La carte blanche de Serge Betsen : « L’ascenseur émotionnel a été incroyable »

  • Pro D2 - Serge Betsen, entraîneur de la défense de Rouen
    Pro D2 - Serge Betsen, entraîneur de la défense de Rouen Icon Sport - Maxime Le Pihif
Publié le , mis à jour

Légende du XV de France où il a accumulé 63 sélections au poste de flanker, l’ancien Biarrot a bouclé par un maintien sa première saison en tant que coach du côté de Rouen, en Pro D2. Il raconte...

Je ne sais pas si ma première année comme entraîneur en a valu beaucoup plus en termes d’expérience, mais en tout cas, elle a été très formatrice. Je sais que beaucoup de monde a été surpris en me voyant intégrer le staff de Rouen mais ce qu’il faut savoir, c’est que j’ai toujours eu cette volonté d’entraîner. À la fin de ma carrière en 2012, j’avais intégré pendant 18 mois le staff des London Scottish, qui évolue dans l’équivalent anglais de la Pro D2. Ensuite, j’ai eu pour projet de développer un programme de rugby auprès des jeunes, ce qui m’a pris de longues années. Cela m’a permis d’apprendre à apprendre car lorsqu’on passe de l’autre côté de la barrière, beaucoup de choses apparaissent très différentes. J’ai passé mon diplôme d’entraîneur en Angleterre, j’avais aussi mon BE en France mais pas encore terminé mon BE2. Dans un premier temps, je m’étais toujours refusé à revenir entraîner en France mais la covid a changé la donne. Je souhaitais notamment me rapprocher de ma maman qui est en région parisienne, et quand l’opportunité de travailler à Rouen m’a été offerte, je suis vite tombé d’accord avec Nicolas Godignon… Cette première saison a été terrible, car évidemment marquée par la tragédie autour de notre ouvreur et capitaine, Jordan Michallet. Cela a été un bouleversement mais après le choc, il s’est passé quelque chose d’extraordinaire sur le plan humain. Qu’il s’agisse du staff, des joueurs, des dirigeants, tout le monde s’est resserré de manière incroyable pour aller chercher ce maintien que nous n’avons décroché que dans les arrêts de jeu de la dernière journée. Autant certains aspects « amateurs » comme la longueur des déplacements en bus m’ont marqué pour un championnat dit professionnel, autant j’ai été frappé par le courage qu’a manifesté tout le monde au club après cette brutale tragédie.

Pour un baptême comme entraîneur, c’était une saison particulièrement riche en émotions de toutes sortes, l’ascenseur émotionnel a été incroyable. La détermination des joueurs à se challenger pour tirer le meilleur d’eux-mêmes m’a frappé, et je tiens ici à les féliciter. Même si je souhaite de tout cœur que la saison prochaine soit beaucoup plus calme, sur tous les plans…

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