer cette sobriété : "C’est vrai qu’il y avait beaucoup de retenue, devant toute cette souffrance des Montalbanais. Même le stade n’a pas autant vibré que d’habitude, il ne s’est relâché que sur la fin, par respect pour Montauban. Mais après le match, je n’ai pas trouvé mes joueurs aussi éclatants que je le pensais. Ils sont déjà partis sur autre chose." Comme si la qualification n’était pas une fin en soi.

Les joueurs, maîtres du destin

Si l’expérience de 2019 avait la saveur de l’inouï, l’Uson revient en phases finales avec l’envie de continuer l’aventure aussi loin que possible. "À Bayonne, on n’était peut-être pas venus pour gagner, il y avait la sensation d’un objectif déjà atteint. La responsabilité était moindre", se souvient le manager Xavier Péméja, qui n’a toujours pas digéré le scénario du match : un essai gag et cadeau d’emblée, un carton rouge au bout de dix minutes, et au final une défaite 32-26 : "Après coup, on s’est rendu compte qu’en étant plus sérieux, on pouvait gagner. Et c’est Bayonne qui finit champion de France…"

Cette année, l’histoire n’est pas la même : "On a une responsabilité. On reçoit, le public sera derrière nous. Il faut que ce soit une communion." Le cuir du manager est tanné par les saisons, mais l’émotion de cette prolongation privilégiée reste la même : "Les phases finales, c’est quelque chose d’unique, parce qu’on ne sait jamais si on va y revenir. Là, c’est une autre histoire qui commence."

Treize ans après avoir créé la société anonyme sportive professionnelle (Sasp) Uson Rugby Plus, qui lançait vers les cimes un club centenaire ronronnant en Fédérale, Régis Dumange savoure, sans excès : "Nevers avance masqué, on n’en parle pas, et c’est très bien comme ça. C’est comme un chef d’entreprise, il faut rayonner dans l’ombre. Et surprendre ceux qui sont éclairés." Dans des phases finales où tout est ouvert, l’accession en Top 14 n’est pas un rêve cognant au plafond de verre. Même si ni les joueurs, ni le staff, ni le président n’en parlent : "On n’a jamais dit qu’on voulait monter en Top 14. En toute honnêteté, je n’y ai même jamais pensé. Notre accession en Pro D2 a été très rapide, les saisons passent vite. On est le 19e club français, et c’est déjà fantastique", sourit Régis Dumange, qui ne ferme pas la porte à l’irrationnel. "Les joueurs ont le destin entre les mains. Et on ne peut pas leur interdire d’avoir des objectifs. Si la montée doit se faire, on s’adaptera. On n’a que du bonheur devant nous. On est sans pression, et c’est là où on est le mieux."

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Sébastien CHABARD
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