Carcassonne : têtes hautes et cœurs lourds

  • Grosse déception pour le manager de l’USC, Christian Labit, qui avait envie d’aller plus loin.
    Grosse déception pour le manager de l’USC, Christian Labit, qui avait envie d’aller plus loin. Photo Icon Sport - Icon Sport
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Passés tout près de l’exploit, les joueurs de l’USC sont repartis du Pré-Fleuri avec autant de fierté que de regrets.

Ils s’enlacent et se consolent, prolongent pour quelques minutes encore l’épopée qui les a menés au premier match de phases finales dans la longue histoire de Carcassonne en Pro D2. Quelques larmes coulent. Bulle de tristesse dans l’ivresse d’un Pré-Fleuri qu’ils ont failli dessaouler, un gros quart d’heure plus tôt. Le capitaine Clément Doumenc et ses copains se repasseront sans doute le film de ces minutes fatidiques où ils ont failli passer en tête. Jusqu’alors impeccable (4/4), le buteur Samuel Marques manque la cible (66e) ; deux minutes plus tard, c’est le drop de Damien Anon qui s’écrase sur le poteau. "Ce match se joue sur des détails, sur ces deux coups de dés", soupire Clément Doumenc. "Si la victoire tombe de notre côté, ce n’est pas immérité non plus." Jeudi soir, la chance avait choisi son camp, et il n’était pas carcassonnais. La place en demi-finale s’est jouée sur une histoire de centimètres et de centièmes. Ceux qui empêchent Maxime Marty d’aplatir le premier essai du match en première période, sur le coup de pied de renvoi suivant la pénalité du 6 à 3 pour Nevers. Ceux qui envoient Issam Hamel sur la trajectoire d’une passe dans le désordre et donnent aux Neversois un avantage décisif à sept minutes du terme (21-12).

Si près du bonheur, adoubés par l’adversaire et le public, les Carcassonnais oscillent entre fierté immense et profonds regrets à l’heure du bilan : "Personne ne nous attendait là. On n’avait aucune pression. Notre groupe a été incroyable toute cette saison. Sans prétention, ce soir il y avait la place, mais plusieurs décisions litigieuses n’ont pas été pour nous", pointe le capitaine. Et tant pis si le nombre des pénalités est à peu près équilibré entre les deux équipes : "On a été arbitrés comme une petite équipe. Mais Nevers mérite sa victoire. Bon courage à eux pour la suite."

La fin d’une belle saison

Visage fermé, Samuel Marques ne veut se souvenir que des belles choses : "On a neuf heures de bus pour rentrer. Si on les passe à ruminer, ça va être long. On peut être fiers de ce qu’on a réalisé, on a montré qu’on avait du caractère. On sort la tête haute. Ce soir, c’est la fin d’une belle saison." La fin d’un groupe, aussi, qui va voir une bonne partie de ses membres partir vers d’autres cieux, souvent plus cossus que celui de Carcassonne. Architecte de l’effectif, le manager Christian Labit ne cache pas une certaine lassitude dans ce chantier de la reconstruction permanente : "Ce groupe, c’est une aventure de trois-quatre ans. On est allé chercher des joueurs dans des clubs qui ne comptaient pas sur eux, et sur lesquels on pouvait compter. Maintenant, ils s’en vont. On travaille pour les autres clubs, c’est usant. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de rester dans cette philosophie."

Biberonné à la culture de la victoire, notamment au Stade toulousain ou en équipe de France, le manager de l’USC ne digère pas l’issue du barrage : "C’est la déception qui prime. On doit toujours avoir envie d’aller plus loin, gagner, gagner. On perd sur des coups qui ne sont pas stratégiques : l’essai qu’on ne marque pas, l’essai casquette qu’on prend en fin de match. Alors on se doit d’être frustré." Ses neuf heures de bus seront longues.

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