Rugby à 7 - Les Bleus bronzés à Toulouse

  • Les Bleus ont obtenu la médaille de bronze lors de l'étape de Toulouse.
    Les Bleus ont obtenu la médaille de bronze lors de l'étape de Toulouse. Midi Olympique - Stephanie Biscaye
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Le VII de France a décroché son premier podium de la saison, ce dimanche, à l’occasion du Sevens de Toulouse. Un accessit obtenu au terme d’un week-end qui aura notamment vu les tricolores battre l’Australie et les Samoa dans des matchs couperet.

Depuis des mois, ils en rêvaient. Depuis des semaines, ils le clamaient à haute voix. Le VII de France s’était fixé pour objectif de monter sur le podium à Toulouse, devant leurs supporters et leur famille.

Au terme d’un tournoi riche en rebondissements et en surprises, Paulin Riva et ses partenaires ont atteint ce but. La médaille de bronze ramenée de la Ville rose - la première breloque de leur saison - vient récompenser la progression et l’investissement d’un groupe rajeuni. En ce sens, l’ultime succès face aux Samoa, dimanche soir, marque une étape notable dans l’évolution de la sélection.

Les Tricolores nouvelle génération ont puisé dans leurs ressources mentales et physiques pour dominer les surprenants Samoans, tombeurs de l’Irlande et de l’Afrique du Sud en phase de poule. Le match pour la troisième place restera un modèle d’engagement et de détermination pour les Français.

D’entrée, ils récupéraient deux ballons dans les rucks puis ils inscrivaient un premier essai par l’exemplaire Paulin Riva après un retour défensif et une relance du bout du terrain de Jordan Sepho. Mais les Samoans, intenables offensivement, mettaient les nerfs français à rude épreuve avec deux essais assassins. Juste avant la sirène, Jordan Sepho, auteur d’une prestation épatante, venait conclure une longue séquence pour arracher la prolongation.

Lors la mort subite, les Bleus marquaient un de leurs plus beaux essais toulousains avec, comme un symbole, le taulier Jonathan Laugel, à la conclusion, en bout de ligne. S’ils ne sont pas parvenus à réciter leur rugby comme ils l’auraient voulu sur la durée, les protégés de Jérôme Daret ont forcé leur destin pour s’offrir leur premier podium depuis deux ans.

Deuxième mi-temps de rêve contre l’Australie

Le week-end des Bleus s’est donc conclu par une joie intense aux airs de soulagement. Mentalement, les trois jours de compétition auront été éprouvants, intenses, harassants. « À la maison, devant notre famille et nos amis, on sent une grosse pression sur nos épaules. On veut rendre tout le monde heureux. »

Le vendredi, tout avait bien commencé avec deux nets succès face aux Gallois et aux Kenyans pour assurer la qualification dès le vendredi soir, dans le sillage d’un Joachim Trouabal en verve. La défaite face aux Fidji, en ouverture de la deuxième journée, tenait, elle, de l’anecdote. Les choses très sérieuses débutaient face à l’Australie, auteur d’un exploit rare face à la Nouvelle-Zélande quelques heures plus tôt. Le quart de finale entre les deux sélections aura été une des rencontres les plus intenses du week-end.

Derrière à la pause, les Tricolores réalisaient une deuxième période de grande qualité pour s’adjuger la victoire : « C’est une grande marche de franchie, savourait Jonathan Laugel après coup. Je me sentais serein à la mi-temps. Évidemment, l’Australie est une très bonne équipe mais nous avions une forme d’emprise sur la partie. Dans le jeu aérien et sur le rideau défensif, nous étions en place. Puis en deuxième période, on a réussi à mettre la main sur le ballon et à concrétiser. »

Dès le coup de sifflet final de ce quart, tous les regards étaient braqués sur la demi-finale face à l’Irlande. Un adversaire particulier : « On reste sur deux victoires face à elle mais ils nous avaient volé une qualification au point-average dernièrement, on l’a en travers de la gorge, rappelait Jérôme Daret. Et puis, il y a le TQO que l’on a encore en tête. »

À Monaco, en juin 2021, Jordan Conroy et ses partenaires avaient brisé leurs desseins olympiques. Depuis ce jour-là, la rivalité entre les deux nations n’a cessé de gagner en animosité : « L’Irlande, je n’ai qu’une envie : c’est de les battre, se projetait Jonathan Laugel. Je ne serais jamais rassasié de les battre. Ils nous avaient privés d’un rêve, on ne l’oublie pas. »

« L’Irlande ? On ne peut avoir que des regrets »

Malheureusement pour les Tricolores, le cauchemar s’est répété, sous une nouvelle forme. Les Bleus n’ont jamais été en mesure de prendre l’ascendant, la faute à une série d’imprécisions fâcheuses et à un jeu a sol déficient. « Quand on perd à la maison en demie contre l’Irlande, on ne peut avoir que des regrets, soufflait Pierre Mignot. Ça fait ch… C’est une équipe à notre portée si l’on met notre jeu en place. Nous n’avions pas encore perdu contre eux cette saison. Là, j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu match. On n’est pas loin à la mi-temps malgré une première période difficile. Après, ils nous ont pris à notre propre jeu dans les rucks. Et dans le combat aussi. »

Si cette défaite aux portes de la finale, face à un rival à sa mesure, restera une immense frustration, Paulin Riva et ses partenaires ont eu le mérite de relever la tête pour s’adjuger la plus belle des consolations : une médaille de bronze. Pour cela, le premier Seven de Toulouse restera un souvenir inoubliable. Et une belle promesse : « On cherchait à faire un podium en sachant que la France n’a pas gagné de tournoi depuis 2005 », rappelle Jérôme Daret. Ce sommet ne paraît plus si loin.

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