Exploit d’Albi qui renverse l’ogre Massy

  • Benjamin Caminati et les Albigeois ont fait chuter le leader omnipotent Massy. Un très bel exploit ! Photo La Dépêche du Midi - Émilie Cayre
    Benjamin Caminati et les Albigeois ont fait chuter le leader omnipotent Massy. Un très bel exploit ! Photo La Dépêche du Midi - Émilie Cayre
Publié le

Malmenés en première période, les Albigeois ont logiquement gagné leur match en faisant preuve d'un cœur énorme.

Alors que le public albigeois était tout à sa joie de célébrer deux figures du club, Mathieu André, le seconde ligne et capitaine, et le pilier Bastien Dedieu qui arrêteront leur carrière en fin de saison, ce dernier est une fois de plus passé par toutes les sensations. Car son équipe favorite lui a donné des sueurs froides. Méconnaissables en première période, les hommes de Mathieu Bonello ont semblé apathiques comme tétanisés par l’enjeu. D’ailleurs le manager tarnais nous confiera leur avoir dit à la mi-temps qu’il était déçu qu’ils ne prennent pas de plaisir. La faute aussi à une équipe de Massy qui n’a pas usurpé son statut de leader quarante minutes durant. Propre sur ses fondamentaux, se repositionnant très vite en défense, intraitable dans les rucks, l’équipe essonnienne a fait montre de tout son talent au public du Stadium qui en est resté interdit. Ajoutez-y des ballons rendus par les Tarnais, des fautes annihilant les possessions tarnaises et on ne donnait pas cher du sort des joueurs de la Cité épiscopale.

Mais le rugby est un sport où le ballon est capricieux et où, parfois, les hommes peuvent se retrouver transformés. Ce fut le cas en cette moite fin d’après-midi de dimanche. Alors que les supporters albigeois nourrissaient de légitimes inquiétudes à la pause, la deuxième période fut d’un tout autre acabit. Transcendés, les Jaune et Noir ont renversé la table. Ils ont pris les banlieusards parisiens à la gorge et ont archi dominé le deuxième acte. Jamais les joueurs de Massy n’ont été en mesure de les inquiéter. Ils n’ont marqué aucun point pendant quarante minutes. Pire, en recevant deux cartons jaunes coup sur coup, ils ont anéanti le mince espoir qui leur restait de revenir dans le match. Au contraire, les Albigeois ont appuyé là où ça fait mal. Ils ont retrouvé leur rendement en touche, malmenant celle de leur hôte. Sans s’affoler ils ont refait leur retard dans un premier temps puis se sont irrémédiablement détachés pour une victoire logique. Pire, le public a même cru à un succès bonifié avant qu’un en-avant n’annule le troisième essai. L’autre point positif du match concerne ce fameux public albigeois. Lui qui s’est si souvent fait désirer durant la saison ou qui a parfois joué les vierges effarouchées a enfin compris l’importance qu’il pouvait avoir. Venu en masse, il a poussé très fort et a sa part dans la victoire de ses protégés.

Une joie mesurée

Vainqueurs du match aller, les joueurs du SCA sont à quatre-vingts minutes d’un retour en Pro D2 alors que ce n’était plus l’objectif de la saison du nouveau staff. D’où la joie très mesurée ressentie en conférence d’après match. Ni le capitaine Mathieu André, ni le manager Mathieu Bonello n’ont fait de plans sur la comète. Le premier a vécu trop de désillusions sous le maillot d’Albi pour savoir que rien n’est joué. Le second qui fut le coach de Massy les deux dernières saisons connait trop son ancienne équipe pour savoir qu’elle est capable de montrer un tout autre visage dimanche prochain. Elle n’aura pas le choix si elle veut renverser la vapeur et se qualifier. Mais en face, l’équipe albigeoise a montré qu’elle avait un cœur à toute épreuve et qu’il faudra produire un match de haute qualité pour la mettre en défaut. La force dont elle a fait preuve durant ce match aller prouve une fois de plus qu’il faudra compter sur elle dans une semaine.

Cet article est réservé aux abonnés
Abonnez-vous pour en profiter
à partir de 0,99€/mois, sans engagement
  • Tous les articles en illimité sur le site et l'application
  • Le journal en version numérique dès 20h30 la veille
  • Les newsletters exclusives
Renaud SOREL
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?