Bourgarit initiatique face au Leinster

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    Bourgarit initiatique face au Leinster
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Auteur d’un en-avant malheureux au moment d’aplatir contre Toulouse l’an dernier, le talonneur n’a cette fois pas laissé passer l’occasion d’inscrire l’essai symbolique de la révolte des siens.

C’est peu dire que la saison dernière fut une immense frustration pour Pierre Bourgarit. Privé de phases finales et donc de finale de Top 14 en raison d’une stupide blessure au genou récoltée lors de la dernière journée de la phase régulière à Clermont, le meilleur marqueur rochelais de la saison 2020-2021 avait aussi été l’un des héros malheureux de la finale de Champions Cup à Twickenham. C’est lui qui avait commis, à la 48e minute, un en-avant au moment d’aplatir un essai qui aurait pu complètement changer la face du match… «Bien sûr que c’est le genre d’action qu’on ressasse, nous confiait ce dernier dans les travées du Vélodrome. Je ne dis pas que le fait d’avoir marqué en finale cette fois-ci va permettre d’effacer ce mauvais souvenir mais au moins, il va permettre de passer à autre chose. Mais c’est une bien petite satisfaction personnelle, en comparaison de la joie d’avoir enfin gagné à la fin…»
Reste que cette victoire en forme de rite initiatique lui doit beaucoup, à Pierre Bourgarit. Certes -très sévèrement- pénalisé en première période par M. Barnes pour avoir provoqué le passage à vide d’un partenaire après un ballon récupéré en touche sur lancer irlandais, le talonneur n’en a pas moins réalisé une performance de très haute volée, son duel avec Ronan Kelleher tournant court après la sortie précoce de l’international irlandais. Dominateur et précieux dans l’exercice de la mêlée fermée, Bourgarit a surtout réalisé un récital sur son présumé point faible des lancers en touche, livrant un 100% qui pèse d’autant plus lourd dans le décompte que ses coéquipiers avaient délibérément choisi de privilégier l’option d’aller en touche plutôt que de tenter les trois points.

Grattage décisif sur Sexton

Toutefois, c’est bien au-delà des phases de conquête que l’influence du talonneur international français s’est exercée. Toujours aussi bouillant mais beaucoup moins indiscipliné qu’il a pu en avoir l’habitude par le passé, le Gersois s’est démené en attaque, certes très loin des 22 ballons touchés par Alldritt ou des 17 portés par Skelton, mais avec tout de même l’excellent bilan de 8 courses pour deux défenseurs battus et 43 mètres parcourus, dont une remarquable percée dans son couloir après une combinaison en touche. Des statistiques offensives de haut niveau, auxquelles il faut ajouter 6 plaquages et surtout ce si précieux ballon gratté sur Jonathan Sexton à la 59e minute, après un atermoiement de l’ouvreur irlandais à la réception d’un drop manqué de Dulin. Probablement le tournant du match puisqu’il permit aux Rochelais de continuer à y croire, même à 14 contre 15.  

«Ce qui est drôle, c’est que ce carton n’a pas changé grand-chose. Dans les tribunes, tout le monde nous voyait peut-être morts à ce moment-là, mais pas nous. C’était un carton bête, une faute de jeunesse, mais on ne se sentait pas dépassés par le Leinster. Et surtout, on se sentait encore capables d’aller chercher la victoire après l’heure de jeu, comme nous l’avions prévu. Même à un de moins.» L’exploit n’en est que plus fabuleux…

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