Tendance : une ligue fermée ? Plutôt crever...

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Il n’y a qu’à jeter un œil sur ce qui se passe en Angleterre pour comprendre à quel enfer peut ressembler une ligue fermée. Et depuis que Bath, lanterne rouge du Premiership, a compris que le champion de deuxième division (Ealing) ne pourrait honorer sa montée en raison d’infrastructures jugées obsolètes, le club de Bruce Craig est en roue libre, encaisse branlée sur branlée et, malgré un effectif grassement rémunéré, donne une bien triste image de cette entité, pourtant vainqueur de la Coupe d’Europe en 1998. Le championnat d’Angleterre, en cette fin de saison, ce sont d’un côté six équipes qui se battent pour la qualification et, de l’autre, sept autres qui s’ébrouent dans un ventre mou dénué d’intérêt sportif, où les scores fleuves se succèdent dans une infinie monotonie. Alors, est-ce un ennui similaire qui aurait vérolé le Top 14 si la Ligue, aux heures les plus sombres de la pandémie, avait cédé aux sirènes des fonds d’investissement ? Ceux-ci, qu’ils se nomment CVC, Novalpina ou Advent, auraient-ils aussitôt gelé les championnats professionnels de l’Hexagone ?

Si cette crainte était évidemment réelle, on ne connaîtra pourtant jamais les réelles intentions de ces multimilliardaires qui achètent, refondent, découpent et revendent les entités sportives qui s’offrent à elles. Et si on ne le saura jamais, c’est que l’ancien président des présidents, Paul Goze, puis son successeur René Bouscatel, n’ont jamais fait le choix de l’argent facile, préférant souscrire un prêt garanti par l’état de 15 millions d’euros plutôt que de vendre leur âme au diable. Quinze millions ? C’est maigre, si on compare cette enveloppe aux centaines de millions qu’auraient injecté les fonds, en s’octroyant au passage un pourcentage substantiel des actifs de la Ligue. Mais au printemps 2022, les clubs pros ont pour eux leur liberté : celle de changer ou pas de formule en Pro D2, de conserver ou non les phases finales à l’étage supérieur, de choisir leur destin et dire non à la ligue fermée. Car celle-ci, qu’on le veuille ou non, est le triomphe de la consanguinité, le couronnement de tout ce que le sport pro comporte de plus superficiel, la disparition brutale de tout ce que l’on aime dans le Top 14, ces Perpignan - Biarritz joués la peur au ventre, ces Brive - Pau où le vaincu, sur un fait de match, voit s’évanouir le travail de toute une année. Alors ? Puisse-t-elle ne jamais traverser la Manche…

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