Leinster : Gibson-Park, ceci n’est plus une doublure !

  • Jamison GIBSON-PARK - Demi de mêlée du Leinster.
    Jamison GIBSON-PARK - Demi de mêlée du Leinster. Photo DR.
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Le Neo-Zélandais d’origine vit une ascension extraordinaire depuis un an et demi. Dire qu’il était arrivé en Europe avec une étiquette de second coupeau.

Il est le dernier météore du rugby irlandais. Au moins, vu de France. On a vraiment pris conscience de l’ascension de Jamison Gibson-Park lors du dernier Tournoi quand on l’a vu débuter les cinq matchs en lieu et place de Conor Murray, le "général" du Munster, huit sélections pour les Lions. La passation de pouvoir a eu lieu courant 2021. C’est d’ailleurs bien Gibson-Park qui a commencé le fameux match du 13 novembre gagné en feu d’artifice face aux All Blacks.

Andy Farrell, le sélectionneur, attendait le moment venu, c’est-à-dire l’application de la fameuse règle des trois ans de résidence car Gibson-Park n’a rien à voir avec la formation locale. Il n’est arrivé à Dublin qu’en 2016, à 24 ans. Il était alors la doublure de TJ Perenara chez les Hurricanes, la franchise néo-zélandaise de Wellington. Le même Perenara qu’il a affronté le 13 novembre dernier en test-match. Avant ça, Gibson-Park jouait aux Blues et il avait grappillé du temps de jeu dans l’ombre de Piri Weepu ou de Jimmy Cowan. Personne alors n’aurait pensé qu’il ferait un jour son trou au niveau international.

En anglais, on appelle ça, un "slow burner", qu’on pourrait traduire par joueur à maturation lente. Un joueur qualifié "d’honnête" qui peu à peu se révèle être un as, pour peu qu’on lui fasse confiance et qu’on le place dans un contexte valorisant.

Gibson-Park comptait tout de même quatre sélections pour les Maoris sous les ordres de Jamie Joseph. Mais il se sentait trop court pour prétendre aux All Blacks, et peut-être même pour une place de numéro un dans une franchise professionnelle. Il jugea que son avenir était en Europe.

Le facteur clé de l’accélération du jeu

Le Leinster fut une destination valorisante pour lui, mais là aussi, il eut du mal à faire son trou dans sa nouvelle province, il n’était pas titulaire avec les Dublinois, pour les finales européennes 2018 et 2019. Il avait alors l’image d’un fidèle remplaçant de Luke McGrath qui avait alors les faveurs de Leo Cullen et de son adjoint, l’Anglais Stuart Lancaster. En 2018, il dut jouer la demi-finale face aux Scarlets car McGrath était blessé, on se souvient des doutes qui l’accompagnaient. N’avait-il pas sombré avec l’équipe "réserve" une semaine avant face à Trévise en Ligue celte ? Lancaster l’avait soutenu et avait su lui transmettre sa totale confiance.

Et puis, patiemment, on l’a vu émerger. Stuart Lancaster a visiblement compris qu’il devait être utilisé comme un accélérateur insatiable, un demi de mêlée garant de la fluidité et de la vitesse du jeu. Dans nos colonnes, Brian O’Driscoll expliquait récemment : "Toulouse et le Leinster partagent une obsession : générer les rucks les plus rapides d’Europe et, ensuite, jouer en s‘adaptant à ce que propose la défense. Mais il faut continuer à jouer, coûte que coûte. Au Leinster, Jamison Gibson-Park joue un rôle central dans cette nouvelle approche. À la mêlée, c’est lui qui impulse ce tempo rapide. Il est certainement le meilleur joueur irlandais de la saison."

En quart de finale, contre Leicester, il a crevé l écran et son entraîneur Leo Cullen, pressé de questions, avait déclaré qu’il ne changerait aucun de ses joueurs contre un Toulousain. Le feu roulant des questions évoquait Antoine Dupont évidemment. Mais Cullen a tenu bon. Même le talent du Français ne l’aurait pas poussé à sacrifier un seul de ses talents.

Jamie Gibson-Park a su surmonter tous ses défauts de jeunesse, sa timidité, sa difficulté à jouer au pied, pour gravir les marches de la gloire. Il est la preuve que les dés ne sont pas encore jetés à 22 ou 23 ans…

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